Pierre est né à la ferme. La maternité, à cette époque, n’est pas encore ce lieu incontournable.
Auteur : Laurent Deglicourt
Une peinture. Un portrait plus exactement. Un portrait de toi que je m’étais mis en tête de réaliser.
Plusieurs fois, je l’avais surprise, elle nous couvait d’un œil protubérant ; Catherine, ses bijoux, sa dégaine de voyante extra-lucide, sa logorrhée et sa puérile obstination à séduire ; moi, mes vêtements chinés aux fripes, mes cheveux très courts, ma réserve un peu inquiétante.
Sous le titre Infinités, la silhouette d’une femme nue se fond avec une vue de l’espace, la spirale d’une nébuleuse déroulant un semblant de chevelure sur la tête, des cercles concentriques et leurs rayons évoquant les représentations scientifiques qui permettent de comprendre l’univers. L’illustration délicate d’Aurélien Police invite à découvrir ainsi le recueil de nouvelles d’une auteure indienne anglophone, un ensemble de textes rares à plus d’un titre.
Parvenu à cent – c’était convenu –, tu te retournes. La futaie est vide. Peu de bruits, des oiseaux discrets, des branches et des feuilles qui craquent sous tes pas. Et puis ce vent léger qui agite les cimes. Tu fouilles là où tu aurais eu l’idée de te cacher : derrière un buisson de ronces, sous de hautes fougères. Tu examines minutieusement chaque arbre.
Un après-midi.
Un temps pluvieux.
Je suis seul.
Cette série est comme un temps long, un moment de songe.
Un voilier parti sans bruit de nuit trace sans ciller une route droite depuis le port de Lisbonne ; il est poursuivi par des vedettes de policiers : personne sur le pont, l’arraisonnage échoue ; le Furtif fuit toujours, dépasse Madère, atteint les eaux internationales, maintient le cap au sud et l’on dépêche un hélicoptère pour observer ce que sur le bateau il peut se passer.
Vous allez au bord de la mer. Le plus souvent, c’est pour ramasser des moules, des coques et des vigneaux. Mais parfois, c’est pour que tu puisses te baigner. Entre la maison et le littoral, quatre kilomètres : uniquement de la descente à l’aller ; puis quatre autres kilomètres au retour, cette fois-ci en montée. Huit kilomètres (mais souvent plus), ajoutés aux soixante-quinze étés de Claire équivalent à une petite équipée.
Dans son précédent roman, Bordeaux la mémoire des pierres, Jean-Michel Devésa se focalisait sur la métropole aquitaine, où se déroulaient et s’entrechoquaient deux épisodes survenus en 1962 et en 2013. Le lecteur pouvait observer l’incroyable différence qui grésille entre deux événements éloignés dans le temps et qui pourtant se répètent. Cette fois-ci, presque tout se passe à Alger, dans une durée ramassée entre le 8 février 1960 et le 3 juillet 1962.
Facilité pour tes parents : te refourguer à ta grand-mère durant toutes les périodes de vacances ; sauf en hiver car sa maison du bord de mer n’est pas vraiment habitable quand le froid passe à l’offensive.
Tu n’as jamais supporté la mollesse des suspensions de la GS et encore moins l’effroyable odeur imprégnant l’habitacle, où se mêlent plastique et tabac froid.
Le titre du livre de Robert Colonna d’Istria attire notre attention sur deux éléments paradoxaux : la datation, 1200 ans de solitude, allusion évidente au roman de García Márquez, Cent ans de solitude (1967) qui raconte sur plusieurs générations, au long d’un siècle, l’histoire de la famille Buendía depuis la fondation du village de Macondo et le lien avec l’histoire d’une famille corse, et pas n’importe laquelle, puisqu’il s’agit de la famille Colonna d’Istria.
C‘est tous les jours à peu près le même trajet : cinq ou six kilomètres le long du chemin de halage puis retour ; après la journée au lycée, manière de te revivifier… Jusqu’alors, toute pratique sportive se résumait pour toi à un supplice inutile. Désormais, si un soir tu renonces, tu te sens coupable. Tu négliges souvent le repas du midi. Les heures qui suivent, tu as faim et la tête te tourne un peu. Ce sont des sensations inédites, une promesse de liberté.
J‘écris à la verticale comme sur un monument aux morts
(Joël Baqué, La mer c’est rien du tout).
Les immeubles n’avaient pas changé, ni la largeur des trottoirs, mais à cette époque la lumière était différente et quelque chose d’autre flottait dans l’air… (Patrick Modiano, Rue des Boutiques Obscures).
Entre l’intervention en Syrie, les mouvements des cheminots, des étudiants et des professions de justice, on ne s’étonnera pas du peu d’échos provoqué par une manifestation de professeurs de Sciences Économiques et Sociales. Les slogans scandés sous les fenêtres du Ministre de l’Éducation auront à peine été relayés par la presse, tout au mieux attentive à la volonté de « réécrire les programmes ».