Diacritik
Voici, à propos des femmes entrevues au dehors par Marcel, un passage quelque peu ambigu. C’est à l’occasion de la visite — tout aussi équivoque — d’une jeune crémière que Françoise est allée quérir pour tenir compagnie (ou plus ?) à son protégé.
Les librairies sont fermées et les initiatives d’éditeurs se multiplient pour permettre aux lecteurs d’accéder à leurs titres, et en particulier à des livres tout justes parus et rendus indisponibles par le confinement. C’est le cas des éditions Inculte qui nous permettent d’accéder en un clic et quelques euros à quinze nouveautés et/ou livres de fond de leur catalogue. Parmi ceux-ci, A fendre le cœur le plus dur signé Jérôme Ferrai et Oliver Rohe, auquel Diacritik avait consacré plusieurs articles, ici réunis, lors de sa sortie.
L’avant-propos de L’Anthropocène contre l’histoire (en accès libre sur le site des éditions La Fabrique) suffit à situer son propos : daté d’octobre 2016, il revient sur le passage de l’ouragan Matthew qui a balayé Haïti puis les États-Unis, mettant face à face deux manières d’habiter la même planète, pour montrer que l’anthropocène ne peut être considéré comme un récit global. L’essai d’Andreas Malm articule deux questions principales : « comment rendre compte de ces temps d’intensification du chaos climatique », de la co-existence de situations antagonistes face à cette crise ? Comment changer nos récits, notre manière d’écrire comme de lire la littérature ?
Blandine Volochot serait la fille biologiquement monstrueuse de Maurice Blanchot et d’Antoine Volodine. De fait, on peut repérer dans le livre de Lucien Raphmaj plus que des références à ces deux auteurs : la reprise d’une logique de l’écriture que Lucien Raphmaj ne se contente pas de reprendre mais qu’il relance, déplace, oriente vers de nouvelles limites. Par là, Blandine Volochot est un livre qui arpente de manière différente les territoires de la littérature tels que cartographiés par Volodine et Blanchot, et qui, se faisant, en redessine la carte.
Dans la forêt avec Jean Hegland
Lire ici l’article consacré au livre de Jean Hegland
Extrait de l’album « Violator » (Mute, 1990).
Tous les mercredis, Joffrey Speno nous offre l’un des films de sa collection de portraits documentaires « La parole aux morts » (lire ici la présentation de cette série par Jean-Philippe Cazier).
La parole aux morts est une série de films réalisés par Joffrey Speno. Il est sans doute inédit qu’un jeune cinéaste commence par une série de ce type, avec des partis pris aussi radicaux : à chaque fois, filmer en plan fixe, selon une durée variable, une seule personne parlant de son rapport à la mort, parlant de ses morts, de la mort qui est en elle.
Écrire comme si tout s’animait autour de soi d’un vaste chant, d’un feu multiple, comme si chaque objet se déplaçait, prêt à vous rendre le témoignage de sa présence.
Écrire pour être deux, pour être mille et savoir qu’au bord de la lampe où vous vous consumez, il y a d’autres têtes à se regarder, d’autres bouches à se prendre et qu’au bout du compte votre chaleur se multiplie.
René Philoctète, poète haïtien
En ces temps de confinement qui ont pris au dépourvu la plupart d’entre nous, les conseils et astuces pour meubler le temps se multiplient sur tous les supports possibles ; parmi eux, des incitations à lire. A notre tour d’y aller de suggestions de lectures… francophones !
Penser la terre avec Jonathan Safran Foer
Pour prolonger cet entretien, lire ici l’article consacré au livre de Jonathan Safran Foer
Riche et stimulant : tels sont les deux termes qui viennent à l’esprit lors de la lecture du collectif, Lire Cadiot qui vient de paraître aux Presses du Réel sous la direction de Dominique Rabaté et Pierre Zaoui.
Mieux vaut ne pas avoir « vu » pour « imaginer plus », écrivait Giono dans Que ma joie demeure, exergue sous forme de programme narratif du dernier livre de Jean-Michel Espitallier, Cow-Boy. De son grand-père Eugène qui a quitté les Hautes-Alpes pour la Californie, l’écrivain ne sait rien. Tant mieux.
Dimanche 1 – « On réussit bien mieux à contempler la vie quand on la regarde par une seule fenêtre » (Gatsby le magnifique).
Cesare Martinetti est un journaliste italien, ex-directeur adjoint de La Stampa. Diacritik, avec son accord, publie dans une traduction d’Andrea Manara, son article paru le 25 mars dernier sur Altre / storie, une newsletter créée et dirigée par Mario Calabresi, rassemblant des reportages, des témoignages, des histoires et des analyses sur l’actualité ; une section est dédiée aux photographes en activité, avec leurs images et leurs histoires.