Le titre du roman de Lola Lafon, Mercy Mary Patty, qui vient de paraître en poche (Actes Sud, Babel), décline trois  prénoms féminins en colonnes. Le dernier est celui de Patricia Hearst, centre opaque d’un fait divers qui a déchaîné l’Amérique des années 70, devenue Tania lorsqu’elle a rejoint le combat politique des membres du SLA, groupe terroriste qui l’avait enlevée.

Écriture et lecture sont affaire de tempi – ces derniers variant selon ce que nous tenons en main (et ce qui nous trotte dans la tête). Ce n’est pas question de “genre”. Le diariste critique est en ce moment-même, comme toujours, sur plusieurs lectures ô combien différentes, à partir desquelles il s’est forgé le projet de tremper sa meilleure plume dans l’encre de Chine pour calligraphier quelques notes – plutôt interrogatives qu’affirmatives – à leur sujet.

Dans le dernier livre de Violaine Schwartz, tout part de la contrainte : celle de ces femmes, hommes et enfants forcés par la guerre ou la pauvreté à prendre les routes incertaines de l’exil ; celle de ce texte, né d’une commande du Centre dramatique national de Besançon — « recueillir la parole d’anciens et d’actuels demandeurs d’asile et écrire à partir de ces témoignages ». Tout se résume en apparence à ce mot en titre, Papiers, quête des demandeurs d’asile, forme que prend ce recueil d’une force inouïe.

Alors que pour la seconde fois, la plaque commémorative dédiée à Pierre Pachet, rue Chapon, dans le Marais, a été souillée et profanée par des tags antisémites, nous replions l’entretien que nous avait donné Yaël Pachet, sa fille, en octobre 2018, revenant sur cet acte portant atteinte à la mémoire de l’écrivain, disparu en 2016.

Si Jean Wahl (1888-1974) est réputé comme philosophe de l’existence, et certainement pas de l’existentialisme (1) — spécialisé dans la métaphysique et historien de la philosophie, introducteur en France, entre autres, de Kierkegaard (2) et d’Heidegger (clin d’œil au remarquable travail actuel de Faye) —, critique fin de nombreux systèmes philosophiques, il est malheureusement moins connu comme poète

Le journaliste américain David Grann a placé un épisode oublié de l’Histoire des États-Unis au centre de son enquête, La Note américaine : la manière dont une tribu amérindienne, les Osages, a été déportée sur une terre stérile qui s’est révélée être le plus important gisement de pétrole du pays. La richesse des Osages est sans doute le mobile d’une série de meurtres, longtemps inexpliqués, dont David Grann démêle l’écheveau. L’ensemble de son enquête apparaît ainsi comme métonymique du rapport des États-Unis aux Native Americans, ce « péché originel sur lequel le pays était né ».

Ripley : Hey, I feel like kind of a fifth wheel around here. Is there anything I can do? 
Sergeant Apone : I don’t know, is there anything you can do?

Dans l’une des premières scènes de la Director’s Cut d’Aliens (James Cameron, 1986), Ripley est assise sur un banc face à un paysage de forêt virtuel, dans la station orbitale qui l’a recueillie. Sa navette a dérivé cinquante-sept ans dans l’espace : c’est par un hasard incroyable qu’elle a été retrouvée vivante.