Alors que, après des mois de non-gestion d’un ministre plus occupé à soigner quelques syndicats lycéens à sa botte, la situation sanitaire dans les écoles et les lycées est calamiteuse et qu’elle ne cesse de s’aggraver en France, alors que les conditions d’apprentissage sont rendues désastreuses par l’absence de moyens et de protocole sanitaire digne de ce nom, la priorité du rectorat et du ministre semble être aujourd’hui de faire repasser aux élèves de Terminale les épreuves de la classe de Première dites E3C1 qu’ils avaient largement refusés l’année dernière, dénonçant  par leurs manifestations l’injustice d’un bac au rabais. Cela concerne la grande majorité des élèves de terminale du lycée Mozart du Blanc-Mesnil et près de 2000 élèves sur l’académie de Créteil.

Ce n’est pas le genre et encore moins l’ambition de Diacritik de juger un livre à sa couverture, un album à sa pochette ou la politique sanitaire française à l’aune des déclarations de Jean-Michel Blanquer sur le taux de transmission du coronavirus dans les salles de classes. C’est donc pour cette raison que j’ai loué Songbird en VOD plutôt que d’en rester à spéculer sur l’intrigante bande annonce diffusée en octobre dernier. Et comme je suis très généreux, je vais vous raconter par le menu ce moyennement long métrage estampillé « premier film écrit et tourné pendant l’actuelle épidémie de coronavirus ». Ne me remerciez pas, ça me fait plaisir.

Nous, enseignants du lycée Mozart du Blanc-Mesnil avons pris connaissance lors de la pré-rentrée des enseignants des conditions dans lesquelles va s’effectuer la rentrée effective dès le lundi 7 septembre dans notre lycée. Alors même que notre département est désormais classé en zone de circulation active du virus et de vulnérabilité élevée, aucune mesure sérieuse n’est prise pour empêcher la propagation du virus contrairement à ce que le gouvernement affirme.

Incisif, percutant et indispensable : tels sont les mots qui viennent à l’esprit à la lecture du Manifeste pour une psychiatrie artisanale d’Emmanuel Venet qui vient de paraître chez Verdier. Si on connaît Emmanuel Venet pour ses superbes Rien et Marcher droit, tourner en rond, on le sait aussi psychiatre et c’est à ce titre qu’il prend dans cet essai la parole pour dresser un impitoyable constat sur la politique publique de soins psychiatrique. Le pouvoir l’abandonne pour privilégier une psychiatrie industrielle, numérisable et inégalitaire. Diacritik est parti à la rencontre du psychiatre le temps d’un grand entretien autour de cet essai énergique, l’un des plus importants de cette année.

S’il n’y a qu’un seul texte à lire sur la pandémie, c’est bel et bien le remarquable Changer le monde de Laurent de Sutter qui vient de paraître. Dans ce bref et incisif essai, le théoricien de la postcritique déploie une saisie aussi originale que juste du virus qui a obligé une large partie du monde à se confiner. Avant de se projeter aveuglément dans le monde d’après, il faut d’abord revenir aux Grecs pour qui toute épidémie relève non d’un principe médical mais appelle à une vision politique : celle de la co-existence avec les puissances étrangères. Autant de pistes neuves de réflexion sur lesquelles Diacritik a voulu revenir avec Laurent de Sutter le temps d’un grand entretien.

Paolo Giordano a écrit Contagions en quelques jours, entre la fin février et le début du mois de mars 2020, alors que l’Italie entrait dans l’épidémie de Coronavirus et commençait à prendre conscience (et nous avec elle) de l’ampleur sans précédent d’une crise planétaire dont le sens comme les conséquences vont bien au-delà de la seule maladie.

Le 11 mai n’aura sans doute pas lieu. Chacun s’accorde désormais à le reconnaître. Après avoir fait miroiter la réouverture des écoles le 11 mai 2020, tous se rendent compte de l’impossibilité matérielle de ce scénario catastrophe dont même aucun producteur hollywoodien ne voudrait. A l’absence d’avis sanitaire non plus que scientifique fondé pour appuyer l’injonction présidentielle de réouverture, les sénateurs qui ont auditionné le ministre blanquer ont ajouté un nouvel et important grief : l’absence totale de projet pédagogique.

Paolo Giordano a écrit Contagions en quelques jours, entre la fin février et le début du mois de mars, alors que l’Italie entrait dans l’épidémie de Coronavirus et commençait à prendre conscience (et nous avec elle) de l’ampleur sans précédent d’une crise planétaire dont le sens comme les conséquences vont bien au-delà de la seule maladie. Prolongement et amplification d’un article publié par l’écrivain dans le Corriere della Sera le 25 février, le livre a été mis en ligne en accès gratuit par le Seuil, son éditeur français, qui le considère « comme une intervention d’utilité publique ».