Une nouvelle collection d’essais a vu le jour aux Impressions Nouvelles (Bruxelles). Elle a pour vocation de mieux faire connaître les héros des littératures populaires et donne à lire 4 à 6 titres par an, chacun consacré à un personnage plus ou moins mythique et désormais célèbre. Huit volumes existent déjà, chacun confié à une signature et comptant 128 pages.

« Arlette Farge, historienne des choses ordinaires et des paroles singulières » : c’est sous le signe de cette formule magnifique de Patrick Boucheron, toute de tensions et paradoxes, que l’on pourrait placer Instants de vie, audiographie des éditions EHESS qui rassemble plusieurs entretiens donnés par l’historienne comme autant d’entrées, aussi feutrées qu’incisives, dans son laboratoire d’idées sensibles, dans ses archives et pratiques.

« J’essaye au quotidien d’être le colibri qui transporte dans son bec sa goutte d’eau pour éteindre l’incendie ».

Dans son ouvrage qui vient de paraître aux éditions Elyzad à Tunis, Je vous écris d’une autre rive. Lettre à Hannah Arendt, Sophie Bessis offre à la lecture un précieux joyau. Historienne, journaliste, elle nous a habitués à des ouvrages denses, précis, documentés. Cette « lettre » écrite à une femme qui, comme le précise la quatrième de couverture, « occupe une place particulière dans la pensée du XXe siècle », donne la quintessence de ses ouvrages : l’originalité et l’audace du sujet, la clarté de l’argumentation, l’érudition présente, jamais écrasante mais donnée en partage, la fluidité heureuse de l’écriture.

Inoubliable Agatha ! Elle a traversé le siècle — le XXe — et elle est toujours là. Née en 1870, défunte en 1976, ses 66 romans la prolongeront jusqu’à aujourd’hui et feront d’elle une femme-siècle de la même façon que Georges Simenon demeure du côté belge un homme-siècle. Lui, c’est Maigret, elle, c’est Poirot. Deux patronymes peu valorisants, soit dit en passant. Mais surtout deux écritures sans rapport entre elles. Et aussi deux styles d’enquête on ne peut plus différents et proposant deux univers romanesques en regard l’un de l’autre mais incompatibles.

Chère Anna, J’avoue, des Brontë, je ne connaissais que le nom et les sœurs, je veux parler du film d’André Téchiné, Les soeurs Brontë, avec Isabelle Adjani, Marie-France Pisier et Isabelle Huppert. Rendez-vous compte, je n’ai même pas lu Les Hauts de Hurlevent ou Jane Eyre… On a parfois des trous dans une culture, et même des crevasses de montagne. Avec votre livre je découvre un monde, un univers étrange, celui de cette famille, les mœurs de cette famille qui ressemble à des Atrides anglais faits de brume et de lande… Pourriez-vous me raconter vos Brontë ?

En l’espace d’une vingtaine d’années, recueil après recueil, Stéphane Bouquet s’est imposé comme l’un des poètes français parmi les plus remarquables du paysage contemporain. Le Fait de vivre, son nouveau recueil, qui paraît ces jours-ci confirme, plus que jamais, la place d’importance qui est la sienne : en autant de poèmes qui s’articulent en trilogie et tétralogie, Bouquet déploie un poème qui rêve de quitter le poème, de trouver les étreintes nombreuses et la simplicité, si difficile à rejoindre, de la conversation quotidienne. Le fait de vivre demeure l’horizon que se promet chacun de ses poèmes. Diacritik ne pouvait manquer de partir à la rencontre de ce contemporain capital pour parler de l’un de ses plus beaux textes – sinon son plus beau recueil publié jusqu’ici.

La plupart des Français qui ont vu passer dans la presse la nouvelle de la mort de Lokman Slim le 4 février 2021 ou les jours suivants, n’avaient jusque-là pas lu une ligne de lui et n’en avaient pas même entendu parler. Ils pourraient dire comme l’a fait l’écrivain italien Stefano Massini à propos d’Anna Politkovskaia, dans Femme non-reééducable : « la première fois que j’ai entendu parler de cette femme, ce fut précisément à l’annonce de sa disparition ».