Le ravissement de Marilyn Monroe, livre publié aux éditions Métropolis, est devenu spectacle, sous le titre « Le Vertige Marilyn ». Chaque fois l’image est au centre, non seulement comme sujet (l’icône Marilyn, la société du spectacle, etc.) mais comme forme. Dès le livre, avec les dessins d’Anne Gorouben, à la Maison de la poésie avec le dispositif scénographique pensé pour le spectacle.

Il est des vêtements qui sont plus que des vêtements, ils sont costumes, personnages, seconde peau, talisman souple, ligne, allure ; ils sont ici avec cette robe Dior portée par Marilyn en juillet 1962 lors du shooting photo avec Bert Stern, les habits du mythe, les habits d’une rencontre si émouvante, parachèvement d’une fin possible, épure, dignité d’une femme solaire et gaie le matin, à bout de souffle le soir. Quand j’ai rêvé de cette rencontre poétique et chamanique entre Isabelle Adjani et Marilyn Monroe, j’ai aussitôt vu cette robe tellement peu Marilyn, tellement Norma Jean, tellement peu Norma Jean, tellement Marilyn.

La promesse d’amour d’Hervé Guibert, pour se dire vraiment, a toujours été assujettie à la pure transparence tout en passant par une certaine obliquité. Ainsi était Hervé Guibert, un ange noir, à la fois victime et bourreau des cœurs. Aimer est-ce « tout » dire ou bien se garder de dire « tout » ? Peut-on mentir et trahir par fidélité à l’amour ? Ou aimer dans l’infidélité mensongère et traîtresse ? Un magnifique, noir, lumineux, bouleversant documentaire de David Teboul, en ce moment visible sur Arte, maintenant en replay, répond à ces questions, les éclaire en tout cas. Je n’ai jamais voulu écrire sur Guibert, même si on me l’a déjà demandé, proposé, je n’y suis jamais arrivé. Et je ne vais toujours pas y arriver, ce texte, ce papier, ne sera fait que de notes, de bribes arrachées, questions ouvertes.

Il y a un arbre dans le film, cet arbre est un cœur végétal pour où le film s’arrête un instant, s’enracine et tend vers ciel. L’histoire raconte que c’est l’arbre du premier Tarzan, le film de 1932 avec Johnny Weissmuller. Cet arbre-cinéma et qui semble millénaire plonge ses racines dans le sol algérien, son tronc est immense, impossible à embrasser, les trois sœurs se taisent, s’approchent.

Les 10, 11 et 12 juin 2021, Aides, association de lutte contre le VIH et les hépatites virales mobilise, en partenariat avec Diacritik, 70 artistes et personnalités à l’occasion d’un événement culturel et digital d’ampleur : #fetelamour. Une création sur un texte de Paul Maheke, L’année où j’ai arrêté de faire de l’art, interprété par Isabelle Adjani. Réalisateur : Olivier Steiner.

Il m’aura fallu attendre 43 ans bientôt 44 pour comprendre, savoir, découvrir ce que veut dire vivre un concert historique, c’était hier soir à l’Olympia Paris, mardi 19 novembre 2019. Il s’appelle Tamino comme le Prince de la Flûte enchantée, Mozart est le compositeur préféré de sa mère anthropologue et passionnée de musique, et son album Amir n’est autre que son deuxième prénom signifiant « prince » en arabe.

C’est parfois difficile de rester à sa place, la connaître et s’y tenir. On peut déborder si vite, et il y a, je crois, trois sortes de débordements : le débordement pathologique, type border line, le débordement qui cherche un pouvoir sur l’autre et les choses, et un troisième type pas vraiment border line et dénué (autant que possible) de volonté de pouvoir, ou de désir de prédation. Je crois et j’espère que je suis avec vous dans ce dernier. 

Le vieux monde se meurt, écrivait Antonio Gramsci, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres… nous sommes toujours là, incrédules et un peu hébétés, dans cet entre-deux qu’on appelle le présent. Le climat se dérègle, le modèle économique dominant semble à bout de souffle, les peuples se réveillent, le monde pyramidal des stars inaccessibles s’est écroulé comme un château de cartes, on semble avoir perdu le fil de l’histoire et la verticalité, l’amour et la haine diffusent dans le flux continu des informations, à travers les rhizomes numériques, on s’ajoute on se suit on se like, ce n’est ni bien ni mal, c’est aussi mal que bien, c’est que le monde change, il change tout le temps, chaque jour, chaque soir…

Dimanche 15 octobre 2017, quelques réflexions en vrac.

Je lisais ce matin la tribune d’Isabelle Adjani dans le JDD à propos de l’affaire Harvey Weinstein, j’ai particulièrement apprécié le passage où elle évoque le cas des mœurs françaises, le fameux GGG (galanterie – goujaterie – grivoiserie) qui fait des femmes et en l’occurrence des actrices des proies ou des victimes d’agressions ou pressions psychologiques et / ou physiques.