Les 11 et 12 novembre se tiendra, à la Halle des Blancs-Manteaux, le 27e Salon de la Revue dont Diacritik est cette année le partenaire. L’occasion pour le magazine d’interroger André Chabin et Yannick Kéravec, maîtres d’œuvre de l’événement et de La Revue des revues, à la fois sur l’histoire du Salon, les nouvelles revues qui, cette année, s’y déploient et enfin sur le sens du collectif qui préside à toute revue.

L’Énigme Tolstoïevski paraît aujourd’hui, nouveau paradoxe d’un menteur, pour décaler le titre du premier essai de Pierre Bayard (1993), fondateur d’une collection des éditions de Minuit comme d’une œuvre tout entière sous le signe d’un jeu à la fois sérieux et ludique, visant à transformer notre rapport à la littérature, donc à la représentation du monde.

Il n’est pas nécessaire de présenter Carson McCullers, superbe météorite de la littérature américaine, une autre sudiste, comme William Faulkner, née vingt ans après lui, en 1917, en Géorgie. Il est également superflu de présenter l’excellente Josyane Savigneau, qui a dirigé et animé avec talent Le Monde des Livres, pendant de nombreuses années, dans le célèbre quotidien du soir, selon l’image désormais consacrée. Cette dernière avait publié une biographie remarquable de Carson McCullers, en 1995, aux éditions Stock, qui avait été saluée à sa juste valeur, lors de sa publication. Le Livre de Poche a eu la brillante idée de republier cet ouvrage au début de l’été 2017.

Manipulé, trompé et déboussolé : le lecteur est malmené pour son plus grand bonheur tout au long D’après d’une histoire vraie… de Delphine de Vigan. Ce roman noir offre ainsi un huis-clos entre une écrivain célèbre, Delphine et une amie rencontrée par hasard, appelée L., belle femme très sophistiquée. Les deux amies sont fascinées l’une par l’autre, mais cette relation va vite devenir à la fois stimulante et toxique. Au cœur du roman la question de la part de réel, de vrai dans le roman, contre la part de fiction pure. Une mécanique romanesque aussi implacable ne pouvait échapper à Roman Polanski qui porte le roman à l’écran dans un film en salles demain. L’occasion de revenir, dans un entretien avec Delphine de Vigan, sur ce roman, couronné du prix Renaudot en 2015, qui met à nu aussi bien l’art du thriller qu’une part vive de la création littéraire.

The Night Of, ou la série qui met à mal la conception idéalisée de l’Amérique et à nu des blessures encore vives nées du et après le 11 septembre. Une œuvre sombre, jusque dans sa forme, un drame en huit épisodes qui se garde de tout manichéisme et explore les multiples facettes d’une société composite qui a longtemps rêvé son mode d’existence comme un modèle du vivre ensemble. Si vous avez manqué The Night Of lors de sa diffusion sur OCS, Canal + propose une séance de rattrapage de la série de Steven Zaillian à raison de deux épisodes chaque lundi à partir du 30 octobre.

« Elle me dit son nom, celui qu’elle s’est choisi : ʺNadja, parce qu’en russe c’est le commencement du mot espérance, et parce que ce n’en est que le commencementʺ ». Les lecteurs d’André Breton reconnaîtront cette phrase et cette femme, muse, inspirant un manifeste du hasard, de la « beauté convulsive », de la mise en danger. Nadja, la femme qui sait coucher la réalité sous ses pieds, fait lever de « pétrifiantes coïncidences ». Qui incarne, pour Breton, un idéal surréaliste, au point qu’il niera la femme pour dire la figure, sa séduction, son infinie poésie, sa manière d’être une « idée limite ».

De Fouad Laroui, écrivain maroco-néerlandais de langue française, on avait gardé le souvenir émerveillé de son Une année chez les Français (2010), succulente et sensible découverte par un enfant marocain, l’auteur probablement, de la langue et de la culture française. Depuis, Fouad Laroui, mène de front une carrière d’ingénieur, au Maroc, au Royaume-Uni, et de professeur de sciences économiques, à Amsterdam, où il enseigne aujourd’hui l’économétrie et les sciences de l’environnement. Et celle d’écrivain, avec une production régulière de romans, de nouvelles, de chroniques journalistiques qui en font un des auteurs les plus attachants de cette génération d’intellectuels, originaires d’Afrique du Nord, le Maroc en l’occurrence, et qui témoignent avec une grande lucidité sur la présence de l’Islam.

« En toute simplicité et en toute impossibilité » : si l’univers d’un écrivain est tout entier contenu dans les mots qui ouvrent son premier livre, nul doute que l’œuvre de Jonathan Safran Foer doive être lue sous le signe de la disjonction, celle dont témoigne cette dédicace de Tout est illuminé (Everything is illuminated, 2002). Elle énonce un paradoxe, de ceux que les livres suivants n’auront de cesse d’explorer, comme ce troisième roman, Me voici (Here I am) qui vient de paraître aux éditions de l’Olivier, dans une traduction de Stéphane Roques : l’occasion d’un grand entretien diacritique avec Jonathan Safran Foer.