Peut-être tout texte critique est-il une forme de traduction : dire autrement, sous une forme succincte, intempestive et trouée, ce qui a été développé, pesé et exposé dans une forme « finie ». Dire le principal, suggérer le reste, donner envie d’aller vers l’original. Cette dialectique est celle de la traduction en général, polemos et violence, contrairement aux idées reçues.

Définitions :
Chiffrer : Évaluer, fixer le chiffre de…
Liste : Série d’éléments analogues (noms, mots, chiffres, symboles…) mis les uns à la suite des autres…
Texte :
M’est venu à l’esprit cette idée de la liste à quoi s’ajoute cette autre idée, du chiffrement. Il est entendu qu’il est question ici de calculs, de quantités liées à l’alimentaire. Ce qui nous introduit dans le paysage apparu sur le mode de l’énumération et de la description.  

Pour réaliser cet article, je me suis appuyée sur ce que j’ai noté et observé lors de mes actions de bénévolat à Montpellier. J’ai également réalisé des entretiens téléphoniques avec une bénévole ayant aidé pour la préparation de colis livrés dans des squats et bidonvilles ainsi qu’avec une salariée du Secours Catholique.
J’écris cet article car mes valeurs s’entrechoquent en ces temps de confinement. Il me faut poser les choses.

« Nous avons connu nous aussi notre printemps silencieux. Le ciel était sans avions, la mer était sans bateaux. Les centre-villes étaient déserts comme les forêts de France. La peur terrait l’homme chez lui, l’obligeant à vivre la vie qu’il impose aux animaux. Il ne sortait qu’en tremblant, le regard fuyant, pour de brèves courses. Comme les bêtes au fond des bois ou les rats dans les égouts, il apprenait la discrétion. Quelque chose respirait. Les choses reprenaient leur cours. — La Terre dut croire que son cancer entrait en phase de rémission.

11 mai 2020. Le déconfinement s’accompagne de retours possibles dans les librairies et leurs rayons, ouvrant bien plus de perspectives que le kilomètre qui nous était jusqu’ici autorisé. C’est donc une rentrée de printemps qui débute, inédite — et, espérons-le, hapax. Pour fêter ce retour aux librairies, il me fallait un livre singulier, un choix subjectif. Ce sera un récit qu’avec Jean-Christophe Cavallin j’ai vu s’épanouir, Nos corps érodés de Valérie Cibot, paru aux éditions Inculte cinq jours avant le début du confinement.

Le livre de Gabriela Cabezón Cámara, Pleines de grâce, est pluriel, articulant des différences sans nécessairement les différencier. Le récit s’élabore en subvertissant les codes sociaux et culturels – en inscrivant une différence par rapport à ces codes, en les inscrivant dans une différence par rapport à eux-mêmes – autant que les codes de la narration, favorisant la rencontre ou co-affirmation de points de vue divers, rencontre qui vient troubler et suspendre les identités habituelles. Si ce livre est aussi politique, il a comme visée première la destruction de l’identité, ou sa dissémination (visée qui est elle-même politique).

« Pourquoi faut-il relire le roman ? (…) Lecture anxiogène en ces temps difficiles ? Pas tant que ça. La Peste offre surtout une réflexion profonde et humaniste sur les comportements adoptés par une société lorsqu’on restreint ses droits. Voici ce qu’il faut en savoir ». (Vogue, avril 2020)

Vogue est loin d’être seul magazine à sommer les lecteurs de lire La Peste, roman de 1947 : on notera les deux impératifs d’obligation du verbe falloir ! La formulation n’est pas une invitation à lire le roman dans sa complexité mais une obligation à le lire pour décrypter le présent.

L’Algérie en héritage appartient à la collection bien nommée « d’un lieu l’autre » des éditions bleu-autour. Après avoir tenté de reconstituer minutieusement la mémoire individuelle et collective des habitants de l’Algérie, dans le cycle L’enfance des Français d’Algérie avant 1962 (2014), Une enfance dans la guerre, Algérie 1954-1962 (2016) et À l’école en Algérie des années 1930 à l’indépendance (2018), ce volume est annoncé comme le dernier de cette série.