Elle de Paul Verhoeven est un de ces petits miracles devant lesquels le cinéphile se sent humble. Non pas que le film soit un chef d’œuvre absolu, les coutures du cinéma de Verhoeven sont toujours aussi visibles. Mais à la sortie de la salle, on ne peut s’empêcher de penser que le film revient de loin, que Paul Verhoeven est très proche d’avoir réalisé un film irresponsable ou dégueulasse sur le viol. Miraculeusement donc, Verhoeven ne sombre jamais dans la psychologie de bazar misogyne, au contraire, débarrassé des contraintes des grosses machines hollywoodiennes, il réalise avec Elle son film le plus transgressif, le plus déroutant, son meilleur film.
Cinéma
Présenté avec succès au festival de Cannes en mai 2015, sorti en salle en France en janvier 2016, le dernier film de Todd Haynes, Carol, est depuis le 17 mai disponible en DVD. L’occasion de revenir sur un film aux enjeux plus complexes qu’il n’y parait.
Quand on demandait à Massimo Troisi, pourquoi il tournait peu de films et jouait peu de rôles au cinéma, il répondait : « Cela tient en gros à deux raisons : la paresse et la pudeur. Ou mieux, une paresse contaminée par la peur de la banalité et de la superficialité : toutes les histoires que j’invente me semblent toujours très limitées et inutiles ».
Arte diffuse dimanche prochain le documentaire que Spike Lee a consacré à l’album Off the Wall (sorti le 10 août 1979) de Michael Jackson, poursuivant — en remontant le temps — son travail d’archives sur la genèse d’un musicien et danseur de génie, après Bad 25 (2012).
Orchestrée depuis 1982, la divulgation de Visite ou Mémoires et Confessions (Visita ou Memórias e Confissões) ne devait se faire qu’après la mort de Manoel de Oliveira, survenue le 2 avril 2015 à l’âge de 106 ans. Revenu ainsi d’entre les morts, le réalisateur livre un film autobiographique en ouvrant les portes de la maison où il a vécu 40 ans.
Cinéma, musique, politique, arts et spectacles, football. C’est la revue de presse du chutier.
Croyez-bien que j’en suis tout à fait désolé, mais le dernier Woody Allen, comme la grande majorité de son œuvre, est très réussi.
« Pourquoi vous… tu me racontes cette histoire ? » demande avec étonnement Caroline (Isabelle Carré) à l’exubérante et à peine connue Pattie (Karin Viard) qui vient de lui faire un second récit fort grivois et bien détaillé de l’une de ses nombreuses et ravissantes baisades. Et Pattie de répondre tout simplement : « Pour rien, je t’explique d’où vient le vin. ». Si on ne l’avait pas encore compris à ce stade du film, à savoir une quinzaine de minutes après le début, le moteur de 21 nuits avec Pattie est la parole.
Il y a quelques années, Batman – Dark Knight rappelait que l’on peut faire un beau film d’auteur avec un mec déguisé en chauve-souris. Nolan remontait au mythe du cavalier maudit, obligé de chevaucher sa monture jusqu’à la fin des temps. Un blockbuster peut-être une œuvre personnelle et audacieuse, ce n’est pas un scoop, mais il faut avouer que les franchises Marvel finissaient par nous faire douter.
« Il ne s’agit pas de tourner avec des enfants pour mieux les comprendre, il s’agit de filmer des enfants parce qu’on les aime » lançait François Truffaut, vibrant de justesse et de tendresse, dans Le Plaisir des yeux, l’un des ses ardents recueils d’articles critiques, au cœur duquel, revenant sur certains de ses films comme L’Argent de poche, le cinéaste s’interroge sur la manière dont les enfants doivent être représentés et employés à l’écran.
On avait laissé Jérémy Sibony un peu énervé par le palmarès des César. Revoici son journal, notes d’un cinéphile parfois émerveillé, parfois énervé par les films vus. Mais pas seulement.
Les premières secondes du film sont presque silencieuses, la caméra frôle une équilibriste, on entend à peine la musique, quelques paroles, puis, le champ s’élargit, nous sommes sur la scène d’un théâtre itinérant. Alors la musique et les comédiens envahissent l’écran, une mariée kusturikienne est portée en triomphe par une bande de comédiens ivres ou jouant l’ivresse, on ne sait plus, ça gueule, ça crie, ça boit à la santé de la mariée, les spectateurs de la pièce sont invités à vider leur verre de vodka, la caméra passe d’un acteur à un autre, on suit dans le même mouvement une actrice sortir de scène, un acteur se préparer dans les coulisses qu’un simple rideau sépare de la scène.
Deux ans après le « coup de sang », Enki Bilal revient sur ses trois derniers albums formant un cycle littéraire et graphique placé sous le signe des éléments : Animal’z, Julia et Roem, La couleur de l’air. L’eau, la terre, l’air. Sur une planète de cendres et de sang. Entretien vidéo.
Le DVD d’un chef d’œuvre japonais de 1959, les polémiques des César, les Oscars, Éperdument et Saint-Amour : c’est le journal d’un cinéphile de Jérémy Sibony.