Je pense à la phrase de Paul : « j’ai envie d’être un mec mieux que bien ». Je ne peux m’empêcher de sourire (intérieurement, cela-dit, pour ne pas le blesser). Qu’est-ce que c’est que cet aphorisme fatigué ? D’où lui est venue cette fulgurance sans relief ? Alors qu’il m’a jeté à la figure ses considérations déchirantes à grands renforts de figures de styles aplaties et de métaphores puissamment faibles sur notre âge commun, j’en viens à me demander soudain ce qui nous lie. Des traits de caractère semblables ? Des goûts similaires ?

Paul et moi avions décidé de nous retrouver en plein cœur de Paris, non loin de chez moi, dans ce bar où nous avions déjà passé une ou deux soirées à regarder des retransmissions sportives que nous aurions pu voir à domicile si nos épouses respectives avaient aimé le rugby féminin ou le Lingerie Bowl. Il m’avait appelé la veille, me proposant d’aller boire un verre. Pourquoi ? Pourquoi pas. C’était une raison suffisante. J’ai accepté.

Loin d’être une caricature mal nourrie surfant sur la vague d’une actualité récente, Le Journal du Off des journalistes Frédéric Gerschel et Renaud Saint-Cricq et du dessinateur James est bien au contraire une chronique graphique éclairée du monde politique français, « dans les coulisses d’une campagne présidentielle folle » comme le suggère le sous-titre de ce récit glaçant de réalisme. Et si Le Journal du Off est une oeuvre de fiction (tout en révélant des anecdotes et des conversations bien réelles), tout dans cette histoire est vrai, puisque c’est éventé.

Côté Off, du 1er au 30 juin, pas moins de 50 événements dédiés au 9ème art dans plus de 40 lieux dans toute la vile. Côté In, le Festival connaît son point d’orgue dans la capitale des Gaules le samedi 10 et le dimanche 11 juin. Avec 235 auteurs présents, des animations des expos, des masterclass et des rencontres, pour sa 12è édition, Lyon BD entend une fois de plus croiser les genres et (re)donner du sens aux mots foisonnement et décloisonnement.

Les amours adolescentes de Bastien Vivès ont une grâce empreinte d’une gravité légère, à des lieues de ses dernières réalisations. Et pour cause : l’auteur du Goût du chlore, de Polina, d’Elle(s) et Dans mes yeux, a délaissé les rings virils et futuristes de Last Man pour réinvestir le champ intime des amours de jeunesse. Itinéraire d’un ravissement graphique et narratif.

Le Bureau des Légendes revient pour une troisième saison et mérite plus que jamais son surnom d’Homeland à la française, même si les premiers épisodes diffusés ce lundi 22 mai sur Canal Plus tendraient à montrer qu’il s’agirait plutôt d’un « outland » puisque l’action se situe majoritairement hors de l’hexagone comme celle son aînée à l’aube de la saison 4.

Mai 2017, la démocratie est malmenée par la politique politicienne. La démocratie, ce concept vieillot que l’on piétine allègrement depuis des mois et des années sans que personne ne trouve à y redire. La démocratie, ce bien commun que l’on devrait chérir et protéger plutôt que le maltraiter est aujourd’hui la première victime du débat public. Au premier rang des agresseurs : les mots. Ceux du Front National, de ses soutiens et de sa candidate présente au second tour de l’élection présidentielle.

Épopée, geste fantasmagorique, conte humaniste, Guirlanda de Kramsky et Mattotti emprunte mille chemins dans un seul but : célébrer l’amour, la tolérance et la différence, l’espoir et la beauté. Entretien avec le dessinateur, peintre et illustrateur Lorenzo Mattotti. Où l’on apprend que le temps a été son allié, que Jerry Kramsky est un formidable metteur en mots et que la plume alerte de Mattotti peut se faire (un peu) politique.