Emmanuelle Heurtebize (DR)

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éditrice Emmanuelle Heurtebize a fait ses armes chez 10/18, avant de rejoindre « La Cosmopolite » des éditions Stock. Aujourd’hui, elle crée, au sein du groupe Delcourt, une collection de littérature, de littératures, devrait-on écrire, tant cette collection, qui publie ses premiers titres en cette rentrée littéraire, va privilégier diversité et pluralité. Entre janvier et mai 2018, 7 romans sont annoncés, signés d’écrivains originaires d’Ukraine, Allemagne, Danemark, Nigeria, Israël, France et États-Unis. Une collection littéraire est aussi une cartographie redessinée, un regard porté sur le monde et la manière dont la fiction le (dé)construit. Autant de défis et enjeux qui sont à l’origine d’un entretien, mené en décembre dernier, avec Emmanuelle Heurtebize qui nous raconte la naissance de cette nouvelle collection.

Paul Otchakovsky-Laurens

Le grand éditeur Paul Otchakovsky-Laurens est mort dans un accident de voiture à Marie Galante. Né en 1944 dans le Vaucluse, il avait fait ses armes chez Christian Bourgois puis Flammarion, avant de créer, en 1977, la collection « P.O.L. » chez Hachette. Il y publie plusieurs textes de Georges Perec (La vie mode d’emploi en 1978).
La mort de l’écrivain, en 1982, est une des raisons qui le pousse à créer sa propre maison d’édition, en 1983. Il y publie Emmanuel Carrère, Marie Darrieussecq, Guillaume Dustan, Christine Montalbetti, Édouard Levé, Olivier Cadiot, Patrick Varetz, Jean Rolin et tant d’autres.

Jérôme Lindon et Samuel Beckett (DR)

Benoît Peeters (écrivain, directeur des Impressions Nouvelles) et Laurent Demoulin (auteur du tout récent Robinson chez Gallimard) se sont livrés à un brillant et plaisant exercice : un grand entretien à deux, autour des éditions de Minuit et de Jérôme Lindon, que Diacritik, via Jacques Dubois, a le bonheur de publier, en deux parties (retrouvez la première ici).

Benoît Peeters par M-F Plissart

Benoît Peeters (écrivain, directeur des Impressions Nouvelles) et Laurent Demoulin (auteur du tout récent Robinson chez Gallimard) se sont livrés à un brillant et plaisant exercice : un grand entretien à deux, autour des éditions de Minuit et de Jérôme Lindon, que Diacritik, via Jacques Dubois, a le bonheur de publier, en deux parties.

 

En ces semaines où les prix littéraires d’automne consacrent des livres tout juste parus, mettant en lumière des textes qui demeureront (L’Ordre du jour d’Eric Vuillard) et d’autres plus éphémères, il serait utile de revenir sur des aventures éditoriales au long cours, de celles qui marquent durablement le paysage de leur empreinte singulière : ainsi Tristram, maison d’édition qui fête cette année ses trente années d’existence, dans une forme tout autant insurrectionnelle qu’anthologique (mais la maison aime les paradoxes et la littérature lui est sport de combat), avec la publication d’une Association de malfaiteurs.

En prélude au 27e Salon de la Revue qui se tiendra le 11 et 12 novembre, Diacritik, partenaire de l’événement, est allé à la rencontre de jeunes revues qui y seront présentes et qui, aussi vives que puissantes, renouvellent en profondeur le paysage littéraire. Aujourd’hui, entretien avec Justine Granjard, instigatrice de la remarquable revue Artichaut.

En prélude au 27e Salon de la Revue qui se tiendra le 11 et 12 novembre, Diacritik, partenaire de l’événement, est allé à la rencontre de jeunes revues qui y seront présentes et qui, aussi vives que puissantes, renouvellent en profondeur le paysage littéraire, soit dix entretiens, à raison de deux par jour toute la semaine, en attendant de vous retrouver de vendredi à dimanche prochain à la Halle des Blancs-Manteaux.
Aujourd’hui, en ouverture de cette série, entretien avec l’équipe de la splendide revue La Mer gelée.

Kaouther Adimi (DR)

Edmond Charlot fait partie de ces libraires-éditeurs pionniers qui eurent, dans les années 30, l’idée novatrice de se lancer dans l’aventure d’un projet complet qui associait l’édition de livres et leur commercialisation dans un espace appelé librairie, conçu aussi comme un lieu culturel avec expositions de tableaux, rencontres culturelles et prêts de livres. A l’instar du corse José Corti qui, fonda, en 1936, à Paris, une librairie, centre de résistance intellectuelle pendant l’occupation allemande, et une maison d’éditions qui publia, entre autres, André Breton, René Char, Julien Gracq, Lautréamont, Gaston Bachelard, Edmond Charlot créa sa librairie, sous le nom de Les vraies richesses,  lui aussi, en 1936, mais à Alger. Les deux se sentaient aussi bien découvreurs de talents que passeurs.

Hanif Kureishi (DR)

Hanif Kureishi est un romancier des corps, de la sexualité, un anatomiste du couple et des relations amoureuses, du désir — « l’anarchiste originel, le premier agent secret » (Intimité) — son dernier roman L’Air de rien (The Nothing), à paraître le 28 septembre prochain aux éditions Bourgois, le prouve une nouvelle fois.
Caustiques et en apparence désopilants, ses textes ont inspiré Stephen Frears — on lui doit le scénario de My Beautiful Laundrette ou Sammy and Rosie Get Laid (Sammy et Rosie s’envoient en l’air) — et Patrice Chéreau avec Intimité (Intimacy). Sous la comédie et l’ironie, ce sont les faux semblants de la comédie humaine qui sont mis en relief, comme dans Le Dernier Mot, satire du monde du livre et peinture au vitriol de l’Angleterre contemporaine.

Maurice Olender

« Lorsqu’un livre se déploie, par les articles qui le composent, sur une quinzaine d’années, c’est d’abord l’intimité intellectuelle qui s’y dévoile » : Maurice Olender écrit cette phrase dans « Mémoires du judaïsme » à propos de Pierre Vidal-Naquet, dans Race sans histoire, et elle pourrait définir la manière d’Un fantôme dans une bibliothèque qui vient de paraître : ce livre, déployant textes, articles et récits, jouant de strates temporelles à la manière des Essais de Montaigne, est avant tout le dévoilement d’une intimité intellectuelle, une forme d’« exposition », comme le dit Maurice Olender dans le long et bel entretien qu’il a accordé à Diacritik.

Quentin Pradalier est un jeune photographe-plasticien qui a présenté son travail dans la rubrique Photo-graphies de Diacritik.

Depuis plus d’un an et demi, Quentin Pradalier et Adrien Rigal, travaillent à la réalisation de Météorite. Ce livre d’art est la rencontre de trois séries photographiques de Quentin Pradalier – une invitation à parcourir sept ans de travail, d’expérimentations et de rencontres.

New York, septembre 2001 © Christine Marcandier

Il y a des choses qui ne changent pas, qui ne changeront jamais, déclarait un personnage de Trente ans et des poussières de Jay McInerney, premier volume d’un massif romanesque centré sur les Calloway, les « fiancés de l’Amérique », émanation du New York bouillonnant des années 80. Mais, comme le sait déjà Russell, « la vie devient plus compliquée à mesure qu’on vieillit ».
Alors que s’ouvre le XXIè siècle, Russell et Corrine sont toujours là, le second tome (La Belle vie) débute, comme Trente ans, sur un dîner, le 10 septembre 2001, et si le couple a quitté son petit appartement pour un loft downtown, avec « vue magnifique sur les Tours », dès le lendemain la silhouette de New York, cette « ville existentielle », sera à jamais changée…