Il fut poète et chirurgien. Soit ouvrir la langue et les corps, pour les sauver.
« Ce livre est un origami » : c’est ainsi que Siri Hustvedt évoque son dernier roman, Souvenirs de l’avenir, lorsque je la rencontre, le 24 septembre dernier, dans un salon de la rue Séguier, chez Actes Sud. Un origami, tant il joue de plis et replis pour finalement former un oiseau de papier, prêt à l’envol, libéré des contraintes, qu’elles soient formelles ou intimes.
La Draille des Seynes, par le collectif « De quoi on se mêle », organise chaque année un parcours et un forum citoyen. Le « Forum de la Draille » était consacré cette année en partie à l’actualité des sorcières, des pratiques alternatives de soin, et de répressions des femmes. Artistes et chercheurs sont invités à se rencontrer le long de la draille, par le collectif particulièrement dynamique des habitants de Belvezet. C’était l’occasion de redécouvrir le film Häxan de Benjamin Christensen – proposition étonnante d’incarnation des fantasmes machistes pour mieux les dénoncer.
Le dispositif cinématographique de Nos défaites, sorti en salle mercredi 9 octobre, s’il émane d’une intention louable voire passionnante, peut sembler problématique.
Depuis 2008, les éditions Lanskine sont une des plus actives dans le domaine de l’édition de poésie. Ouvertes aux voix étrangères, publiant volontiers des voix émergentes, les éditions Lanskine sont menées par la passion de Catherine Tourné, engagée en poésie, pour son étrangeté, son pouvoir de perturbation, la pluralité dont sont porteuses les écritures poétiques. Rencontre et entretien.
Poétesse queer, éditrice, performeuse, membre du collectif RER Q, Élodie Petit publie Fiévreuse plébéienne, un travail où se mêle plaisir sexuel, politique et expérimentation littéraire. C’est dans une articulation réussie entre les trois registres que se réalise l’écriture nerveuse de l’autrice.
Depuis Le Black-note, Tanguy Viel explore les méandres obsessionnels de la pensée. À travers la silhouette d’un cinéphile ou les aveux d’un meurtrier, il s’essaye à capter la rumeur, mobile et fuyante, d’une pensée trouble.
Fin 2017, nous rendions compte ici même du puissant Contre la haine que venait de publier Carolin Emcke. Nous revenons aujourd’hui à la même auteure pour saluer la parution, au Seuil encore, de Quand je dis oui…, essai féministe s’interrogeant notamment sur la pertinence du phénomène « MeToo ».
L’imitation de Bartleby, premier roman de Julien Battesti qui vient de paraître dans la collection l’Infini aux éditions Gallimard est une immense et réjouissante vibration littéraire.
Disponible en replay sur Arte.tv jusqu’au 30 octobre, Mytho fait une entrée remarquable dans la trop courte liste des séries françaises dont on peut s’enorgueillir sans passer pour un élitiste forcené qui préfère la noirceur esthétisée des drames intimistes aux imbécillités mal écrites d’access prime time.
Je suis éditrice, française née à Caen, habitant à Paris, mais depuis longtemps je me suis enracinée au Proche-Orient, dont j’aime les cultures, les terres, les langues… Aujourd’hui je me sens perdue, condamnée comme vous à assister impuissante au terrible massacre perpétré en toute impunité en ce moment même au Rojava…
La parution d’un roman de Nicole Krauss est toujours un événement : ainsi Forêt obscure publié après de longues années de silence, ce « vide » si nécessaire à la création, comme nous l’explique la romancière dans le long et bel entretien vidéo qu’elle avait accordé à Diacritik lors de la publication de son livre, qui vient de sortir en poche, chez Points.
« La révolution algérienne a accompagné le processus conduisant de la critique de l’art à la critique sociale généralisée, de l’Internationale lettriste à l’Internationale situationniste », souligne Nedjib Sidi Moussa, qui, à l’heure où l’Algérie s’embrase, a rassemblé quelques-uns des textes situationnistes et post-situationnistes rédigés des années 1960 à nos jours.
Albertine est devenue l’amie tendre de Marcel. Une amie imprévisible et fuyante. Un beau jour pourtant, ayant à prendre un train tôt matin à Balbec, la jeune fille loge au Grand-Hôtel, celui-là même où Marcel séjourne avec Françoise.