Les journées en Arlequin est le titre d’un livre de Jean Daive que les éditions Nous viennent de faire paraître – je ne dis pas : “le dernier”, car d’autres, déjà imprimés ou en voie de l’être, attendent notre lecture (s’il s’avère possible de mettre la main dessus avant publication de ce “papier”, j’en rendrai compte ici-même, sinon ce sera pour plus tard, chaque nouvel opus de l’auteur de Décimale blanche, d’Objet bougé ou de Pas encore une image incitant à reprendre un échange jamais interrompu).

Il m’arrive d’écouter The Unanswered Question de Charles Ives tout en écrivant. Parfois j’enchaîne avec The Answered Unanswered Question de György Kurtàg qui, loin d’apporter une réponse définitive à cette question restée sans réponse, lui offre un supplément d’énigme où les mots n’auront jamais le dernier mot : silence “habité” par une forme sans contours et pourtant précisément dessinée (soit un mix d’indicible, de retenue, de non-dit, par ennui du verbe et refus de la démonstration). Une semaine a passé. C’est l’heure de reprendre la balade, emportant pour tout viatique une petite pile de bandes dessinées.

Toute nouvelle publication d’un auteur dont on suit le parcours depuis longtemps est incitation à se replonger dans l’œuvre, pas nécessairement dans sa totalité, mais disons dans une assez large part de son corpus (tout dépend du nombre d’ouvrages que l’on a accumulés dans sa bibliothèque – en ce qui concerne Jacques Roubaud, je viens d’en compter 59, et j’en ai probablement oublié quelques-uns).

Pour fêter le trou noir provoqué par notre spécialiste du genre, Aurélien Barrau, avec sa tribune publiée jeudi dernier (plusieurs centaines de milliers de nouveaux lecteurs en quelques heures ou le test grandeur nature des capacités d’accueil de notre serveur, on reconnaît là le scientifique), retour sur les enjeux de notre magazine, trois ans après sa création.

« La littérature ment comme un arracheur de dents », écrit Maxime Decout dans les premières pages de ce nouvel essai au style enlevé, souvent facétieux. Narrateur à son tour, Decout nous entraîne là dans une vaste réflexion sur une littérature bien particulière des xxe et xxie siècles : celle qui bluffe, qui triche et qui feint, celle qui parfois ment franchement – tout un jeu de dissimulation rassemblé sous le terme d’imposture.

Tout part d’un souvenir : il y a « 42 ans, 2 mois et peut-être 15 jours », Christian Rosset s’était rendu rue de Seine dans les locaux de la revue Change, pour y retrouver Jean-Pierre Faye et Mitsou Ronat. Il y rencontre, pour la première fois, Jacques Roubaud. Depuis cette origine se tisse une conversation avec l’écrivain et poète, « A la recherche de Jacques Roubaud », que les auditeurs de France Culture pourront découvrir mercredi 16 mai, de 23 heures à minuit.

Depuis bientôt une quinzaine d’années, Stéphane Bouquet a su s’imposer comme l’un des poètes les plus remarquables du champ contemporain. S’il avait déjà pu faire entendre sa voix critique en 2007 dans Un Peuple qui invitait à se promener dans un cimetière de noms, il offre, avec la parution ces jours-ci de La Cité de paroles aux éditions José Corti, son premier recueil d’articles critiques comme rassemblés au fil de la douceur d’une conversation.