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Il y a des livres qui ne se laissent pas facilement refermer. Ils vous entraînent, exigeant de vous, d’une voix douce et non autoritaire, que vous continuiez encore à faire un bout de chemin avec eux. L’Étrange animal, je l’ai lu quasiment d’une traite, avec quelques pauses cependant, mais dans une même journée, alors qu’ayant à faire, comme toujours, j’aurais dû le reposer, le mettre en veille, avant de le reprendre le lendemain, ou un autre jour.

En marge du roman, de son succès visible et bruyant, de ses aventures trépidantes, s’est inventée une autre histoire de la littérature narrative. C’est cette histoire que dessine ici Dominique Rabaté dans La Passion de l’impossible, pour suivre tout au long du XXe siècle les devenirs du récit de Paludes d’André Gide à Pierre Michon.

Carnets d’été d’une ornitophile : le sous-titre dessine à traits vifs le projet du livre de Fabienne Raphoz. Ni ornithologue, avec son savoir spécialisé, ni Birdwatcher, avec son lourd appareillage d’observation, mais ornitophile : une manière d’ouvrir les champs disciplinaires comme on ouvre grand les fenêtres, pour faire circuler l’air, les motifs et les figures.

 

Gesdon-Quatrebarbes (Photo Clémentine Pace)
Guesdon-Quatrebarbes (Photo Clémentine Pace)

« Soyez la Panthère rose, et que vos amours encore soient comme la guêpe et l’orchidée, le chat et le babouin »,
Gilles Deleuze, Félix Guattari.

Les enfants sont à l’école. La mère travaille, quelque part, à l’autre bout de la ville. Les enfants plaisantent sur le compte d’un père fantôme qui serait du côté de Mexico, à couler des jours heureux. Ils sont maîtres à la maison.