Voici un récit pour le moins étrange qui nous relate en 200 pages le parcours que fait un narrateur dans une zone qui a pour singularité de n’appartenir ni à la ville ni à la campagne et qui relève tantôt de l’une et tantôt de l’autre le plus souvent des deux à divers moments. Le randonneur qu’est ce narrateur nous rapporte donc le parcours qu’il fait autour de Paris sans pour autant trop s’écarter de la capitale et sans non plus pénétrer dans des villes et villages clairement identifiables — encore que plusieurs soient nommés.

L’Amour qui se donne à voir ici n’a rien avec voir avec celui qui fait flamber les cœurs de Romeo Et Juliette et qu’une longue tradition a mis au cœur des enjeux dramatiques de nos spectacles. Sur le plateau de Love, crée en 2016 par Alexander Zeldin à Londres, huit personnages hétéroclites se croisent, se gênent, s’observent, se chicanent et se lovent maladroitement dans les chaises en plastique inconfortables d’un centre d’hébergement. Dans un espace trop petit, trop commun, ils tentent de cohabiter, se supporter et, souvent, ils s’aiment : un fils et sa vielle mère s’aiment, les quatre membres d’une famille recomposée s’aiment, deux immigrés issus de pays orientaux se parlent et sourient, une grand-mère et une petite fille se rapprochent…

Ce week-end a lieu le 32e Salon de la Revue qui se tient ces samedi et dimanche à la Halle des Blancs Manteaux à Paris. C’est toujours l’occasion de venir à la rencontrer des directrices et directeurs de revue, d’échanger avec des auteurs et d’assister à un vaste plateau de rencontres. La vie des revues est plus que jamais dominée par un véritable vivier : à la fois créatif mais aussi critique.

« Nos ancêtres ont appris à se déplacer sans peine à travers les territoires que le Zhaunagusch, l’homme blanc, a plus tard redoutés, sollicitant notre aide pour les parcourir ». 

Du 24 au 28 juillet 2022, le pape François était en voyage officiel au Canada pour ce qu’il a qualifié de « pèlerinage pénitentiel ». Il a célébré plusieurs messes dans le nord du Canada, à Montréal et à Québec et a réitéré pratiquement à chaque occasion des excuses officielles aux Premières Nations.

L’année du singe est l’année du chaos : une forme de désordre envahit le monde – à moins que ce désordre ne soit l’état réel du monde ainsi révélé. Le désordre n’est pas ici la simple absence d’ordre, son opposé, il correspond à un effacement des limites habituelles qui servent à penser et à instaurer un certain ordre que l’on appelle d’ordinaire « réalité ». Le chaos qui traverse le livre de Patti Smith n’est-il pas une réalité plus profonde ? Les nouveaux rapports qui apparaissent entre les vivants et les morts, entre le rêve et la réalité, entre la pensée et le monde, ne sont-ils pas, plutôt qu’une négation de l’ordre du monde, la révélation de son chaos essentiel ?

La scène est à Rome, sous le règne de Domitien. Lucretia exige de son mari, Publius Cornelius, dit Tacite, de rester à la maison. La situation est tendue, l’Empereur va faire tomber des têtes, et probablement la sienne. Lucretia a ses entrées au Palais, elle s’y rend pour plaider la clémence auprès d’un tyran qui « tue comme on éternue ». « Il n’y a plus que quelques heures entre eux et la mort ». La Nuit des orateurs d’Hédi Kadour n’est pas un péplum ni même une fresque historique mais bien la mise en récit d’une question si actuelle : que peut-on dire et faire sous un régime autoritaire ? Quelle place pour le verbe, ce pharmakon qui peut tuer autant que sauver ?

Gauz a grandi les pieds dans la rizière de sa grand-mère et dans les plantations de café de son grand-père. Entre les cultures vivrières et les cultures d’exportation. Seulement voilà, si la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial de cacao, le pays est en revanche incapable de transformer les fèves en chocolat. Pourquoi donc ? Répondant à sa fille – l’une des grandes interlocutrices du texte –, Gauz retrace l’archéologie de la domination coloniale et de ses continuités néocoloniales dans le contemporain.

Diacritik poursuit sa nouvelle série critique « Peintures d’expo » en compagnie de Siryne Z. qui, aujourd’hui, plante son chevalet au beau milieu de l’exposition « Jean Painlevé : les pieds dans l’eau », qui s’est tenue, du 8 juin au 18 septembre 2022, au musée du Jeu de Paume. L’occasion, en peinture et en gouache, de revenir sur la première exposition exclusivement consacrée à ce cinéaste.