Préambule
Avant notre commun naufrage
Anticipons d’être déçus :
Battage public des suffrages
N’a jamais que souffrance élu :
L’espoir levé qui s’abat tue
Comme la rime en poésie :
Tu voudrais, toquard, le salut ?
Tu n’obtiendras que Sarkozy.
Avant notre commun naufrage
Anticipons d’être déçus :
Battage public des suffrages
N’a jamais que souffrance élu :
L’espoir levé qui s’abat tue
Comme la rime en poésie :
Tu voudrais, toquard, le salut ?
Tu n’obtiendras que Sarkozy.
Pour sa 7e édition, le festival « Littérature au centre », en partenariat avec Diacritik, organise à Clermont-Ferrand, tout au long de la semaine (22 au 27 mars 2022), un festival autour de la littérature et des voyages, avec de très nombreux entretiens, spectacles, conférences, concerts, lectures, arts visuels, dédicaces.
Masochisme ou irréflexion, j’ai décidé de revoir l’intégralité de The West Wing alors que la campagne présidentielle débutait en France. Pour ceux qui n’auraient jamais entendu parler de la série, rappelons que celle-ci couvre les deux mandats d’un président démocrate imaginaire, Jed Bartlet, interprété par Martin Sheen. The West Wing totalise sept saisons et 155 épisodes, où il n’est finalement question que de politique. Alors que la plupart des séries récentes carburent à l’action, à la violence et au sexe, la série d’Aaron Sorkin mise sur la parole, le dialogue, l’argumentation, la rhétorique au sens noble du terme – ce qui revient à dire qu’elle table aussi sur l’intelligence du spectateur.
À quelques semaines de l’élection présidentielle, Diacritik a sollicité autrices, écrivains et essayistes en leur adressant une seule mais terrible question : « Qu’attendez-vous de cette présidentielle ? ». Devant la confiscation manifeste du débat par la présidence, devant l’effondrement du débat public, peut-être était-il temps de relancer, de manière humble et modeste, une dynamique d’interrogations afin se demander ce qu’il advient, dans une France tenaillée par l’extrême droite, le néolibéralisme et l’épuisement de ce rendez-vous démocratique si sacralisé. Autant d’interventions au cœur desquelles résonne cette sentence de Leslie Kaplan à valeur de programme : « Il faut faire politiquement de la littérature et non de la littérature politique ».
À l’occasion de la rencontre « Le climat, récits et imaginaires » avec Marie Darrieussecq, Philippe Rahm et Dominic Thomas, modérée par Jean-Max Colard, qui s’est tenue à la Villa Gillet le mercredi 9 mars 2022 à Lyon, le Directeur du Département des Études françaises et francophones, Université de Californie-Los Angeles (UCLA), Dominic Thomas, nous propose ce texte sur les liens entre climat et littérature.
(i)
Je commence par poser deux axiomes.
Axiome n° 1 : l’ennemi principal de toute politique d’émancipation est le capitalisme.
En lien avec le 31e Salon de la Revue qui se tient le 16 et 17 octobre, Diacritik, partenaire de l’événement, est allé à la rencontre de revues qui y seront présentes et qui, aussi vives que puissantes, innervent en profondeur le paysage. Aujourd’hui, entretien avec l’étonnante revue Débridé.
Nathalie Quintane est une auteure qui depuis les années 90 habite le paysage littéraire français de manière très singulière. Mêlant textes poétiques, autobiographiques, essais, fragments fictionnels, Nathalie Quintane aborde les genres pour en défaire les présupposés, les lieux communs, les frontières.
À l’occasion de la parution française de son roman Les aventures de China Iron, finaliste de l’International Booker Prize 2020, entretien avec Gabriela Cabezón Cámara.
Con motivo de la publicación en Francia de su novela Las aventuras de la China Iron (Les aventures de China Iron), finalista del International Booker Prize 2020, entrevista a Gabriela Cabezón Cámara.
Les aventures de China Iron, de l’écrivaine argentine Gabriela Cabezón Cámara, est plusieurs livres à la fois : un conte, une utopie, un récit gauchesque, un roman d’éducation. Ce roman, finaliste de l’International Booker Prize 2020, est autant une critique politique qu’un récit écologiste, une aventure queer qu’un texte où la poésie entremêle les rythmes et forces naturels, l’Histoire, l’imaginaire, les corps. Il s’agit d’un livre où l’identité est subvertie, renversée, remplacée par d’autres relations au sein de ce qui est.
À l’occasion des dix ans de leurs Éditions douteuses, Élodie Petit et Marguerin Le Louvier publient chez Rotolux Press une anthologie de leurs fanzines. Cette mutation matérielle permet d’accéder à une vue d’ensemble de leurs écritures : expérimentales, multiples, sensuelles et éminemment politiques.
La plupart des Français qui ont vu passer dans la presse la nouvelle de la mort de Lokman Slim le 4 février 2021 ou les jours suivants, n’avaient jusque-là pas lu une ligne de lui et n’en avaient pas même entendu parler. Ils pourraient dire comme l’a fait l’écrivain italien Stefano Massini à propos d’Anna Politkovskaia, dans Femme non-reééducable : « la première fois que j’ai entendu parler de cette femme, ce fut précisément à l’annonce de sa disparition ».
Le texte qui suit, « Des lieux et des hommes. Les débuts de la révolution syrienne », a été prononcé à Beyrouth par Lokman Slim le 12 janvier 2018 lors d’une présentation du travail de « Creative Memory of Syrian Revolution / Mémoire créative de la révolution syrienne ».
« Creative Memory of Syrian Revolution / Mémoire créative de la révolution syrienne » est un site web créé par Sana Yazigi en mai 2013. Son objectif est de construire une mémoire collective de l’histoire syrienne depuis le soulèvement de 2011, à travers l’expression « libre et créative » de ceux qui l’ont vécue. Il compose sur la toile un impressionnant « musée de l’insurrection syrienne » (Benjamin Barthe, Le Monde , 17 janvier 2021), et beaucoup plus encore.