Guerres, conflits et révoltes, attentats, répressions et atrocités, manifestations, contestations et dissensions, crises en tous genres, exaspération généralisée et aggravée, absence ou perte d’êtres chers et cœurs brisés de maintes façons… ça gronde et pas uniquement du côté des êtres humains, mais également dans les entrailles de la terre.
Auteur : Laëtitia Baltz
Autofiction est un néologisme qui me séduisit. Il sentait le structuralisme, l’art contemporain, et puis les auteurs qui me marquaient écrivaient dans cette veine, disait-on. Mais, quelque chose me heurtait. Si j’appréciais que s’avouât la difficulté de se dire sans s’imaginer ou s’inventer – si, mieux, flottait l’idée qu’une vérité de soi eût la qualité d’un fantasme ou d’un fantôme, le mot « autofiction » ramenait l’intime à du fictif créé ex-nihilo.
Si une mise à jour de l’Anthologie de l’humour noir d’André Breton devait se publier, une chose est sûre, A l’ennemi qui ne m’a pas laissé le temps de le tuer, que l’on doit aux Éditions Moires, y figurerait en tête.
Au cœur d’Une écologie décoloniale, récemment publié au Seuil dans la collection « Anthropocène » et lauréat 2019 du prix de la FEP (Fondation de l’Écologie Politique), un problème dont Malcom Ferdinand emprunte la formule à Hannah Arendt : comment “faire monde”.
Dans le prolongement du riche Banquet d’automne de Lagrasse, Yves Ravey a accepté pour Diacritik, partenaire de l’événement, de revenir sur le très bel échange qu’il avait eu avec Paul Audi sur leurs œuvres respectives à partir de cinq questions.
Les lecteurs fidèles de Jean-Noël Pancrazi savent depuis longtemps combien son enfance en Algérie, dans les années 50, l’a marqué et a nourri une grande partie de ses textes.
Après Comme si quelque (Comp’Act, 2006) et Icare crie dans un ciel de craie (Belin, 2007), Martin Rueff n’avait plus publié de livre de poésie. Il faut par conséquent saluer ce retour, ou ce recours de nouveau au poème avec La jonction (Nous, 2019).
La toute première vidéo mise en ligne sur Youtube (Me at the Zoo) a déjà été mille fois commentée et recommentée. Jawed Karim, l’un des cofondateurs de la plateforme nous apparaît face caméra devant la cage d’un éléphant. Il constate simplement que l’animal a une longue trompe et qu’il n’y a pas grand’ chose de plus à dire.
Jean Narboni a créé les éditions des Cahiers du cinéma à la fin des années 1970, après avoir été le rédacteur en chef de la revue à la fin des années 1960 et au début des années 1970. En 1981, dans la collection Cahiers du cinéma / Gallimard qu’il dirigeait, il a publié Souvenirs Ecran, qui recueille une sélection des textes que Claude Ollier a consacrés au cinéma. Il s’entretient avec Emmanuel Burdeau, lui-même ancien rédacteur en chef des Cahiers, et qui partage sa vive admiration pour l’œuvre critique d’Ollier.
C’est la nuit. Sous les néons au loin, une plage. Un homme chante, M chante. Et sa complainte yiddish nous déchire, s’accroche au ressac, à la nuit de Tel Aviv, indifférente.
Pamela Adlon, connue généralement pour son rôle de Marcy Runkle dans la série Californication, est de retour pour une saison 3 de l’hilarante Better Things, série qu’elle écrit et réalise pour FX et diffusée en France chaque samedi sur Canal+.
Le Murmure du monde de Lambert Schlechter, dont voici la huitième livraison, est une forme continue qui n’a de cesse de s’épanouir, d’exprimer avec tendresse et vigueur le quotidien, la joie, le chagrin inévitable, le désir « sans cesse recommencé » (Parasols, p. 36). Soigneusement édités par Guy Binsfeld (Luxembourg), ces Parasols de Jaurès ont pour particularité de proposer, pour chaque page, un fac-similé.
Lorsque la poésie et les photos se mettent à discuter entre elles, même très poliment, quel rôle le spectateur/lecteur joue-t-il ? De quelle manière est-il impliqué ? Selon quelles modalités ? Quel sens doit-il privilégier ? Ne doit-il pas paradoxalement essayer d’avoir les yeux à l’écoute, et ainsi être capable d’être rivé à l’échange qui se tisse de la poésie à la photo ? C’est ce que réclame La Lecture de Jan Baetens, accompagnée des photographies de Milan Chlumsky.
Il y en a déjà eu, des films de sous-marins – où toute l’intrigue est centrée sur ces merveilles de technologie, fascinantes et mal connues pour les non-initiés, de la marine militaire. Mais celui-là, sous ses airs de « fleuron du cinéma national » (casting prestigieux, gros budget, post-production hollywoodienne dans les studios de George Lucas), ne ressemble à aucun autre.
« Que l’on considère donc ce journal comme le lieu de la confession ; j’y exprime tout ce qui m’habite, tout ce qui me préoccupe, tout ce dont, d’une façon ou d’une autre, je sens l’urgence de me libérer. » Ainsi Curzio Malaparte, en s’inscrivant dans la tradition littéraire des confessions, instaure le pacte de lecture de son journal dans un fragment inaugural intitulé « Sens interdit ».