Le mercredi 16 mars 2022, à la Maison de l’Amérique latine, a eu lieu une rencontre avec Amos Reichman à l’occasion de la parution de son livre Jacques Schiffrin, un éditeur en exil, en compagnie d’Annette Wieviorka et de Philippe Sands. La rencontre était animée par Christine Marcandier, en partenariat avec Diacritik. Elle s’est ouverte sur un hommage à Michel Deguy dont Maurice Olender a tenu à rappeler qu’il est à l’origine de sa rencontre avec François Vitrani et, de ce fait, des soirées Coïncidences.
Alors que le racisme d’Etat s’affiche aujourd’hui de la manière la plus explicite, que les violences policières à l’égard des sans-papiers racisé.e.s sont quotidiennes, qu’une politique de l’accueil est remplacée par une gestion carcérale, il est encore et toujours nécessaire de dire NON. Reportage photo de Jean-Philippe Cazier.
Constance Debré est l’anti-Rubempré, elle brosse une trajectoire inverse de celle du héros de Balzac. Ils ont pourtant un point commun : leur drame est leur nom. Pour Rubempré, ce nom est ce qui l’entrave, il le nie afin d’être reconnu à Paris. Pour Debré, il est ce qui l’enferme, elle veut le détruire pour commencer une vie neuve.
Quel est le lien entre Finnegans Wake et de Gaulle ? La question peut paraître saugrenue. Colombey est une fête, le premier livre d’Aurélie Chenot, nous apprend cependant qu’il existe un rapport entre James Joyce et la commune de Haute-Marne rendue célèbre par le Général, bien que l’auteur d’Ulysse ne mît jamais les pieds dans ce village.
Aujourd’hui peu connue, l’oeuvre d’Eva Gonzalès est pourtant singulière et forte. Dans le livre qu’elle lui consacre, Elisabeth Jacquet déploie ce que sa rencontre avec l’oeuvre de cette artiste du XIXe siècle peut nous dire et nous montrer en ce début de XXIe siècle. Entretien avec Elisabeth Jacquet.
« Montaigne et beaucoup d’autres après lui (les classiques) peuvent dire d’un texte : « C’est très beau, mais ça aurait été encore plus beau, ou fort, si… » Par exemple : « Virgile, c’est très bien, mais il aurait été meilleur si, comme Lucrèce… » Cela est caractéristique d’une pensée rhétorique. Il faut apprécier le scandale, dissimulé ici par l’autorité de Montaigne. Car il y a scandale, avec ces nuances, ces éloges à moitié : tout à fait impensables pour nous. […] Imagine-t-on un « Mallarmé, c’est très beau, mais parfois trop obscur » ? ou « Proust, c’est très fort, mais parfois un peu long » ? »
Les Histoires du Futur : ces grandes projections romanesques s’emparent de l’avenir comme une nouvelle terra incognita que la fiction permet d’explorer. On connaissait jusque-là essentiellement les grands projets américains, d’Heinlein à Smith en passant par Asimov : mais l’empire hégémonique américain sur la science-fiction ne devrait pas faire oublier qu’il existe néanmoins d’autres modèles :
Joyeux Noël ! le public gagne sa place sur les gradins, de part et d’autre de la table tandis que le sapin clignote. La meute des chiens s’apprête à ronger l’os du chapon, à en remplir de farces grasses la carcasse, à désosser les poncifs, à faire sauter les boucles de ceinture, à nous en mettre plein la rampe sur fond de musiques sirupeuses et de guirlandes bancales. La famille est à la fête pour ce nouvel opus des Chiens de Navarre mijoté avec sa sauce acide et ses garnitures douteuses.
Depuis 2016, suite à un appel au boycott conduit par le “Collectif des créatrices de bande dessinée contre le sexisme” réagissant au fait que le Festival d’Angoulême n’avait proposé aucune femme dans la liste des trente prétendants au “Grand Prix” soumise au collège des votants (composé depuis deux ans par l’ensemble des auteurs et autrices francophones – texte / dessin / couleur – de bande dessinée), l’élection se fait selon le protocole suivant, en deux temps.
Extrait de l’album « Nuits Sans Sommeil » (Midnight Records, 2019).
Habitations insalubres, grotte de Lascaux, pont à Coca, Gare du Nord, hôpital psychiatrique : les livres de Joy Sorman et Maylis de Kerangal sont des arpentages d’espaces, profondeur géomorphique ou surface sociale tout ensemble. C’est cette sensibilité spatiale qui est le point de rencontre entre ces deux autrices : leurs deux imaginaires sensibles ont partie liée avec l’exploration d’un terrain et la saisie concrète d’une épaisseur de territoire. Car les romancières partent toujours d’un lieu, et une fois encore, c’est l’expérience d’un paysage, la découverte d’un horizon qui leste de concret l’imaginaire.
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Tout au long de l’année 2022, nous fêterons le centenaire de la naissance d’écrivains, d’artistes, de musiciens majeurs du second vingtième siècle, de Pier Paolo Pasolini à Simon Hantaï, de Charlie Mingus à Claude Ollier, d’Alain Resnais à Alain Robbe-Grillet, de Jack Kerouac à Christian Dotremont – sans oublier nombre de vedettes de la chanson et du cinéma tels Cyd Charisse, Ava Gardner, Bobby Lapointe, Christopher Lee, Carmen McRae, Micheline Presle (toujours en vie), Serge Reggiani…
« Pourquoi ne serai-je pas fière d’être femme ? Mon père, cet apôtre enthousiaste de l’humanité m’a bien des fois répété que la mission de la femme était de relever le genre humain, qu’elle était le Messie des siècles futurs… Je dois à ses doctrines la grande et fière ambition que j’ai conçue pour le sexe auquel je me fais gloire d’appartenir et dont je soutiendrai l’indépendance jusqu’à mon dernier jour.
À l’occasion de la rencontre « Le climat, récits et imaginaires » avec Marie Darrieussecq, Philippe Rahm et Dominic Thomas, modérée par Jean-Max Colard, qui s’est tenue à la Villa Gillet le mercredi 9 mars 2022 à Lyon, le Directeur du Département des Études françaises et francophones, Université de Californie-Los Angeles (UCLA), Dominic Thomas, nous propose ce texte sur les liens entre climat et littérature.