Tout part d’un souvenir : il y a « 42 ans, 2 mois et peut-être 15 jours », Christian Rosset s’était rendu rue de Seine dans les locaux de la revue Change, pour y retrouver Jean-Pierre Faye et Mitsou Ronat. Il y rencontre, pour la première fois, Jacques Roubaud. Depuis cette origine se tisse une conversation avec l’écrivain et poète, « A la recherche de Jacques Roubaud », que les auditeurs de France Culture pourront découvrir mercredi 16 mai, de 23 heures à minuit.

Voici un excellent petit livre nous ramenant à un Genet décanté et venant bien après les grands ouvrages que donnèrent Jean-Paul Sartre, Albert Dichy et Edmund White à propos de l’écrivain. Ce « supplément » est le bienvenu tant il entretient avec une manière de légèreté scripturale le souvenir du paria de toujours et du héraut de la protestation violente. Tant également son écriture et sa composition sont accordées à une vie toute en fragments éclatés et en fuites soudaines.

« Horizon. funèbre » (Gérard Genette, Bardadrac)

Il est des hasards dont on récuserait bien l’objectivité, n’en déplaise à Breton. Comme d’être en train de parcourir l’entrée « Bienvenue » de Codicille, pour tout autre chose, et de lire ces lignes : Gérard Genette évoque sa consécration par la critique le considérant désormais comme « écrivain  » au moment de la parution de Bardadrac : « Au moins aurai-je rencontré d’avance des fragments de ma future nécrologie, et, comme disait un jour, à peu près, Paul Valéry, respiré quelques volutes de ma future fumée ». Et là d’apprendre la mort de Genette, cette après-midi, à 87 ans.

Le titre du livre de Robert Colonna d’Istria attire notre attention sur deux éléments paradoxaux : la datation, 1200 ans de solitude, allusion évidente au roman de García Márquez, Cent ans de solitude (1967) qui raconte sur plusieurs générations, au long d’un siècle, l’histoire de la famille Buendía depuis la fondation du village de Macondo et le lien avec l’histoire d’une famille corse, et pas n’importe laquelle, puisqu’il s’agit de la famille Colonna d’Istria.

« J’aimerais que les générations à venir quand elles recherchent la Martinique authentique se replongent dans tout ce qu’il a écrit, car Zobel c’est une mine […] Je dis que Zobel, c’est notre Pagnol. Zobel, c’est le peintre du petit peuple de la Martinique […] C’est vraiment un personnage extrêmement important et une figure illustre de notre culture » (Euzhan Palcy) 

En ce mois de mai 2018 où de nombreuses manifestations célèbrent Césaire, de plus en plus lu et connu dix ans après sa mort, il est bien aussi de revenir à celui qui fut dans l’ombre de son compatriote : Joseph Zobel.

C‘est tous les jours à peu près le même trajet : cinq ou six kilomètres le long du chemin de halage puis retour ; après la journée au lycée, manière de te revivifier… Jusqu’alors, toute pratique sportive se résumait pour toi à un supplice inutile. Désormais, si un soir tu renonces, tu te sens coupable. Tu négliges souvent le repas du midi. Les heures qui suivent, tu as faim et la tête te tourne un peu. Ce sont des sensations inédites, une promesse de liberté.