L’autre jour, dans le métro, un pickpocket malchanceux a dérobé dans mon sac à dos l’agenda très ordinaire où je consigne mes rendez-vous et autres obligations quotidiennes, ainsi qu’un carnet de notes. N’ayant aucune chance de les retrouver, je tente de reconstituer de mémoire ce qui s’y trouvait inscrit, ce qui me renvoie à ces heures d’été encore chaudes quand, assis face au Nord, à l’ombre des rochers en bord de mer, je lisais quelques nouveautés de la rentrée à venir, crayon et carnet en poche.
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Papiers à bulles… Actualité de la bande dessinée. Chroniques et critiques d’albums. Nouveautés et avant-premières. Séries cultes et découvertes. Interviews d’auteurs, scénaristes, dessinateurs et acteurs du 9ème art.
La déferlante Marvel n’a pas fait que des heureux : entre les cinéphiles lassés de voir débouler des super-héros en collants tous les deux mois dans les salles obscures et les fans exigeants discutant la qualité aléatoire des blockbusters ou sequels à répétition, les justiciers semblaient s’être ligués pour envahir les écrans jusqu’à l’overdose (voire l’ennui).
Quelle bonne idée d’avoir confié les clés de la maison Blake & Mortimer à Jaco Van Dormael, Thomas Gunzig et François Schuiten ! Le Dernier Pharaon, paru le 29 mai dernier, est une œuvre majeure, hybride, qui rend hommage aux héros créés par Edgar P. Jacobs tout en convoquant des thématiques sociologiques, économiques et écologiques très actuelles. Un album magistral qui combine puissance narrative et perfection graphique.
Cela fera bientôt neuf ans que le premier titre des Éditions 2024, Les Derniers dinosaures de Didier de Calan et Donatien Mary, est sorti en librairie. Comme toujours, quand une ouverture se produit dans un territoire aussi saturé que celui de la bande dessinée, on est surpris, même si l’attente de l’inattendu est le propre des lecteurs, des regardeurs, des auditeurs – des veilleurs. Il convient alors de faire passer au plus vite la nouvelle pour que cette ouverture puisse devenir l’origine d’un nouveau monde.
Se (re)plonger dans King Kong de Christophe Blain et Michel Piquemal, c’est faire un beau voyage. Publié il y a quinze ans dans la collection « Les grandes aventures racontées aux enfants » chez Albin Michel, le livre reparaît aux éditions Robinson en 2019, auréolé d’une réputation de livre culte, au genre (presque) indéfinissable.
Actualité chargée pour les amateurs de F’Murrr, un an après sa disparition, le 10 avril 2018.
Écriture et lecture sont affaire de tempi – ces derniers variant selon ce que nous tenons en main (et ce qui nous trotte dans la tête). Ce n’est pas question de “genre”. Le diariste critique est en ce moment-même, comme toujours, sur plusieurs lectures ô combien différentes, à partir desquelles il s’est forgé le projet de tremper sa meilleure plume dans l’encre de Chine pour calligraphier quelques notes – plutôt interrogatives qu’affirmatives – à leur sujet.
Retissant il y a peu ici-même un lien trop souvent interrompu avec ce qu’on entend par “bande dessinée” – ces suites de dessins traversées par un ou plusieurs flux narratifs, parfois au bord d’une certaine forme d’abstraction, parfois au plus près de la représentation de ce qu’on se risque encore à nommer “réalité” –, je notais, un peu marri, qu’il m’était de plus en plus difficile d’entrer dans les derniers avatars des formes les plus conventionnelles du genre. D’où cette quête de singularité ; et ces détours aux postes d’observation à la frontière.
Si Enki Bilal n’a rien perdu de sa fascination pour les ruptures, le chaos n’intéresse pas l’auteur de la trilogie des éléments, de la tétralogie du monstre et réalisateur de Bunker Palace Hotel et Tykho Moon. Après le BUG initial paru en 2017 — premier tome d’un « cinq-shots » selon les mots de l’auteur rencontré vendredi dernier —, BUG 2 paraît aujourd’hui chez Casterman, promesse d’une série au long cours (en librairies et sur vos écrans).
Tôt le matin, à peine réveillé, dans le métro lignes 9 et 7, en route pour la Gare de l’Est où une petite bande d’experts, affublée de carnets et de stylos (et même d’un Nagra), est convoquée pour un voyage dit de presse.
Hors limites fête cette année ses dix ans. Véritable fête de la littérature et plus largement de la culture (cinéma, BD, musique, expositions), le festival installe écrivains, éditeurs, artistes et acteurs au cœur d’une trentaine de villes du 93 (librairies, médiathèques et bibliothèques, universités, musées et centres d’art) pendant une quinzaine de jours. Ouverture ce soir, à 19h30, par une rencontre au titre programmatique de l’ensemble des manifestations, « un monde à portée de main »
Après son Petit traité d’écologie sauvage où l’animisme des Jivaros d’Amazonie, adopté comme pensée dominante, pousse les membres du G20 à se réincarner en grèbes huppés (vous non plus vous ne savez pas ce que c’est?) et finir leurs jours barbotant dans une lagune, Alessandro Pignocchi vient investir notre jardin. La Cosmologie du futur tacle notre conception du monde environnant, de celui qu’on cherche à rejoindre les week-ends d’automne, et qu’on remarque fièrement sous nos pieds lorsque tombe de nos chaussures tapant le trottoir bitumé un pétale de boue sèche : la nature.
Au fond, il suffirait peut-être de tirer un trait sur telle ou telle addiction pour trouver enfin de nouvelles pistes d’exploration.
Ça sent l’humus et la campagne, la tourbe et les arbres, ça fleure la création, l’envie, ça respire l’humour et l’autodérision. Larssinet revient le 29 mars prochain avec Les Métamorphoses, tome 6 du Retour à la terre de Manu Larcenet et Jean-Yves Ferri.
Il y a cette étrange constatation, cueillie tel un fruit mûr au cours de ce qui devait être un songe éveillé : tu as acquis très jeune ce goût de la bande dessinée que tu es en train de perdre en vieillissant… Ce qui ne signifie pas que tu t’en détournes, bien au contraire.