« Un livre rigolo sur les tampons fantaisie » : c’est ainsi que le tampographe Sardon présente Chroniques de la rue du Repos (Flammarion), livre « bordélique » comme l’est son atelier et le coin de ville qu’il évoque dans les textes qui rythment les pages. Les tampons ici ne sont pas seulement des objets mais bien « des lubies » qui « prennent la forme de tampons encreurs », et plus encore que des lubies, une manière d’être au monde qui se donne à lire dans les chroniques des moments de vie et scènes décapantes.

Voici un roman que l’on n’attendait pas et qui vient de remporter le Prix Rossel de littérature. Il nous vient de l’Ardenne belge et profonde via l’éditeur Weyrich à Longlier. Il est tout de paradoxe. C’est qu’il nous parle de mort violente à chaque tournant (la confiture du titre est faite des fruits qui viennent sur les arbres du cimetière) alors que, via la jeune Véra, son héroïne, il s’avère puissamment tonique.

Enrique Vila-Matas n’a pas souvent été présent, nous semble-t-il, dans les colonnes de Diacritik. Il est cependant devenu une vedette de la littérature de pointe, à laquelle il contribue avec des fictions mi-romans mi-essais qui ont toujours un côté fantasque et novateur.  Et c’est bien le cas avec le volume qui vient de paraître chez Actes Sud en traduction française. Parlons donc de cette Brume insensée qui est, dès le titre, une citation, celle-ci empruntée à Raymond Queneau comme signalé en épigraphe.