Jean-Baptiste Del Amo

Le sous-titre de Règne animal de Jean-Baptiste Del Amo pourrait avoir des accents balzaciens (Grandeur et décadence d’une exploitation agricole) ou zoliens (Histoire naturelle et sociale d’une famille), sur un siècle de 1898 à 1981 : dans le Gers, à Puy-Larroque, tout semble d’abord un « perpétuel recommencement », dans une ferme qui suit le rythme des saisons et cycles naturels, avant que la petite exploitation familiale ne devienne un élevage de porcs industrialisé et intensif, selon un double mouvement d’accélération et de chute, jusqu’à « l’effondrement ».
Le magnifique et très dur roman de Jean-Baptiste Del Amo, au-delà de ses qualités littéraires, épouse la course folle qu’est devenu l’élevage, au mépris de tout respect de la nature comme des animaux, tout en dévoilant jusqu’à l’insoutenable une violence et une cruauté qui s’exercent aussi bien sur les hommes que sur les bêtes.

Nathacha Appanah
Nathacha Appanah

Nathacha Appanah a écrit l’un des romans les plus forts de la rentrée littéraire 2016 : Tropique de la violence, aux éditions Gallimard, qui  vient justement de recevoir le premier prix Femina des lycéens. L’occasion pour Diacritik de republier l’article consacré à son livre et l’entretien qui l’accompagnait, dans lequel elle évoquait pour nous Mayotte, la violence, les migrations et ses fantômes et ceux de cette île française trop oubliée.

Yasmina Reza
Yasmina Reza

Yasmina Reza était célèbre dans le monde entier pour son théâtre, notamment pour sa pièce Art (Prix Tony Award et Molière). Elle le sera désormais pour son roman Babylone qui vient de rafler le prestigieux Prix Renaudot. L’auteure de 57 ans, réputée d’une discrétion de violette, fuyant les photographes et les interviews, avait précédemment fait parler d’elle à l’occasion de la sortie en 2007 de L’aube le soir ou la nuit où elle faisait le récit de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy qu’elle avait suivit pendant un an.

Eric Vuillard
Eric Vuillard

Que sait-on finalement du 14 juillet ? Des scènes de liesse et de colère mêlées, des gravures qui donnent au passé la teinte du révolu, des commémorations à n’en plus finir, mais qui font oublier l’effervescence révolutionnaire sous les festivités consensuelles : en bref, un feu d’artifice de stéréotypes. Que sait-on finalement ?, voilà la question que pose Éric Vuillard, dans ce récit, tendu et nerveux, emporté et politique, sobrement intitulé 14 juillet.

Antonine Maillet
Antonine Maillet

On sait, sans qu’il soit besoin d’y insister, que les prix littéraires sont un poste d’observation très intéressant de ce que les institutions reconnaissent et transmettent. Après tant d’autres, je me propose d’observer le Goncourt. Comme l’écrit Christine Marcandier : « Le Goncourt reste le Goncourt ce prix qu’on adore détester parce qu’il récompense trop souvent (voire quasi systématiquement) des livres mineurs. Ce prix que l’on est prêt à encenser quand il ose des choix plus novateurs et offre à des écrivains moins médiatiques une soudaine exposition (et des lecteurs) ».
Ce qui m’y incite cette année, c’est évidemment d’approcher les raisons du choix pour Leïla Slimani.

NY © Christine Marcandier
NY © Christine Marcandier

New York Esquisses nocturnes est le premier roman de Molly Prentiss, sorti en avril 2016 aux États-Unis, paru en août en France, dans une très belle traduction de Nathalie Bru. Le récit est construit autour de trois personnages principaux, quatre si l’on considère que New York en est même la figure principale, faisant graviter autour de cette trame une galerie de protagonistes incarnant le monde de l’art dans les années 80, soit une décennie de transition entre une forme de liberté folle et les débuts d’un capitalisme forcené.

Double nationalité

Certains livres vous invitent dans un univers totalement autre, dès leurs premières lignes : Double nationalité de Nina Yargekov (qui a reçu le prix de Flore la semaine dernière) est de ceux-là. Une jeune femme se retrouve dans un aéroport, elle ne sait plus qui elle est, où elle va, pourquoi elle est là, elle n’a d’abord que le contenu de son sac à main pour mener l’enquête. Mais cette altérité fascinante n’est pas seulement liée au sujet du roman ou à son personnage central : la fantaisie de Nina Yargekov, sa manière de décaper la langue, le récit et plus largement nos repères sont une invitation au voyage, au Nouveau.

Stéphane Audeguy
Stéphane Audeguy

Les lauréats 2016 du prix Wepler ont été annoncés en direct dans l’émission d’Augustin Trapenard, Boomerang, sur France Inter ce matin.
Prix spécial du jury Ali Zamir pour Anguille sous roche (éd. Le Tripode) et Prix Wepler 2016, Histoire du lion Personne de Stéphane Audeguy dont Laurent Demanze avait parlé voici quelques semaines. Revoici son article :

Céline Minard
Céline Minard

Sortir le grand jeu – ce jeu de mot sur le titre du dernier roman de Céline Minard est facile, voire un peu vain au regard de la radicalité de son œuvre, pensée comme une exploration que l’on pourrait penser systématique des genres, ce qui serait méconnaître sa portée véritable : il s’agit sans doute, pour Céline Minard, de peu à peu dessiner le territoire du romanesque, une fois ce romanesque débarrassé des scories de catégories (roman historique, d’aventures, de science fiction, etc.) qui ne sont jamais que des cadres, une fois ce romanesque affranchi sujets qui ne sont que des prétextes. Pour Céline Minard, la langue est le véritable enjeu, le jeu, au sens d’une tension comme d’un espace ludique. Pour elle, il s’agit d’offrir au détour de chaque livre le nouveau territoire d’une cartographie littéraire singulière.

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Atticus Lish vient de recevoir le Grand Prix de littérature américaine 2016 pour son exceptionnel premier roman, Parmi les loups et les bandits (Buchet-Chastel). Dans son communiqué, le jury salue non seulement le roman mais la traduction de Céline Leroy qui est en effet un tour de force. Diacritik republie à cette occasion sa critique et son entretien avec l’écrivain, réalisé en septembre à Paris.

Aude Lancelin
Aude Lancelin

S’il est un texte à retenir dans les prix littéraires décernés aujourd’hui, c’est bien Le Monde libre d’Aude Lancelin, Renaudot Essais 2016. Voici ce que Diacritik en écrivait il y a quelques jours.

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On les attendait, voici la liste des lauréats du Prix Goncourt et du Prix Renaudot 2016. Sans surprise et sans intérêt pour la catégorie roman. Préférez le Renaudot Essais !