Autofiction est un néologisme qui me séduisit. Il sentait le structuralisme, l’art contemporain, et puis les auteurs qui me marquaient écrivaient dans cette veine, disait-on. Mais, quelque chose me heurtait. Si j’appréciais que s’avouât la difficulté de se dire sans s’imaginer ou s’inventer – si, mieux, flottait l’idée qu’une vérité de soi eût la qualité d’un fantasme ou d’un fantôme, le mot « autofiction » ramenait l’intime à du fictif créé ex-nihilo.

Jean Narboni a créé les éditions des Cahiers du cinéma à la fin des années 1970, après avoir été le rédacteur en chef de la revue à la fin des années 1960 et au début des années 1970. En 1981, dans la collection Cahiers du cinéma / Gallimard qu’il dirigeait, il a publié Souvenirs Ecran, qui recueille une sélection des textes que Claude Ollier a consacrés au cinéma. Il s’entretient avec Emmanuel Burdeau, lui-même ancien rédacteur en chef des Cahiers, et qui partage sa vive admiration pour l’œuvre critique d’Ollier.

Le Murmure du monde de Lambert Schlechter, dont voici la huitième livraison, est une forme continue qui n’a de cesse de s’épanouir, d’exprimer avec tendresse et vigueur le quotidien, la joie, le chagrin inévitable, le désir « sans cesse recommencé » (Parasols, p. 36). Soigneusement édités par Guy Binsfeld (Luxembourg), ces Parasols de Jaurès ont pour particularité de proposer, pour chaque page, un fac-similé.

Lorsque la poésie et les photos se mettent à discuter entre elles, même très poliment, quel rôle le spectateur/lecteur joue-t-il ? De quelle manière est-il impliqué ? Selon quelles modalités ? Quel sens doit-il privilégier ? Ne doit-il pas paradoxalement essayer d’avoir les yeux à l’écoute, et ainsi être capable d’être rivé à l’échange qui se tisse de la poésie à la photo ? C’est ce que réclame La Lecture de Jan Baetens, accompagnée des photographies de Milan Chlumsky. 

Il y en a déjà eu, des films de sous-marins – où toute l’intrigue est centrée sur ces merveilles de technologie, fascinantes et mal connues pour les non-initiés, de la marine militaire. Mais celui-là, sous ses airs de « fleuron du cinéma national » (casting prestigieux, gros budget, post-production hollywoodienne dans les studios de George Lucas), ne ressemble à aucun autre.

« Que l’on considère donc ce journal comme le lieu de la confession ; j’y exprime tout ce qui m’habite, tout ce qui me préoccupe, tout ce dont, d’une façon ou d’une autre, je sens l’urgence de me libérer. » Ainsi Curzio Malaparte, en s’inscrivant dans la tradition littéraire des confessions, instaure le pacte de lecture de son journal dans un fragment inaugural intitulé « Sens interdit ».