La Battue, du journaliste et photographe Louis Witter, expose des faits, les questionne, les analyse, informe et met en perspective. Le livre dénonce la politique policière et donc violente que l’État français théorise et pratique à l’encontre des exilé.e.s sans papiers à Calais depuis des années (mais aussi ailleurs sur le territoire). Si cette politique vaut contre les exilé.e.s, elle vaut sans doute de même, finalement, contre la population en général. La Battue est un livre qui met au jour le fait que la politique française, depuis des années, s’appuie sur des pratiques policières hostiles aux populations.

C’est ici que cela a eu lieu – que cela aura lieu, à nouveau – que tout se rejouera – toujours – comme une bande passante que l’on se plait à rembobiner indéfiniment – pour écouter les voix fantômes – ces bruits blancs, ces souvenirs qui, comme les lucioles, gardent leurs scintillements pour défier l’obscurité des nuits sans lunes.

Jusqu’au 30 Juin 2024, le Palais de Tokyo accueille sous le commissariat de François Piron une exposition collective sur le thème de la psychothérapie institutionnelle qui rassemble le travail d’artistes concevant le collectif et l’art comme un idéal social aspirant à l’épanouissement et à l’émancipation des personnes placés dans divers établissements de santé mentale. Cette manifestation réunit également la parole de praticiens, de soignants et d’éducateurs partageant le désir de continuer à transformer ces lieux d’isolement.

Elle est un peu folle, la vitesse qui nous précipite d’une lecture à l’autre. Il convient, non seulement de freiner, mais aussi, et surtout, de faire de longues pauses, avant de reprendre autrement ce qu’on croyait achevé. Au Terrain vague, il n’y a pas de clé, mais des sésames, qu’on ne découvre qu’à relecture. Nul besoin de précipitation, sinon en rêve, après avoir pris soin de glisser un carnet et un crayon sous l’oreiller.

Sy Baumgartner est professeur de philosophie à Princeton, veuf depuis une dizaine d’années. Un matin, alors qu’il poursuit l’écriture d’un essai sur les pseudonymes de Kierkegaard, dans son bureau au premier étage de sa maison, il descend chercher un livre oublié la veille dans le salon. S’enclenche alors une série de hasards et coïncidences, motif central de l’œuvre de Paul Auster, comme un étoilement d’effets papillon, qui provoque un puissant effet d’anamnèse. Un double huis clos sert de cadre au récit, la maison de Princeton, le cerveau de Baumgartner, avec échappées mémorielles et réflexions sur le sens d’une vie, de toute vie, quand un deuil frappe et qu’une vie doit (ou non) se reconstruire.

Quand Bastien François rencontre Estelle Moufflarge, elle est morte depuis 70 ans et il ne l’a jamais connue. Il vient de croiser son visage et son nom sur le site internet conçu par Serge Klarsfeld et Jean-Luc Pinol, permettant de localiser les lieux où des enfants juifs ont été arrêtés avant d’être déportés. Bastien François y avait entré sa propre adresse. Au 89 rue Caulaincourt, à quelques immeubles du sien, vivait Estelle. Ne demeurent qu’un nom, un visage, une date de naissance. « Je suis parti à sa recherche. Cela m’a pris des années ».

Avec Espèces dangereuses, Sergueï Shikalov écrit un roman générationnel et politique, le roman d’une génération de jeunes homosexuels dans la Russie des années 90-2000. Il écrit sur ce qu’aurait pu être cette génération, sur ce qu’elle a entrevu puis perdu. Il écrit sur ce qu’il en reste : des images, des mots, des rêves évanouis ou encore présents mais ailleurs, loin de la Russie.