Le comité de visionnage de Diacritik a regardé 21cm, la nouvelle émission littéraire de Canal Plus dont la première a eu lieu hier soir à 22h50. Verdict façon jury d’épreuve de patinage artistique, avec ses notes techniques (on plaisante) et la subjectivité assumée d’enfin voir une nouvelle émission consacrée aux livres à la télévision. Fût-elle sur une chaîne cryptée.

Après avoir (ré)inventé Paris, Eric Hazan le (ré)arpente dans son nouveau livre, Une traversée de Paris. Il nous offre une puissante flânerie sous l’égide de Walter Benjamin dont Le Livre des passages était justement cité en exergue de L’Invention de Paris, pour rappeler que la ville n’est « homogène qu’en apparence », qu’elle est une « expérience » paradoxale de la limite et des variations puisque « la limite traverse les rues ; c’est un seuil ; on entre dans un nouveau fief en faisant un pas dans le vide, comme si on avait franchi une marche qu’on ne voyait pas ».

Au lendemain des attentats de Charlie Hebdo, la dessinatrice Catherine Meurisse a été touchée dans son âme tandis que Charb, Tignous, Cabu, Wolinski, Mustapha et Honoré l’étaient dans leur chair. L’horreur l’a plongée dans un état d’abattement, de deuil, jusqu’à la dissociation. Un état qu’elle raconte dans un album qui tient à la fois du témoignage et de la quête, du manifeste et de l’hommage.

Il y a quelques années, Batman – Dark Knight rappelait que l’on peut faire un beau film d’auteur avec un mec déguisé en chauve-souris. Nolan remontait au mythe du cavalier maudit, obligé de chevaucher sa monture jusqu’à la fin des temps. Un blockbuster peut-être une œuvre personnelle et audacieuse, ce n’est pas un scoop, mais il faut avouer que les franchises Marvel finissaient par nous faire douter.

L’annonce du départ de Yann Barthès de Canal Plus le 23 juin prochain truste les fils d’infos en ce lundi 9 mai et pas moins de trois occurrences liées à la chaîne, à son animateur vedette et à son patron sont en tête des tendances sur Twitter (avec l’incendie de Fort McMurray et les suspicions de harcèlement qui pèsent sur l’élu vert Denis Baupin).

Dans l’avant-propos de Rêves d’histoire, Philippe Artières s’interrogeait sur son rapport à une histoire du présent, venant, comme le disait Walter Benjamin, « télescoper » l’actualité. Quels que soient les objets, les archives, ou l’aspect parfois hétéroclite des rêves rassemblés dans le volume, il s’agit pour lui, en héritier de Foucault comme de Perec, d’« écrire une histoire de l’infraordinaire ». Parmi les sources de ce désir d’histoire, Philippe Artières citait promenades, discussions, souvenirs et « la lecture du journal ».

Quelqu’un vient à cheval. Tandis que l’animal silencieux progresse à travers les « pâturages géants de l’Alaguez », à mi-voix, une pensée se déploie dans la tête du cavalier. Elle cherche à prendre forme, soudain se cabre, interroge : « — Dans quel temps voudrais-tu vivre ? ». Étrange question, assurément, à laquelle pourtant il est aussitôt répondu : « Je veux vivre dans l’impératif au participe futur, voix passive — au  »devant être ». »

Des cités en banlieue parisienne avec barres hautes ou basses. Des pavillons aussi et de la campagne. Un bailleur et une municipalité avec un projet de rénovation pour une partie des constructions. Mais une rénovation vraiment ? C’est qu’on va reloger les habitants ailleurs, abattre les tours, les reconstruire en mieux. Or, quelques-uns l’ont compris : parce que certains partiront sans retour, parce que les loyers augmenteront, rien ne sera plus comme avant, un milieu de vie sera détruit, qui était chaleur et intensité. Une agence s’occupe de l’affaire : elle s’appelle la CADUC…

Je n’ai aucun respect pour l’écrit. Qu’y-a-t-il de plus déprimant que des mots alignés les uns à la suite des autres comme un immense chapelet de saucisses ? Ils ne me disent rien, je ne les aime pas. Il y en a trop peu pour qu’ils signifient véritablement quelque chose. Si j’écris, c’est dans un seul but : pour parler.

« Ce jeudi 5 mai, à 8 heures, le dessinateur Siné est décédé à l’hôpital Bichat, à Paris, des suites d’une opération ».
Dans son dernier billet d’humeur paru sur Siné Mensuel paru hier, le 4 mai 2016, Siné confessait étonnamment, « Je n’en mène pas trop large, je vous l’avoue et je serre les fesses comme un pressoir à olives pour évacuer le stress ! ». Le lendemain de cette publication, e caricaturiste et dessinateur politique Maurice Sinet, alias Siné, est mort à l’hôpital Bichat des suites d’ une opération. Ils ont dû oublier les olives.

Disponible en vidéo à la demande et en DVD depuis le 19 avril dernier, L’Humour à Mort, le documentaire de Daniel Leconte et Emmanuel Leconte retrace le(s) combat(s) de Charlie Hebdo dans sa résurrection aux lendemains des attentats du 7 janvier 2015 et témoigne de sa raison d’être dans un pays où la liberté d’expression est érigée en vertu cardinale républicaine. Sauf que…