
Situation 1
Dans un carton on prend un cutter pour découper une rosace sur l’une des faces du carton, pour ainsi échapper à la prison du dedans du carton. C’est un grand carton, le dessin fait apparaître des yeux lourds et inégaux et irréguliers (car les paupières sont faites des bords mal taillés du carton, et ça ressemble à des cils irréguliers)
Auteur : Vincent Vivès
Là où nous en sommes, le C’est ainsi, par où l’ordre capitaliste se fait passer pour l’intérêt général, promet de finir comme la maison Usher : écroulé. Les joints imaginaires ont tous été grattés, la direction générale du corps social apparait pour ce qu’elle est : une furie d’exploitation qui nous tient en joue.
Avec La Belle de Casa, paru en 2018 et désormais disponible en poche, In Koli Jean Bofane signe son cinquième roman. Y est brossé le portrait de personnages très divers qui évoluent dans une mégapole effervescente, livrés à eux-mêmes et au vent chaud du Chergui. Différents récits s’entremêlent autour du personnage d’Ichrak, dont celui d’une mort que le lecteur apprend dès les premières lignes, et qui est l’élément déclencheur et le fil rouge du roman.
La première chose que je voudrais affirmer, bien que cela puisse paraître quelque peu conventionnel, est que Des empires sous la terre de Mohamed Amer Meziane est un livre très important. Il est impressionnant d’érudition et de savoir mais aussi d’élan, de force et d’engagement. C’est un travail considérable qui ne veut pas se contenter d’assembler des connaissances, de raffiner des concepts, mais qui entend défendre une thèse et ouvre ainsi une discussion. Cette discussion a déjà commencé, en France et aux États-Unis, et elle va continuer*. Ce livre est impressionnant, il est provocant dans le meilleur sens du terme mais il est aussi, de mon point de vue, discutable et problématique. Les lecteurs comprendront que, pour moi, cette catégorie n’est pas une catégorie restrictive mais bien affirmative. Être problématique est ce qui est appelé par un travail véritablement philosophique. Un travail philosophique ne règle pas une question une fois pour toutes, au contraire il donne le moyen de refonder et de déplacer des problèmes.
Tester la capacité de résistance d’un peuple à une loi explicitement injuste : tel est le véritable objectif de la réforme des retraites. Car, économiquement, rien ne la justifie, comme l’expliquait dans son dernier rapport le Conseil d’Orientation des retraites.
La beauté est-elle compatible avec le désastre ? Le désir esthétique peut-il englober le constat de la catastrophe ?
Car même si j’errais pas après pas
par Holzwege déteignant en mille séries…
Le Galaté au Bois, p. 113
Dans Le Galaté au Bois, Zanzotto mobilise à plusieurs reprises le mot allemand Holzwege, que l’on peut traduire (il a donné son titre à un célèbre recueil d’articles de Heidegger) par « chemins qui ne mènent nulle part ».
J’en trace modestement trois dans ce livre magnifiquement édité par la Barque.
Comme Le Balcon en forêt de Julien Gracq, jadis également publié aux éditions Corti, L’école de la forêt de Carla Demierre met en scène un fragile et précaire repli face aux tourments du monde. Si la menace est présentée comme externe chez Gracq, car de nature historique et guerrière, elle semble au contraire se loger au cœur même de la société chez Carla Demierre – ou du moins de la micro-société au cœur du roman qui, a bien des égards, semble avoir une fonction métonymique.
Peut-on écrire un livre malgré soi ? Le premier livre de Stéphanie Garzanti, Petite Nature, semble permettre de répondre par l’affirmative. Écrits majoritairement au sein d’un atelier d’écriture, les textes réunis dans ce livre-prisme aux teintes affectives variées, mettent en avant l’art du montage par lequel le travail d’écriture devient livre.
« Littérature qui sent les dessous de bras »… « Cette femme qui n’est que sens ! »… « Une plume d’étable »… « Un style de brocanteuse »… Un siècle plus tard, en 2023, ces propos, pour la plupart masculins, condamnant l’art de Colette ne semblent plus d’actualité. À moins que… La dénonciation aurait-elle simplement changé de contours ? Le 150e anniversaire de la naissance de l’écrivaine n’empêche pas une ancienne prix Goncourt d’y aller récemment de sa petite sortie, trouvant l’écriture de Colette, avec le recul, « emberlificotée et vaine ».
Wajdi Mouawad convoque un grand nombre de « compagnons » – tels Sophocle, Novalis, Goethe, Hölderlin, Kafka, Lautréamont, Beckett, Tchekhov, Ponge, Pessoa, etc. – dont des fragments ont guidé ses pas comme auteur, acteur et metteur en scène.
Diacritik poursuit sa série critique « Peintures d’expo » en compagnie de Siryne Z. qui, cette semaine, fait le bilan en peinture de l’exposition au Louvre : « Les Choses : une histoire de la nature morte » qui s’est achevée fin janvier.
Publiquement né en 1924 avec le manifeste d’André Breton, le Surréalisme n’en finit pas de fasciner depuis près d’un siècle.
Le titre de l’essai de Pierre Jakob est inspiré d’une citation de Kafka rappelée en exergue : « Il suffit que les flèches soient à la mesure des plaies qu’elles ont faites ». Cet élan aphoristique entre en tension féconde avec le sous-titre plus propice au traité : « Essai d’une métapsychologie de l’écoute ».
« Quelque grief qu’on ait contre le mariage, on ne saurait lui refuser d’être une expérience. » Oscar Wilde
65 rue du Faubourg-Saint-Honoré, à deux pas du palais de l’Élysée, Loris Azzaro établit en 1970 sa boutique-atelier. Le styliste sicilien né à Tunis, célèbre pour ses robes, mix de la sensualité méditerranéenne et du chic parisien, habille pour le soir Claudia Cardinale, Raquel Welch, Jane Birkin, Marisa Berenson, Dalida, Romy Schneider et… Sheila. Mince, musclée, tout en jambes, elle chante chez Guy Lux en combinaison pailletée bleu électrique style Avenger, danse chez les Carpentier en robes de jersey de soie vert jade ou rose shocking qui fluidifient ses déhanchements. Sur son site officiel, l’idole yéyé publie un livre de ses tenues de scène, soit 60 ans de show mode.