« La nature donnait l’existence aux plantes, mais mademoiselle Basseporte la leur conservait. » Jean-Jacques Rousseau

Aujourd’hui, son nom ne dit plus rien à personne. Pourtant, Madeleine Françoise Basseporte fut appréciée de Louis XV, qui aimait converser avec elle, ainsi que de Madame de Pompadour, qui fit appel à ses talents de décoratrice.

Magistral : tel est le mot qui vient à l’esprit après avoir achevé la lecture de La Cavalière de Nathalie Quintane qui vient de paraître chez P.O.L. A partir de l’affaire de Nelly Cavallero, enseignante à Dignes-les-Bains qui, dans les années 1970, avait défrayé la chronique en étant inculpée pour incitation de mineurs à la débauche, Quintane s’intéresse plus précisément à ces années de violente répression dans l’Éducation nationale, à la vague de radiations de professeurs. Dans un récit qui procède par excentrations, par retouches et par cercles concentriques, Quintane met au jour et à jour ce que cette violence institutionnelle des années 1970 dit de la violence étatique de notre temps. Inutile de dire que Diacritik ne pouvait qu’aller à la rencontre de l’autrice le temps d’un grand entretien autour de ce livre clef.

Dans la nuit du 15 au 16 avril 1970, un glissement de terrain emportait une partie du sanatorium du Roc des Fiz, en Haute-Savoie. 71 morts dont 56 enfants. Un accident, vraiment ? Une chape a recouvert le drame, un silence auquel ne peut se résoudre Perrine Lamy-Quique qui rouvre le dossier dans un livre formellement étonnant, Dans leur nuit, ample montage de documents, lettres et témoignages qui plonge le lecteur au cœur d’une histoire glaçante qui révèle tout un pan d’histoire sociale et politique de la France des années 70.

Thomas Clerc dans le cadre du Festival de la littérature vivante, EXTRA! du Centre Pompidou, a donné chaque soir du 9 au 19 septembre un « toast » à un livre et un auteur qu’il aimait. Le vendredi 17 septembre, c’était mon tour pour mon Sexe des Modernes, Pensée du Neutre et théorie du genre. Un toast appelle une réponse, voici qu’elle fut la mienne après l’avoir entendu.

L‘époque a rendu la critique exigeante. En lisant certains articles à charge et autres recensions acrimonieuses du 39ème épisode des aventures d’Astérix le Gaulois, on en vient à se demander si l’aventure signée Ferri et Conrad n’est pas victime de ce mal contemporain qu’est le traitement de la culture par le petit bout de la lorgnette du commentaire…

En 2019, Sandra Lucbert, sociologue et romancière, assiste au procès de France Télécom durant lequel sept dirigeants de l’entreprise sont jugés à la suite du grand nombre de suicides entraînant dans la mort des employés du groupe de télécommunications, des suicides dus à tout un harcèlement moral de grande dimension accompagnant un projet de licenciement étalé sur trois années de 22000 des membres du personnel.

« Au vu de l’érosion des sols, la Grande-Bretagne ne dispose plus que de cent récoltes » : la citation du Guardian (20 juillet 2016) figure en épigraphe d’Automne d’Ali Smith et elle suit deux vers de Shakespeare, « Que le printemps vous revienne / Les moissons terminées à peine ! ». D’entrée, Ali Smith indique, en semblant juxtaposer du disparate, combien la fiction permet d’articuler actualité d’aujourd’hui et d’hier, saisie médiatique comme littéraire d’un état présent du monde, sur le déclin. Un cycle est en cours, multiple : romanesque comme saisonnier et, au-delà, politique et symbolique. 

Vous qui pensiez connaître l’affaire pour avoir lu Agatha Christie et le nom de l’assassin nommément désigné par l’autrice, révisez votre jugement : Pierre Bayard a mené une contre-enquête tout aussi minutieuse que malicieuse et son verdict est sans appel. The truth is out there, la vérité est ailleurs, conclusion à laquelle les dénouements des épisodes d’X-Files nous a habitués. Retour sur La Vérité sur « Ils étaient dix » et sur l’un des plus célèbres cold cases de l’histoire littéraire avec l’inspecteur Bayard, le temps d’un grand entretien, publié lors de la sortie du livre en grand format. Entre temps, on s’en souvient, Dix petits nègres est devenu Ils étaient dix, autre manière de réviser l’histoire…

« Ô joli chardonneret aux ailes jaunes
Aux joues rouges aux yeux noirs » Mohamed El Badji

Dans sa préface au récit de Seham Boutata, La mélancolie du maknine, la chanteuse Souad Massi retrace l’histoire de cet oiseau en lien étroit avec l’histoire de l’Algérie et souligne que Seham Boutata introduit « la saga millénaire de cet oiseau du ciel ». Elle « nous fait vivre l’envol de tout un peuple, amoureux des oiseaux, qui a décidé de fracasser pour de bon toutes les cages qui enserraient sa liberté, et qui crie aujourd’hui haut et fort, avec le Hirak, la liberté d’être enfin libre ».

C’est un de ces lieux de la nuit et du sexe quand ils se veulent illimités, c’est un bar qu’on pourrait dire un peu sordide ou glauque, dans le Marais ou ailleurs, Tel Aviv, Toulouse, à peu près partout, Paris. On peut dire bordel, on peut dire backroom, j’ai envie de dire le bar rouge, rouge. C’est un de ces lieux où l’on finit, la journée, la vie. On vient là comme un échoue, du verbe échouer, pour en finir, pour rencontrer ou retrouver quelqu’un, un corps et des corps, des morceaux de corps sans visages. On vient se vider, aussi bien. C’est vulgaire, et ça ne l’est pas. Il y a des pig, des cochons, des pigboy, et des solitudes. C’est sacré. Ce sont des frères qui se cherchent. Des tellement frères ensemble.

Le 38e bis Marché de la Poésie a débuté ce mercredi 20 octobre et se terminera ce dimanche 24. Comme pour chaque édition, en plus des stands présentés par de nombreuses maisons d’édition de poésie, sont organisés des rencontres avec des auteur.e.s, des lectures, des signatures, des hommages, des événements autour des livres, des revues, des formes diverses de poésie. Les détails du programme ici.