Deux ans après Tu n’auras pas d’autre dieu que moi, Joann Sfar revient avec La Tour de Bab-El-Oued à paraître le 17 novembre. Une nouvelle « aventure » de son personnage fétiche, chat parlant, avatar de l’auteur qui s’interroge et questionne le monde sur la religiosité du monde, sur le besoin de sacré, sur la nécessité des dieux. Un nouvel album forcément en résonance avec l’actualité récente : migrants, laïcité, quête de réponses, intolérance et espoir d’un monde plus pacifique.

Après six romans, un Pulitzer et un Pen-Faulkner Award, Michael Cunningham a surpris en publiant un recueil de contes, Ils vécurent heureux, eurent beaucoup d’enfants et puisEt puis le pire arrive, mais aussi la littérature qui, toujours, s’articule sur l’adversatif.
Diacritik avait rencontré l’écrivain au Salon du livre lors de la parution du recueil en grand format chez Belfond. Flashback, alors que paraît le volume en poche chez 10/18.

En ces semaines où les prix littéraires d’automne consacrent des livres tout juste parus, mettant en lumière des textes qui demeureront (L’Ordre du jour d’Eric Vuillard) et d’autres plus éphémères, il serait utile de revenir sur des aventures éditoriales au long cours, de celles qui marquent durablement le paysage de leur empreinte singulière : ainsi Tristram, maison d’édition qui fête cette année ses trente années d’existence, dans une forme tout autant insurrectionnelle qu’anthologique (mais la maison aime les paradoxes et la littérature lui est sport de combat), avec la publication d’une Association de malfaiteurs.

C’est fort loin l’Atlantique Nord et, de fait, tout le monde a sans doute déjà oublié que le 7 août 2016, une plate-forme pétrolière s’est mise à dériver pour aller s’écraser contre les rochers de la superbe baie de Dalmore, au nord de l’Écosse. Elle n’a pas dérivé seule, de son propre chef. Les entreprises d’exploitation du pétrole offshore avaient donc décidé qu’elle avait fini sa carrière (trente-trois ans, un chiffre hautement symbolique) et elle devait être remorquée jusqu’aux chantiers navals chargés de sa destruction et situés…à Malte, ce qui tombe sous le sens ! Soit un périple de 1.850 kilomètres, symbole de la folie furieuse des humains — enfin de certains, présumés tels — lorsqu’il s’agit de logique et de préservation de l’environnement.

« The truth is never far behind » : le tube de Madonna, parmi ceux qu’entonne Jonathan Capdevielle dans la longue ouverture de son spectacle, jean et sweat informes, canette de soda à la main, pourrait en dire l’objet. Dire une vérité, jamais frontalement, ou dans une frontalité d’autant plus sidérante pour le spectateur qu’elle s’énonce dans un croisement de chansons, de mots dont il doit lui-même, pour une part, reconstruire le sens. Quelque chose pèse sur ce medley d’un adolescent paumé des années 90, un secret, une violence et/ou une quête identitaire, on imagine le pire, il ne sera jamais loin derrière, comme la vérité.

Le titre du livre de Natacha Michel, Sortie de route – romans rapides, peut signifier comme une libération, un écart hors du connu, de l’attendu. Il peut aussi se lire comme l’expression d’un accident, un dérapage vers la mort. Un exercice ou un essai hors de la lenteur habituelle de l’écriture, hors du temps long de l’écriture habituelle, en même temps que le voisinage de la mort, d’une forme de mort. S’il s’agit ici d’accélérer le temps de l’écriture et du texte, c’est parce que cette accélération est nécessaire à l’abord de la mort qui hante l’écrit et qui est une mort particulière : la mort vivante de la vie.

Comme chacun le sait désormais, à la notable exception de celles et ceux qui ont choisi d’habiter les Galapagos, une faute de goût car la connexion y est incertaine pour lire Diacritik, Olivier Guez a obtenu avec le prix Renaudot 2017, une récompense et une lumière amplement méritées pour son remarquable roman La disparition de Josef Mengele.

« Récit personnel » annonce un avertissement liminaire : The Red Parts de Maggie Nelson, d’abord paru en 2007, avec adjonction d’une préface inédite en 2012, paraît en français en cette rentrée, aux éditions du sous-sol, dans une très belle traduction de Julia Deck.

Quand j’étais enfant, alors que je ne savais qu’à peine lire, je me ruais sur tous les livres que je pouvais trouver pour y découvrir ce je ne sais quoi, non d’éclairant, et encore moins d’éducatif, qui, bien que composé de rien d’autre que de mots, s’avérerait aussi jouissif que les histoires de Tintin ou de Spirou.