The Irishman : trois heures trente de pur cinéma signées Martin Scorsese font revivre l’ascension et la chute de Frank Sheeran, tueur de la mafia qui aurait assassiné Jimmy Hoffa. Avec un casting de septuagénaires passés par les plus grands standards du film de gangsters – dont certains réalisés par Scorsese – The Irishman est un chef d’œuvre, une anthologie du crime de plus dans la filmographie du réalisateur. Et l’accomplissement d’une boucle temporelle cinématographique.

Un abonnement Netflix, c’est un peu comme une carte de club de gym : on décide un beau jour de s’inscrire a priori pour de très bonnes raisons, sous le coup d’une impulsion ou au gré d’une offre attractive temporaire. Puis, le temps aidant, on finit par ne plus y aller, oubliant l’offre initiale, remisant l’envie de départ à cause d’une profusion décourageante, avec des propositions à la qualité plus qu’aléatoire. Pourtant, il arrive que de la pléthore émergent de bonnes surprises (non sans quelques défauts) : The Politician est de celles-ci, à la fois série pour ados et miroir pop et saturé de l’Amérique des millenials…

Alors que Huge en France est diffusé depuis le 12 avril sur Netflix, comment parler de la sitcom made in Gad Elmaleh en des termes objectifs sans passer pour un énième hater influençable qui vocifère bien à l’abri devant son écran ? Tentative de sauvetage d’une production qui se veut ironique et référentielle. Mais qui n’a pas réussi à tirer le critique télé de sa torpeur.

Croisement relativement prévisible entre l’aseptisée Friends et l’alcoolisée How I Met Your Mother, Friends From College se révèle une agréable surprise au pays des sitcoms de « BFF » (meilleurs amis pour la vie en VF et en superlatif dans le texte). Ou comment Netflix réinvente la série de potes (sous Viagra et en phase avec l’époque).

Le visionnage de Sex Education, la nouvelle série de Netflix encensée par la presse (à de rares exceptions près) s’est achevé sur des sentiments partagés. Il ne s’agit nullement d’être critique à tout prix et encore moins de se poser en père la pudeur, mais, malgré de vraies qualités, Sex Education est tout de même bien loin de cocher toutes les cases de ce qui fait un incontournable.

La sortie sur Netflix, le 13 avril dernier, de Je ne suis pas un homme facile, premier long-métrage en langue française sur la plateforme américaine, est tout sauf anecdotique. Le pitch : à la suite d’un banal choc, Damien (qui coche toutes les cases des qualificatifs du porc à balancer sur les réseaux sociaux, macho, misogyne, phallocrate voire pire) se retrouve propulsé dans un monde dominé par les femmes.

13novembre. Disponible depuis le 1er juin sur Netflix, le documentaire de Jules et Gédéon Naudet brise des silences multiples. Le silence effroyable né de la sidération qui s’est emparée de la nation tout entière ce soir de 2015. Le silence qui s’est installé après, quand les bruits des tirs, des explosions, quand les cris des victimes ont cessé. Le silence des anonymes qui sont intervenus, aidant, soignant, soulageant, accompagnant les morts, les blessés, les rescapés, les simples témoins des scènes tragiques vécues cette nuit-là.

Quelques jours après la sortie de Ready Player One dans les salles, comment ne pas noter la quasi omniprésence de la virtualité et du paradoxe (jusqu’à l’affrontement) entre le réel et l’imaginaire numérique ?
Revue d’effectif d’une tendance avec trois exemples, une bande dessinée et deux séries, qui ont en commun de développer d’autres réalités, entre futurisme et post-humanisme : Alt-Life (à paraître le 6 avril), Counterpart et Altered Carbon.

Parmi d’autres, trois livres récemment publiés — Heather, par-dessus tout de Matthew Weiner, Requiem pour le rêve américain de Noam Chomsky et Le procès de l’Amérique de Ta-Nehisi Coates — sont trois manières (fictionnelle pour Weiner, plus théorique pour Chomsky et Coates) de porter un même constat : l’Amérique (ou les états désunis) est un territoire éclaté, profondément divisé par de multiples partages liés à la couleur de peau, à la classe sociale, à l’argent.
Ces livres sont donc trois « réquisitoires implacables », pour reprendre les mots de Christiane Taubira en préface à la nouvelle Colère noire de Ta-Nehisi Coates, face à un « système pluriséculaire d’oppression ». Ce sont trois « Plaidoyers pour une réparation » enfin, sous-titre du Procès de l’Amérique, puisque déconstruire cette oppression, exposer les « dix principes de concentration de la richesse et du pouvoir » (Chomsky) ou incarner la scise à travers les personnages romanesques de Weiner, c’est offrir un recul.

Le documentaire que Griffin Dunne a consacré à sa tante, l’immense Joan Didion, est disponible sur Netflix. Le Centre ne tiendra pas (The Center Will Not Hold) est le portrait d’une femme comme l’explicitation d’une œuvre majeure, il est construit sur un savant équilibre de documents d’archives (films familiaux comme interventions télévisées) et d’entretiens au présent, avec Joan Didion et ceux qui lui sont proches (Calvin Trillin, David Hare, Harrison Ford…).

Ed Kemper, Dennis Rader, Jerry Brudos, Richard Speck, ces noms ne diront sûrement rien au public français mais de l’autre côté de l’Atlantique, ils appartiennent à un panthéon monstrueux : celui des plus célèbres tueurs en série des États-Unis. Diffusé depuis le 13 octobre sur Netflix, Mindhunter remonte le temps et opère une plongée morbide dans les arcanes de l’investigation policière et dans la psyché de ceux que l’on n’appelait pas encore des serial killers.