Isabelle Adjani et Véronique Bergen : Du côté de chez Marilyn (Entretien)

Marilyn Monroe, The Misfits, John Huston, 1961 (DR)

S’inscrivant dans le sillage du spectacle Le Vertige Marilyn, le livre Du côté de chez Marilyn a été écrit à quatre mains, par Isabelle Adjani et Olivier Steiner. À six mains plus exactement, dès lors que la voix de Marilyn Monroe compose la basse continue, la basso ostinato de la rencontre.

La splendeur subtile de ce livre inclassable naît de l’intrication des trois voix, des quatre voix avec celle de Norma Jean. Les noces du trio, voire du quatuor de voix se subliment jusqu’à leur confusion, dans une rencontre des strates mémorielles, sensorielles qui, tissant fiction et réalité, traversent les identités, les corps, l’espace et le temps. Loin du bruit du monde, le texte s’avance nu, sans fard. On y entend battre le pouls des auteurs, du fantôme si présent de Marilyn, on sent combien l’amour du septième art, de la scène, brûle les pages qui cessent d’être immobiles, bien rangées. Comme Isabelle Adjani crève l’écran, sa voix (polyphonique, mâtinée de celles d’Olivier et de Marilyn) troue les pages. Tout y est frôlé en même temps que creusé. Des motifs circulent : la quête de la vérité, de l’authenticité, l’embrasement d’Éros, le perfectionnisme artistique, l’ombre de la mort, de la disparition, les figures du père, absent de Marilyn, du père algérien d’Isabelle Adjani, de la mère, le désir de scène qui embrase les actrices qui ne le sont pas encore/qui le sont depuis toujours, l’appel impérieux, tyrannique du cinéma, l’entrée en analyse, les manières de vivre la passion, de traverser les gouffres, d’habiter, d’épouser des rôles avec la flamme de l’intensité, en se donnant toute.

Ce livre-joyau se tient au plus près des couches profondes de l’être, dans le clair-obscur de la pudeur, dans le brouillage des Je, Isabelle Adjani parlant d’elle au travers de la voix de Marilyn, à moins que ce ne soit l’inverse. On ne le laissera pas dormir au sommet d’une pile d’ouvrages qui attendent notre compagnie, ces tours de Babel qu’Isabelle Adjani évoque lorsqu’elle parle de sa tendance au « tsundoku », à l’accumulation de livres étagés en piles de fortune. Déesse de la pulsion scopique, la caméra offre une danse vertigineuse, promet (ou diffère sans cesse) une entrée dans l’être à celle ou celui qui dialogue avec elle, dans le ballet des regards et des gestes, dans le ricochet du paraître à l’être. Échappant à l’empire de la lumière, à la photogénie, à la quête de soi via un kaléidoscope de regards, l’espace du livre construit une autre scène, un autre continuum d’espace-temps.

J’avancerai l’image d’un livre-fleur doté de trente-six pétales, écrit par des jeunes filles en fleurs et un jeune homme en fleurs comme l’indique le clin d’œil proustien de son titre. Un livre-radeau, bruissant de chuchotements, sur lequel Marilyn et son chien Maf auraient aimé s’allonger pour traverser la nuit, abandonner la torture des « pourquoi ? », étreindre la vie.

« Marilyn ? Chacun a sa Marilyn », écrit Olivier Steiner. Comme chacune, chacun a son Isabelle.

Un merci vibrant à Isabelle Adjani d’avoir permis la réalisation de cet entretien, un merci floral à Olivier Steiner.

« Un peu de temps passé du côté de chez elle, quelques heures au milieu de sa dernière nuit »

 

Véronique Bergen : Isabelle Adjani, quels ont été les points de rencontre, de proximité sororale entre vous, jeune actrice, et Marilyn ? Quels sont les ingrédients, le « je-ne-sais-quoi » de la magie de certaines actrices, de certains acteurs qui les élèvent au rang de surfaces de projection d’affects, d’émotions, de fantasmes ? Comment les percevez-vous et comment sentez-vous leur présence ?

Isabelle Adjani : Au cœur de soi, si on se laisse aller à plonger vraiment, on peut rencontrer autre que soi, et ça peut devenir une si vaste et vertigineuse découverte… Comme le dit Agamben à propos du vivre ensemble : « Que l’existence de l’autre est une énigme qui ne peut pas être levée, mais seulement partagée. C’est le partage de cette énigme que les hommes appellent amour. » J’avais sûrement besoin de cette rencontre. Il y a toujours quelque part en moi, plus ou moins selon les moments de la vie, une jeune fille esseulée, comédienne débutante éprise d’absolu qui reconnaît Marilyn dans sa vie privée, maltraitée. S’il y a eu une amorce d’identification, c’est à cet endroit-là qu’elle s’est produite, non en pitié mais avec compassion.

Avec Olivier Steiner, il n’a jamais été question d’encore une fois raconter Marilyn, ou d’en faire le portrait totalisant. Nous avons essayé de la rencontrer, de l’écouter, puis de lui parler, d’abord au théâtre, puis dans ce petit livre. Je dis « petit » car c’est tout sauf une somme, c’est conçu comme un peu de temps passé du côté de chez elle, quelques heures au milieu de sa dernière nuit, elle, Marilyn au singulier et elles au pluriel : Marilyn et Norma Jean, Norma Jean que nous aimons appeler la « Marilyn de Marilyn ».

Je me rappelle qu’un soir, après une représentation du Vertige au Théâtre de l’Atelier à Paris, une spectatrice est venue me voir dans ma loge pour me parler avec beaucoup d’inspiration de l’anima de Marilyn telle qu’elle avait eu l’impression de l’apercevoir sur le plateau par moment à mes côtés, ce que cette spectatrice m’a alors dit ce soir-là était si beau et si profond, si fort… Il arrive parfois qu’au théâtre certains spectateurs apparaissent après la représentation en justifiant par leurs mots tout ce que vous cherchez à faire ou à être en tant qu’actrice. Moi, j’étais après le « vertige », dans cet état où l’on retombe tout en s’efforçant de reprendre attache dans le même mouvement…

Vous parlez de « magie », oui, il y avait quelque chose de cet ordre avec ce spectacle. Je pense à ces mots si beaux de Freud : « Au commencement des temps, les mots et la magie étaient une seule et même chose. » Alors oui, peut-être que la magie du théâtre, jouer, dire les mots des autres, c’est faire comme si on pouvait retrouver ce commencement des temps. Vivre ou exister sur le mode de la rencontre n’est pas une affaire d’anecdotes biographiques plus ou moins people ou narcissiques. Quand je dis « Je » dans ce texte, il s’agit moins d’exhiber un moi constitué, l’histoire d’une « Isabelle Adjani » se découvrant ou se confessant dans le prisme d’une « Marilyn Monroe », que de tendre vers une limite, celle d’un moi et d’un soi oscillants, là où l’on peut découvrir tout un peuplement par le dehors, par le monde, par les autres, par les choses, par le temps, par Marilyn ou en Marilyn – pourquoi pas ?

Véronique Bergen : Au cinéma, au théâtre, vous donnez vie aux mots, vous leur prodiguez une existence autre, vous leur insufflez une épaisseur, une palette d’émotions, de mystères. Vous décrivez combien l’interprétation, le jeu sont une forme d’écriture. Comment qualifieriez-vous votre lien au texte, au verbe en tant que comédienne, actrice mais aussi en tant que lectrice ? Comment les forces de l’inconscient vous propulsent-elles dans un rôle qui finit par devenir une parcelle de vous-même ?

Isabelle Adjani : Vous me posez carrément les questions du cœur des choses ! Les mots, l’inconscient, l’incarnation, la lecture et les lectures, oui, oui, bien sûr, évidemment, absolument – mais comment répondre ? Suis-je capable d’analyser tout ça, en ai-je envie, ou même le faut-il ? Une actrice n’est certes pas dépourvue de pensée mais doit-elle, peut-elle, réfléchir comme le ferait un écrivain ou un philosophe ? Disons qu’en tant qu’actrice, je reçois d’abord les mots des autres, mon métier est de les lire, de les écouter, de les entendre, de les comprendre, puis de les oublier d’une certaine manière afin de les retrouver en moi, dans ce qu’on appelle le for intérieur, comme neufs, complètement nouveaux, comme si on ne les avait jamais entendus, ni moi ni le spectateur. À ce moment-là on peut dire que l’actrice que je suis a rempli sa mission qui est de transmettre en apportant, en insufflant un tant soit peu de vie – on parle bien de spectacle vivant ?

Donc la vie, oui. Mais la vie, la vie, pourquoi cette fixette sur la vie ? Parce qu’il n’y a que ça et que nous n’avons que ça, parce que c’est évident et parce que ça ne l’est pas tant que ça, parce que c’est d’une grande banalité et en même temps le plus grand des mystères, parce qu’il y a une incroyable non-évidence d’être en vie ! Quand la vie est là, on le sait parce que c’est éclatant ! Tout s’éclaire quand les choses prennent vie, on retient tout, on a alors envie de rire, de pleurer, de comprendre, de plaisanter, de rêver, c’est ça, c’est la vie et ça justifie la vie ! Ce qui veut aussi dire que c’est contre la mort, tout contre. « Sauve qui peut la vie », pour faire un clin d’œil à Godard !

Claude Régy disait que l’acteur devrait se sentir dans l’état de celui qui écrit, avant que la phrase soit écrite. Il ajoutait que si la parole glisse à la surface du bavardage, elle semble inutile et non avenue. Mais quand l’actrice ou l’acteur trouve en lui d’où viennent les mots, ces mêmes mots nous surprennent et nous atteignent dans leur nouveauté. C’est alors comme une langue oubliée.

« Tendre vers une limite, celle d’un moi et d’un soi oscillants, là où l’on peut découvrir tout un peuplement par le dehors »

 

Véronique Bergen : Avec Olivier Steiner, vous évoquez la dualité, voire la multiplicité qui habite Marilyn, la présence de l’enfant Norma Jean dans la star. Vous parlez du prodige de la rencontre. Votre rencontre élective avec Marilyn se joue-t-elle sur plusieurs niveaux ? Qu’est-ce qui, en Marilyn, vous a touchée, vous a happée ? Diriez-vous qu’il y a une Norma Jean en vous, une Isabelle dissimulée sous Isabelle Adjani ?

Isabelle Adjani : La majorité, c’est personne, la minorité c’est tout le monde, comme disait Gilles Deleuze. Et si, mine de rien, ce livre du côté de chez Marilyn était plus philosophique – dans le sens d’existentiel – qu’il n’y paraît ? Car, après tout, rendre hommage à Marilyn aujourd’hui, après tous les livres publiés sur elle, oui, bien sûr, mais so what ? Ne serait-ce pas un peu vain ? Mon rapport à Marilyn, ce que je pense d’elle, comment je la comprends ou ce qu’elle m’inspire, bon, c’est peut-être intéressant, pourquoi pas, mais cela mérite-il un livre ? Et puis ça veut dire quoi « du côté de chez Marilyn », c’est où ? Aux États-Unis, dans l’Amérique de cette période de la fin des Studios d’Hollywood, seulement ça ? Ou bien s’agit-il d’une certaine idée du cinéma éternel comme une certaine idée du féminin, de la grâce et du désir ? Quel est le nom de cette Marilyn ou Norma Jean vers laquelle nous nous tournons ?

Je pense à cette question de Pasolini dans le poème que nous publions en guise d’épilogue : « Se peut-il que Marilyn, la petite Marilyn, nous ait indiqué la voie ? » Si oui, quelle est cette voie ou ce chemin dont parle le poète ? Quelle serait cette issue ou cette direction ? Pasolini évoque – et invoque – la beauté de Marilyn mais il ne s’agit pas d’une simple beauté académique, qui serait seulement celle de l’harmonie des traits d’un visage ou des mensurations d’une certaine plastique, il en appelle à quelque chose d’impalpable, voire d’innommable, « du monde antique et du monde futur », comme il ne cesse de le répéter, une lumière qui continuerait de briller et de nous parvenir par-delà la mort et le temps. Comme toujours chez Pasolini, ce qui prime c’est l’amour des gens simples, du monde et de la beauté. Et il revient sur les sources du drame de l’humanité qui selon lui sont la pauvreté initiale et l’immense vulnérabilité de l’être. Sous sa plume, Marilyn devient un mythe annonciateur sous forme de petite sœur, notre petite sœur à tous, celle qui a su rester enfant…

Je pense à Serge Gainsbourg. Quand nous avons joué Le Vertige à Lyon, aux Nuits de Fourvière, Jane Birkin venait de nous quitter quelques heures plus tôt, alors cet après-midi-là, nous avons décidé de changer la fin du spectacle pour terminer sur la chanson « Norma Jean Baker », chantée par Jane et écrite par Serge, alors que je faisais lentement le tour du plateau, une brassée de lys blancs dans les bras, dans cette robe noire (copie à l’identique la robe noire Dior portée par Marilyn lors de son dernier shooting Bert Stern pour le Vogue US), éteignant une à une chaque lumière, au ralenti, jusqu’au noir total. Dans une interview que j’ai revue récemment à propos des femmes qui l’inspiraient, Gainsbourg avoue qu’il s’était fixé sur Marilyn Monroe mais que c’était abstrait et qu’il n’avait rien à dire de plus, rien à expliquer, c’était comme ça, comme un secret entre elle et lui. Je vois ce qu’il veut dire, il y a quelque chose d’abstrait avec Marilyn, quoi qu’on dise d’intelligent ou de pertinent sur elle ou vers elle, il restera toujours quelque chose d’abstrait, d’inviolable ou d’inatteignable, qui fait que même quand on a tout dit sur Marilyn Monroe, tout reste à dire. C’est pour ça qu’elle continue d’exister, je crois.

C’est d’ailleurs ce qui explique ce qui se passe avec ses photos, on a beau avoir vu toutes ses photos, c’est comme s’il en restait toujours une, une nouvelle, inédite, à venir, qui nous donne à penser qu’on n’a rien vu d’elle finalement, qu’elle est toujours à découvrir et à rencontrer. Elle se laisse toucher et en même temps elle échappe sans cesse. Elle disparaît, puis la voilà qui réapparaît. D’ailleurs, c’est peut-être ça être une star : être doué d’apparition. L’apparition comme une forme incandescente de la présence.

« L’apparition comme une forme incandescente de la présence »

 

Véronique Bergen : Diriez-vous que le livre que vous avez conçu et écrit avec Olivier Steiner est quelque part éminemment cinématographique dans son dispositif ? En le lisant, j’ai aussi pensé à un bijou taillé en trente-six fragments (écho de l’âge auquel Marilyn Monroe est morte), aux trente-six facettes d’un diamant intime.

Isabelle Adjani : Olivier Steiner a d’abord écrit des moments, quelques phrases plus ou moins longues comme autant de photos ou arrêts sur des images rêvées de Marilyn durant cette dernière nuit du 5 août 1962. Une fois composé ce premier montage, nous avons relu à voix haute et chaque fois que des correspondances apparaissaient entre sa vie et la mienne, nous avons injecté une matière autobiographique venant de moi, afin de créer un dialogue, afin de l’éclairer, afin d’éviter tout point final la concernant. Il s’agissait moins de la définir ou de la résoudre, que de lui parler et de l’écouter. Au cœur du vertige de cette nuit fantasmée, elle n’est pas encore partie mais quelque chose de la vie s’est arrêté en elle, alors tout se calme, elle y voit un peu plus clair et elle a paradoxalement tout son temps.

Il y a ce très beau vers de René Char : « La ligne de vol du poème. Elle devrait être sensible à chacun. » Ici, Marilyn revoit sa destinée comme la ligne de vol d’un poème fait de trente-six strophes ou fragments. Ce n’est pas une ligne droite ou des points de suspension, c’est une ligne de vol, oui, ça vole, ça s’affranchit de la gravité. En cinéma on pourrait parler de scènes ou séquences qui se suivent tout en restant autonomes. Mais pour la petite histoire nous n’avons pas choisi ce nombre de trente-six, quand nous avons lu à voix haute ce qui était le premier montage abouti, nous avons numéroté ces blocs de texte car ils n’avaient pas de titres, et c’est là que nous nous sommes aperçus qu’il y en avait trente-six, comme l’âge de Marilyn ! Superstitieux, c’est quelque chose que nous avons gardé par la suite.

C’est aussi pour ça qu’il est difficile a posteriori de parler de ce texte parce que beaucoup de choses se sont imposées d’elles-mêmes, j’ai l’impression qu’il s’est écrit petit à petit, et souvent nous avons eu l’impression qu’il valait mieux s’abandonner, ne pas viser telle idée de réussite littéraire ou théâtrale et laisser le texte aller où il voulait, car on avait l’impression qu’il voulait aller quelque part, comme s’il avait son intention propre… Ça aussi, c’est un vertige, un vertige d’écriture ?

Mais comme je le dis dans mon petit texte en ouverture, je ne me suis jamais occupée d’écrire. Je ne me le suis jamais autorisé, je ne me le suis jamais interdit, en fait ça n’a jamais été une question. De toute façon, je n’ai jamais eu la place d’écrire. Très tôt, je suis devenue actrice, ça a été ça pour moi, c’est arrivé avec la force d’une évidence, comme si la vie faisait un grand OUI à ce désir aussi fort que confus que j’avais adolescente. J’ai épousé puis suivi le mouvement. J’ai eu de la chance, et j’ai travaillé. J’ai l’habitude de dire que je suis une actrice qui chante, je serais donc désormais une actrice qui chante qui écrit ? Pourquoi pas ? Mais j’ai une trop haute opinion de l’écriture pour affirmer que j’écris, pour moi l’écriture va de pair avec une solitude essentielle, comme le dit Duras, ça doit être la seule chose qui peuple la vie et l’enchante. Ce n’est pas mon cas. Mais interpréter des mots, leur donner vie, jouer les silences et les non-dits, les tropismes, l’écoute, tout ce qui est sous le langage et au-dessus, n’est-ce pas aussi écrire ? Même la lecture peut-être une forme d’écriture. C’est d’ailleurs pour ça qu’on relit, non ?

Si j’écris quand j’écris, ce sont des fragments, des formes brèves qui vont là où elles veulent, où elles peuvent, quand elles veulent et comme elles veulent. Je n’ai pas envie de m’occuper de structure, de construction de texte, d’analyse ou de publication, ce qu’on peut appeler le macro. Je préfère m’attacher au micro, au choix des mots et des sonorités ; je me dis que la structure et le sens viendront d’eux-mêmes, et à la fin, et ce sera toujours une découverte ! Ce livre se présente sous la forme de trente-six segments parce que la manière fragmentée nous a semblé être la meilleure façon « d’écrire Marilyn », en pointillé, par touches impressionnistes, voire en vrac !

Avec Olivier Steiner, nous nous sommes rendus compte qu’il fallait prendre les choses telles qu’elles venaient, sans se soucier de logique ou de cohérence, et par bonheur ça finissait toujours par s’ordonner, du chaos venait naturellement un ordre, quelque chose comme un ordre – l’ordre du chaos? Avec Marilyn nous avons appris à être patients, à avancer sans peur, à accepter l’impromptu, l’inconnu, le désordonné, l’urgence, l’accident. Voilà. Elle est à nous, Marilyn, c’est ce que nous en faisons, tous et toutes autant que nous sommes. Ce que vous aviez fait avec votre si beau livre publié en 2014, Marilyn, naissance année zéro, ce que nous avons fait avec Olivier : Du côté de chez elle.

Isabelle Adjani, Olivier Steiner, Du côté de chez Marilyn, éditions de L’Observatoire, octobre 2024, 160 pages, 15 euros.