Depuis des temps immémoriaux, la Tunisie, ce grand petit pays, le seul du monde arabe à n’avoir pas réduit à rien ou transformé en guerre la vague révolutionnaire née en janvier 2011 sur son sol, s’est fait une spécialité… de ses femmes. Coïncidence ? Des femmes parfois insoumises, voire rebelles. Et assoiffées de liberté – bien avant que ne soit proclamé, en 1957, sous la présidence d’Habib Bourguiba, le fameux Code du statut personnel, qui fait des Tunisiennes, contre vents et marées, les moins discriminées du monde arabo-musulman. Trois livres en témoignent, signés Sophie Bessis, Michèle Lesbre et Saber Mansouri.

Avec les treize tomes de la série Bonne nuit Punpun, Inio Asano propose une histoire qui prend son temps. Le tour de force de la narration réside ici dans le fait que la quasi-totalité de l’expression orale du personnage principal nous est soustraite. Et il est difficile de s’être préparé mentalement à la descente aux enfers que traverse Punpun, si inconscient et si vif d’esprit.

Vendredi dernier, 10 février 2017, a eu lieu la première soirée Diacritik / Atout Livre, organisée conjointement par Johan Faerber et David Rey : le premier invité et parrain naturel en était Camille de Toledo qui a longuement évoqué pour le public présent son dernier roman, Le Livre de la faim et de la soif (Gallimard), mais aussi son rapport à la fiction, au monde, à l’écriture. Diacritik vous propose de revivre cette rencontre animée par Johan Faerber, via une captation vidéo de la soirée et une série de photographies signées Jean-Philippe Cazier.

Écrire de la poésie après Trump est barbare (pour paraphraser un aphorisme souvent cité et que l’on éprouve si profondément, même si certains prétendent que nous ne le comprenons pas encore bien). Theodor Adorno, philosophe et théoricien de la culture allemand, a un jour fait cette remarque célèbre : « Écrire un poème après Auschwitz est barbare ».

« On ne s’absout pas de ces péchés dans une église, on le fait dans la rue, le reste ne vaut rien, et je le sais ! », déclarait Harvey Keitel au début du Mean Street de Martin Scorsese, cinéaste ayant toujours mis la foi et le mystère au cœur de son œuvre. Il aura fallu des années au cinéaste pour réussir à monter l’un des projets qui lui tenait le plus à cœur : Silence, magistral film sur la foi et le doute.

« Un jour, entre les hommes et nous qui sommes stellaires, il y a eu rencontre » : il est difficile de parler en quelques phrases du magnifique second roman de Vincent Message, Défaite des maîtres et possesseurs, qui vient de sortir en poche chez Points, sinon via cette phrase, présente deux fois dans le cours du livre, mettant l’accent sur sa dimension de fable.