Peut-être l’œuvre d’Eiríkur Örn Norđdahl est-elle tout entière centrée sur la notion de temps, indissociable d’une entreprise romanesque, bien sûr, ici élevée en prisme de toute saisie du monde, des hommes et du rapport entre le premier et les seconds.
réseaux sociaux
L’ancien suppléant de François Fillon, mis en examen pour détournement de fonds publics dément avoir proposé à Bruxelles la suppression du droit d’auteur. Le candidat à l’élection présidentielle ne se reconnait pas dans ce rapport.
« Fabuleuse Angot », « Abjecte Angot » : tels étaient les deux expressions qui, hier soir, porté d’enthousiasme ou de détestation, ont couru sur les réseaux sociaux (le lieu du canapé télévisuel) pour venir qualifier tour à tour sinon parfois conjointement le débat ou plutôt l’attaque de Christine Angot devant François Fillon sur France 2. Peut-être plus que la prestation tantôt spectaculaire tantôt minable pour certains, tantôt littérature pour les uns, tantôt mortifère pour les autres, il s’agit sans doute de revenir sur ces réactions mêmes qui, plus qu’Angot elle-même, disent dans quel état nous sommes et dans quel état la télévision quand elle se veut politique nous met.
Pour tout dire, dans l’hémicycle européen, personne ne s’y attendait. Le rapporteur de la commission culture du Parlement qui a adopté une proposition de directive réformant le droit d’auteur a rédigé des amendements qui vont à contre courant de la position française exprimée depuis des années aussi bien par la majorité que par l’opposition. Marc Joulaud veut étendre le champ d’exclusions du droit d’auteur afin de le soustraire à toute régulation.
Mais quelle mouche a donc piqué Diacritik de publier dans la nuit de samedi à dimanche (à minuit trente, pour être précis), un article signé Johan Faerber, révélant que Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon s’étaient longuement vus, la veille, au Moai Bleu, restaurant chilien en plein Paris ? Retour sur le premier scoop d’un jeune journal culturel, fondé en septembre 2015, et explications sous forme de notes à la volée, pour répondre à quelques commentaires.
La pratique du réseautage social est riche d’enseignements (parfois jusqu’à la lie) et l’importance prise par les Facebook, Twitter, Instagram et autres Snapchat, Linkedin et plus récemment Litsy dans la vie de tous les jours n’est plus à démontrer. Mais ces derniers temps, avec la montée en puissance de la compétition entre les majors et l’émergence de nouveaux médiums… les réseaux sociaux vivent une mutation sournoise peu exempte de reproches.
Dans la nuit du 14 au 15 juillet 2016, l’histoire retiendra-t-elle que nombre de caps indignes ont été franchis dans la couverture journalistique de l’attentat perpétré à Nice ? Passe encore que les chaînes de hard news se répandent en conjectures pour occuper le temps médiatique, qu’elles diffusent sans filtre des photos, des vidéos, des témoignages audio de citoyens, de victimes ou de rescapés, on pourrait malheureusement dire que l’on commence presque à s’y habituer : attendre de la retenue de la part de certaines rédactions c’est un peu comme demander à un homme politique de s’abstenir de tout commentaire à chaud qui servira ses intérêts propres plutôt que le bien commun.
New York le 11 septembre 2001, Paris les 7 janvier et 13 novembre 2015, Bruxelles le 26 mars 2016, Orlando, Istanbul… Des dates et des lieux qui ont plusieurs choses en commun. L’horreur bien sûr en premier. Mais également (et plus insidieusement) une sur-médiatisation liée à la révolution numérique.
Euro 2016, Rodho pose la bonne question : faut-il être pour ou contre les fous de balles ?
Jonathan Franzen l’écrivait en 1996 déjà, dans Perchance to Dream, un article publié dans le Harper’s : « Nous vivons dans une culture fortement binaire.»
Autrefois — « Quand tu penses qu’autrefois c’était hier » (Claro) —, les archives de nos vies étaient personnelles (photographies, journaux intimes, transmissions de récits) ou plus collectives, quand artistes et écrivains s’en emparaient. Aujourd’hui, toutes les vies sont surveillées, archivées, quasi en temps réel, via réseaux sociaux, traçages d’algorithmes et espionnage de masse.
« J’ai une maladie, je vois le langage ».
L’affection est partagée, et se répand sur Internet comme un virus : taper « Graffiti » dans le moteur de recherche de FlickR ou d’Instagram, ces plateformes de partage de photos sur le Net, c’est risquer la surchauffe du système, l’incendie du hashtag, tant sont nombreux les groupes constitués autour de ce centre d’intérêt. Pourquoi l’univers numérique, dont on se plaît constamment à décrire l’immatérialité supposée, recueille-t-il avec tant de soin, cette écriture à même les murs que sont les graffiti ?
Près de 170 ans après avoir célébré comme une conquête ouvrière le droit au travail, c’est-à-dire la permission d’être exploité, voilà que maintenant d’autres battent le pavé pour défendre leur emploi. Les lois qui s’ajoutent au fur et à mesure des années ne font que bâtir sur ce fait économique premier, dont personne en réalité ne s’accommode : il n’y a rien de plus universellement dégradant que d’être employé.

Rodho est illustrateur et dessinateur de presse. Son dessin fin, travaillé et expressif et son humour à froid font merveille quand il s’agit de dézinguer l’actu la plus brûlante. En cette semaine d’ouverture du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême, il porte son regard acéré sur la condition de dessinateur…