Il arrive en retard. Et s’excuse deux ou trois fois : « Je déteste les retards, vraiment désolé. » Des hommes boivent des verres au comptoir et lisent la presse du jour ; il s’assied à notre table.
Auteur : Sarah Lefèvre
Les pigeons voyageurs, les missives, les télégrammes, les appels téléphoniques, les textos, WhatsApp, Instagram, Messenger : à mesure que les moyens de communication se perfectionnent, les relations se désubstantialisent.
Avec Une vie en l’air, Philippe Vasset publie son récit le plus personnel, et le plus touchant aussi : il y creuse l’espace d’une obsession fascinée et d’un magnétisme insolite pour les ruines d’un projet d’autorail, né de l’imagination de l’ingénieur Jean Bertin, et balafrant la Beauce depuis 1974.
kaspar de pierre (La lettre volée, 2017) est la réappropriation et revivification de la légende qu’est devenu Kaspar Hauser, l’enfant trouvé, mystérieusement arrivé en mai 1828 aux portes de Nuremberg après 17 ans de captivité. Il s’agit pour Laure Gauthier, comme elle l’explique dans l’entretien qui suit, de le recomposer en marge de la « biographie archivée pour conserver le mouvement d’écrire ».
La semaine dernière, le gouvernement israélien a condamné un poète à cinq mois de prison. Pour un poème.
Eroica s’inspire de la vie de Jean-Michel Basquiat, et pourtant on aurait tort d’y lire simplement la narration d’une vie d’artiste.
Carnets d’Avignon : deux spectacles in (Thyeste, mise en scène de Thomas Jolly et Pur présent, texte et mise en scène d’Olivier Py) et deux off (Une légère blessure et Une saison en enfer).
Des pièces qui se jouent encore ou en tournée dans toute la France à la rentrée.
Que l’on ne se méprenne pas avec le titre de ce livre : on n’y parle pas de la portion la plus pittoresque et la plus dangereuse du mythique sentier de grande randonnée GR 20 qui traverse la Corse du Nord au Sud, mais d’une métaphore de la vie politique en Corse, présente et future.
Battons le rappel derrière les buissons.
Le projet de Cases départ est original mais limpide. En 72 séquences – chacune d’elles, un poème indépendant –, Luc Dellisse retrouve, à force de concentration et d’imagination mélangées, quelque chose de ce qui lui reste de l’année 1967, la première où il avait l’impression d’être vraiment en vie (rappelons pour la petite histoire que l’auteur est né en 1953 ; son enfance a donc été longue et heureuse – mais ce n’est pas de cela qu’il s’agit en ces pages et les lecteurs des premiers romans de Luc Dellisse savent de quoi il retourne réellement).
Depuis les dernières élections en Italie et la formation de la coalition Ligue-M5S, l’expression « société ouverte » déjà remise en selle par Emmanuel Macron s’affirme plus que jamais comme un incontournable du discours informé et sentencieux. Les ondes de radio sont très propices à émettre des « nous sommes dans une société ouverte« , sans que le sens accordé au vocable par les intervenants soit vraiment stabilisé.
Elle est là qui parcourt neuf photographies de Morgan Reitz. Elle est la figure féminine jamais nommée qui parmi les neuf textes de Stéphane Bouquet contemple, habite, attend, espère une lettre ou la lit, désire, constate sa solitude et la difficulté de la rompre, avait/a/aura rendez-vous avec un homme, qui toujours se soustrait, comme le monde entre deux photographies.
De qui Nathaniel Rateliff est-il le nom ? À quelle énigme du genre doit-on se référer, à l’heure où paraît avec succès à travers l’hexagone l’incandescent et sublime Tearing at the Seams, son dernier opus riche en riffs rétros et magnétiques ?
Avec Genie et Paul, la romancière anglaise Natasha Soobramanien s’inscrit dans le champ littéraire mauricien, mais du dehors, au même titre que Bernardin de Saint-Pierre et J.M.G Le Clézio, et non du dedans, comme c’est le cas de sa traductrice, Nathacha Appanah, elle-même écrivaine mauricienne francophone.
Depuis Dans la tour, paru en 1984, Danielle Mémoire est l’auteur d’une vingtaine de livres publiés aux éditions P.O.L. En octobre 2017 a paru Les Auteurs. Lors de l’élaboration de ce livre, bien avant sa publication, Marie de Quatrebarbes et Maël Guesdon avaient rencontré Danielle Mémoire et s’étaient entretenus avec elle, entre autres, de ce livre en cours d’écriture. C’est cet entretien qui est retranscrit ici, où il est question, donc, d’écriture, d’auteurs et de personnages, de sexes et de genres, de bêtise, de théâtre, du mystérieux « corpus » ou encore de… socquettes.