Au jeu de l’exorcisme des démons de l’Amérique, le cinéma et la série US ne sont pas les derniers et Aaron Sorkin est devenu, depuis sa pièce de théâtre A Few Good Men jusqu’à ses créations pour la télévision et le cinéma, un des grands ordonnateurs du genre. Deuxième réalisation du scénariste de The West Wing et The NewsroomLe Procès des 7 de Chicago est l’archétype d’un cinéma militant dont l’Amérique a (ou avait) le secret quand il s’agit de questionner son histoire, d’édifier les spectateurs, de libérer les passions. La définition même de la catharsis, à défaut d’un réel mea culpa.

Prenez un premier rôle musculeux sévèrement burné, opposez-lui un adversaire un peu lisse mais ténébreux quand même, ajoutez un mentor au grand cœur et un ou deux personnages féminins histoire  de réduire un peu le taux de testostérone au mètre carré et vous avez tous les ingrédients de Balle perdue : un film d’action français qui s’ajoute à la trop longue liste des films dont ne souviendra plus dès le début du générique de fin.

Le documentaire de David France tourne autour de la figure emblématique de Marsha P. Johnson, activiste Noire, drag queen, symbole des émeutes de Stonewall. Si le documentaire retrace une partie de la vie de Marsha P. Johnson, il est structuré à partir d’une enquête concernant sa mort, enquête menée par Victoria Cruz, elle-même activiste racisée et transgenre. L’objet de ce documentaire ainsi que le point de vue choisi en font, plus qu’une simple entreprise biographique, un film dont le but est critique et politique.

Un train de mille et un wagons qui ne s’arrête jamais, roulant tout autour du monde dans un hiver éternel. Après un cataclysme planétaire (causé par l’homme), des survivants choisis et une poignée de « resquilleurs » ont embarqué à bord d’un convoi géant, unique lieu de vie sur une planète dévastée, dernier bastion de la civilisation : le Transperceneige (en BD), le Snowpiercer (sur les écrans).

La sortie de la minisérie signé Bill Gallagher date un peu (2016) mais le désœuvrement et la profusion netflixienne aidant, on a avalé Paranoid comme on aurait regardé un épisode de l’Inspecteur Barnaby ou Grantschester un soir de disette télévisuelle. Bilan de ce visionnage marathon par défaut : la capacité des séries anglaises à renouveler ses intrigues à partir de rien(s) n’a d’égale que son charme et son classicisme so british.

Sorte de Homeland trempé dans l’eau bénite qui convoque Dieu(x), les hommes, la question palestinienne et l’emprise de la religion sur la géopolitique, Messiah (en ligne depuis le 1er janvier) est une série sacrément ambiguë. Superproduction messianique, auréolée d’une polémique bien avant sa diffusion, la nouvelle série de Netflix n’est en définitive qu’un thriller ésotérique barbant.

Après plus de deux heures de torture visionnage de 6 Underground de Michael Bay sur Netflix, on est en droit de se demander s’il ne faudrait pas amender les Conditions Générales de Vente que l’on accepte en s’abonnant à la plateforme créée par Reed Hastings et Marc Randolph : pour ajouter que l’engagement librement consenti se fera pour le meilleur de la quantité et souvent pour le pire de la qualité.

The Irishman : trois heures trente de pur cinéma signées Martin Scorsese font revivre l’ascension et la chute de Frank Sheeran, tueur de la mafia qui aurait assassiné Jimmy Hoffa. Avec un casting de septuagénaires passés par les plus grands standards du film de gangsters – dont certains réalisés par Scorsese – The Irishman est un chef d’œuvre, une anthologie du crime de plus dans la filmographie du réalisateur. Et l’accomplissement d’une boucle temporelle cinématographique.

Un abonnement Netflix, c’est un peu comme une carte de club de gym : on décide un beau jour de s’inscrire a priori pour de très bonnes raisons, sous le coup d’une impulsion ou au gré d’une offre attractive temporaire. Puis, le temps aidant, on finit par ne plus y aller, oubliant l’offre initiale, remisant l’envie de départ à cause d’une profusion décourageante, avec des propositions à la qualité plus qu’aléatoire. Pourtant, il arrive que de la pléthore émergent de bonnes surprises (non sans quelques défauts) : The Politician est de celles-ci, à la fois série pour ados et miroir pop et saturé de l’Amérique des millenials…