Invitant son lecteur à l’étude psychanalytique d’une œuvre d’exception – celle de Léonard de Vinci – Freud écrit : « Lorsque la recherche médicale sur l’âme, qui d’ordinaire se contente d’un matériel humain médiocre, aborde l’un des Grands du genre humain, elle n’obéit pas pour autant aux motifs qui lui sont si fréquemment imputés par les profanes. Elle ne tend pas à ‘noircir ce qui rayonne, ni à traîner le sublime dans la poussière’ ; réduire la distance entre cette perfection-là et la déficience de ses objets habituels ne lui procure aucune satisfaction. Mais elle ne peut faire autrement que trouver digne d’être compris tout ce qui se peut reconnaître chez ces modèles, et elle estime qu’il n’est personne de si grand que ce lui soit une honte d’être soumis aux lois régissant avec une égale rigueur les conduites normales et morbides ». Autrement dit : tous les hommes, même les génies, ont été des bébés. Réduire la distance signifie alors pour le psychanalyste ne pas se laisser impressionner par l’exception et revenir aux débuts, dans l’enceinte formée par la mère et l’enfant.

Au mois d’août 2015, le quotidien britannique The Guardian a publié un classement intéressant, pittoresque et forcément subjectif de ce qu’il considère être les cents meilleurs romans de tous les temps. La particularité est, en l’occurrence, qu’il s’agit évidemment et exclusivement des publications faites par des auteurs de langue anglaise, quelle que soit leur nationalité ou leur origine et quelle que soit l’époque.

Cette deuxième partie va de la charnière entre dix-neuvième et vingtième siècle, avec The Sign of the Four (26) d’Arthur Conan Doyle (1890), et s’étend jusqu’en 1925 et Mrs.Dalloway (50) de Virginia Woolf. 

Orchestrée depuis 1982, la divulgation de Visite ou Mémoires et Confessions (Visita ou Memórias e Confissões) ne devait se faire qu’après la mort de Manoel de Oliveira, survenue le 2 avril 2015 à l’âge de 106 ans. Revenu ainsi d’entre les morts, le réalisateur livre un film autobiographique en ouvrant les portes de la maison où il a vécu 40 ans.

Trois livres d’Erri de Luca paraissent ce mois-ci chez Gallimard, comme la partition ou le feuilleté de l’ensemble de son œuvre : une pièce de théâtre, Le Dernier voyage de Sinbad ; un livre de correspondances avec le biologiste Paolo Sassone-Corsi, Le Cas du hasard ; et un recueil de courts récits, Le Plus et le moins, composant ce que l’écrivain nomme un « atlas », s’achevant sur trois poèmes.
Diacritik a rencontré Erri de Luca, pour un entretien vidéo en trois parties, dans lequel l’écrivain italien évoque Naples, l’écriture, sa haine de la notion d’identité, sa passion pour le récit oral et la littérature destinée, comme il l’écrivait dans Le Tort du soldat (2014) à « rétablir le nom des choses ».