Plus jamais vous ne regarderez un bâton de craie ou un hamac, n’utiliserez un éventail ou mâcherez un chewing-gum de la même manière, après avoir plongé dans Le Magasin du monde et les textes d’un collectif d’historiens dirigé par Pierre Singaravélou et Sylvain Venayre. Ce livre est d’abord un immense cabinet de curiosités, il est un recueil de récits mais aussi une histoire de la mondialisation, de la circulation des objets, leurs usages et leurs appropriations.
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L’actualité des publications françaises et étrangères ; fiction et non fiction. Sans exhaustivité, parce qu’elle est impossible et sans contrefaçon (mais pas que par des garçons). Des choix, des passions, de grosses colères aussi. La lecture des têtes de gondole que nous mettrons parfois au carré. Des portraits des acteurs du monde du livre. De longs entretiens parce qu’un livre ou une collection, ce ne sont pas deux ou trois phrases choc. Et parce que l’actu est trop souvent un diktat (et une course contre la montre perdue d’avance), de grands livres publiés dans les mois ou les années, voire les décennies et même siècles qui précèdent, parce que les grands livres n’ont pas de date de péremption.
« Une rencontre de mes réflexions et de mes souvenirs ; de mes vieux thèmes (existentiels et esthétiques) et de mes vieux amours (Rabelais, Janacek, Fellini, Malaparte…)… » : C’est sur ces mots que Milan Kundera ouvre Une rencontre, après Les Testaments trahis, L’Art du roman et Le Rideau, recueil de la mémoire, des filiations, des admirations, porte ouverte sur une « galerie imaginaire », une bibliothèque, en neuf chapitres, souvent subdivisés.
« Un livre rigolo sur les tampons fantaisie » : c’est ainsi que le tampographe Sardon présente Chroniques de la rue du Repos (Flammarion), livre « bordélique » comme l’est son atelier et le coin de ville qu’il évoque dans les textes qui rythment les pages. Les tampons ici ne sont pas seulement des objets mais bien « des lubies » qui « prennent la forme de tampons encreurs », et plus encore que des lubies, une manière d’être au monde qui se donne à lire dans les chroniques des moments de vie et scènes décapantes.
Papa, qu’as-tu fait en Algérie ? : le titre de ce livre, fruit d’une enquête de cinq années à propos d’une guerre et de ses conséquences individuelles et familiales, ne peut qu’interpeller le lecteur. La démonstration est ferme, nuancée, précise.
L’Anse des coquelicots est le deuxième roman d’Océane Madelaine, publié comme le beau et légitimement remarqué D’argile et de feu (2014) aux éditions des Busclats. Il a paru en février 2020, période difficile pour tou.te.s et peu propice à une ample réception.
Voici un roman que l’on n’attendait pas et qui vient de remporter le Prix Rossel de littérature. Il nous vient de l’Ardenne belge et profonde via l’éditeur Weyrich à Longlier. Il est tout de paradoxe. C’est qu’il nous parle de mort violente à chaque tournant (la confiture du titre est faite des fruits qui viennent sur les arbres du cimetière) alors que, via la jeune Véra, son héroïne, il s’avère puissamment tonique.
Dans Chaosmogonie, Nanni Balestrini ne demande pas ce qu’est la poésie mais ce qu’elle fait, ce qu’elle peut faire. Le titre semble proposer une réponse : la poésie crée du chaos, elle crée une langue qui est un chaos indissociable d’un monde qui est lui-même un chaos.
Entretien avec Suzanne Doppelt, à l’occasion de la parution de Meta donna aux éditions P.O.L.
1.J’apprends qu’on peut commander à moitié prix les trois volumes de l’œuvre de Charles Racine aux Éditions Grèges. Je n’hésite pas une seconde. De Racine, j’ai eu fortuitement connaissance, il y a déjà longtemps, du seul livre de lui qu’on trouvait facilement :
Enrique Vila-Matas n’a pas souvent été présent, nous semble-t-il, dans les colonnes de Diacritik. Il est cependant devenu une vedette de la littérature de pointe, à laquelle il contribue avec des fictions mi-romans mi-essais qui ont toujours un côté fantasque et novateur. Et c’est bien le cas avec le volume qui vient de paraître chez Actes Sud en traduction française. Parlons donc de cette Brume insensée qui est, dès le titre, une citation, celle-ci empruntée à Raymond Queneau comme signalé en épigraphe.
« une expérience démente de darwinisme social, conçue par un chercheur qui s’ennuyait, le pouce appuyé sur le bouton d’avance rapide »
William Gibson, Neuromancien
Actualité du cyberpunk ? La sortie fortement promue du jeu vidéo Cyberpunk 2077 ajoute à ce sentiment.
Si la liberté en ces temps sombres et confinés ne résidait plus que dans l’observation de la nature et la lecture, alors la colossale étude esthétique sur les fleurs, que publie Phaidon, Explorer le monde floral, tomberait à pic.
Une étude sociologique montre que les jeunes Américains entre 10 et 14 ans sont capables de reconnaître 1000 logos de marques mais qu’ils ne sont pas capables d’identifier 10 végétaux de leur région. Le constat est sans appel : nos rapports à la nature sont totalement désaffectés. En cause : notre modèle de civilisation moderne qui réduit la nature à un domaine extérieur et indifférent à l’homme. La pensée de Baptiste Morizot apporte, à travers l’exemple du pistage, un éclairage à la fois original et très accessible à ce problème écologique classique du « grand partage » entre nature et culture.
