Vincent Message
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« Un jour, entre les hommes et nous qui sommes stellaires, il y a eu rencontre » : il est difficile de parler en quelques phrases du magnifique second roman de Vincent Message, Défaite des maîtres et possesseurs, qui vient de sortir en poche chez Points, sinon via cette phrase, présente deux fois dans le cours du livre, mettant l’accent sur sa dimension de fable. Et fable, cette Défaite l’est, même si les animaux qui en partie la composent n’ont pas la place qui leur est traditionnellement réservée ; même si le livre tend aussi vers la dystopie ; même si son intrigue ne peut être résumée en quelques traits (c’est le cas de tous les grands romans), pour ne pas mettre à mal sa montée en puissance, ce crescendo vers la révélation d’une inconnue qui porte la lecture comme son sens.
A l’occasion de cette sortie en poche, Diacritik republie l’article que Johan Faerber avait écrit sur le roman, suivi de l’entretien que Vincent Message avait donné à Christine Marcandier.

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« L’homme est une maladie mortelle de l’animal » déclarait Alexandre Kojève dans un élan hégélien dont il portait en lui l’exigeante intimité afin de témoigner de ce qu’est devenu l’homme dans une histoire terriblement inexorable et achevée, afin de définir ce qui reste d’humain, après que, hagards de triomphe, les hommes ont consumé leur noir temps d’histoire sur terre : afin de dire combien, au crépuscule aride de notre temps, l’homme est l’espèce négative du vivant. Nul doute aucun qu’une telle sentence qui installe le conflit entre l’humanité et l’animalité de l’homme comme le conflit politique premier de tout être pourrait rigoureusement figurer en exergue parfait à Défaite des maîtres et possesseurs, second roman d’une vive beauté de Vincent Message, paru cette rentrée d’hiver au Seuil.

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« Un jour, entre les hommes et nous qui sommes stellaires, il y a eu rencontre » : il est difficile de parler en quelques phrases du magnifique second roman de Vincent Message, Défaite des maîtres et possesseurs sinon via cette phrase, présente deux fois dans le cours du livre, mettant l’accent sur sa dimension de fable.

Et fable, cette Défaite l’est, même si les animaux qui en partie la composent n’ont pas la place qui leur est traditionnellement réservée ; même si le livre tend aussi vers la dystopie ; même si son intrigue ne peut être résumée en quelques traits (c’est le cas de tous les grands romans), pour ne pas mettre à mal sa montée en puissance, ce crescendo vers la révélation d’une inconnue qui porte la lecture comme son sens. Disons simplement que dans un futur proche, dans un monde qui n’est plus tout à fait le nôtre, qui serait celui que nos erreurs et aveuglements ont construit, Iris, « sans papiers », attend de pouvoir être opérée, après un accident. Malo Claeyes tente tout pour régulariser sa situation, alors même que leur vie commune relève de l’interdit, de la clandestinité, que Malo a « transgressé la loi de séparation » entre deux « catégories d’êtres ».