Vient de sortir, dans l’étonnante « petite maison d’édition » marseillaise Fidel Anthelme X, dirigée par la poétesse Frédérique Guetat-Liviani, Un poète d’Ukraine, de Pavlo Grigorievitch Tytchina, traduit de l’ukrainien en russe par Sergueï Zavialov et du russe en français par Yvan Mignot. Ce livre, qu’on pourrait qualifier de circonstance, sonne dans le temps de la mémoire du poème comme un tocsin… Cette conversation avec Yvan Mignot, grand traducteur de Khlebnikov et de Harms, éclaire ce livre qui devrait circuler comme un brulot.

Ça commence par Querelle. Pas le roman de Genet, pas son adaptation par Fassbinder. Querelle de Kevin Lambert, un déplacement de la figure quasi-mythologique de Genet dans une scierie québécoise en pleine grève : c’était en 2019, c’était génial. Avec Les sentiers de neige, ça commence par une tempête, une tempête de neige — et d’autres genres de tempêtes, plus intimes et familiales. On est en 2024, et Les sentiers de neige paraît simultanément au Québec et en France. L’occasion de rencontrer Kev Lambert pour un entretien.

21 novembre 2024. Il neige trop. Je dois renoncer à aller voir La Voyageuse de Hong Sangsoo. Mais comme je viens de recevoir le blu-ray de Val Abraham de Manoel de Oliveira, je cherche 3 heures et 23 minutes de libre pour revivre l’éblouissement de ma première vision, en 1993. Ces deux films ont en commun d’être programmés en salles (celui d’Hong Sangsoo, le 22 janvier prochain) avant d’être édités en vidéo (le 3 décembre pour Val Abraham) par Capricci. On y reviendra.

Le philosophe Alain Boutot, spécialiste de l’œuvre de Martin Heidegger, vient de traduire le volume 88 de l’édition complète (Gesamtausgabe) du penseur.  Les positions métaphysiques fondamentales de la pensée occidentale et Pour s’exercer à la pensée philosophique réunissent notes et protocoles de deux « séminaires » tenus durant les semestres d’hiver 1937-1938 et 1941-1942 à l’université de Fribourg-en-Brisgau. Pour sa neuvième traduction d’un ouvrage de Heidegger aux éditions Gallimard depuis 2001, nous évoquons avec lui dans un grand entretien la particularité de la pratique de la traduction philosophique heideggerienne, celle de ces pages inédites en français et leur place dans le chemin de pensée du célèbre philosophe allemand.

Le dernier ouvrage du philosophe Paul B. Preciado, Dysphoria mundi, est un essai fascinant et complexe, à la fois théorique et littéraire, qui interroge les différentes formes de transformations sociales, environnementales, philosophiques, corporelles et discursives propres à notre époque.
Ce projet monstrueux d’écriture non-binaire, au cœur de l’approche de l’auteur, lui permet d’appréhender l’intersectionnalité des luttes contemporaines à la lumière d’une nouvelle épistémologie queer.