Le dernier livre de Marie Cosnay est le troisième moment d’une série commencée en 2021 autour de la politique d’immigration européenne actuelle. Il s’agit de mettre au premier plan ce que fait cette politique productrice de mort, de négation des vies non reconnues comme valables. Il s’agit de produire un contre-discours, d’affirmer ce qui est fait politiquement mais aussi, surtout, ces vies en elles-mêmes, les espoirs, les rêves, la recherche de la vie par ces corps et ces esprits vivants.

Récemment, la littérature autour de la violence incestuelle se multiplie, tissant une trame de plus en plus serrée d’expériences singulières mais qui, par cette multiplication et ce tissage, se mettent à résonner ensemble. Dans ce contexte, le recueil Firestar d’AD Rose se distingue par une écriture trash, gonzo, une poésie sans lyrisme qui recueille l’écume rougeoyante de la violence et se présente comme la première étape pour construire un espace discursif dans lequel penser en commun le fait incestuel.

Comme dans son précédent roman, Real Life, Brandon Taylor, dans Les Derniers Américains, se concentre sur un microcosme composé d’un échantillon de jeunes américains, sur leurs relations, leurs aspirations et désirs, sur leurs actes. Dans les deux livres, l’auteur choisit moins un point de vue omniscient que celui d’une sorte d’entomologiste, celui d’un regard qui par son microscope devient capable de décrire, de contempler, d’examiner.