De toutes choses dites à son propos, et une profusion ont été dites, c’est de son exemplarité qu’il est le plus souvent question : le hirak, depuis le début du mouvement en février 2019, est caractérisé par son exemplarité. Entendre, d’abord (et surtout), par exemplarité, son pacifisme.
La couverture du livre le précise : ceci n’est ni un roman ni un poème mais une forêt. C’est ainsi qu’Ariane Jousse désigne son premier livre, La Fabrique du rouge, comme une façon de mettre l’accent sur un déplacement : produire un texte au-delà des genres, qui invente ses propres frontières, sa propre zone. Un texte-forêt pourrait être un texte dans lequel s’égarer, perdre ses repères, un texte où le sens erre comme les pas d’un marcheur pris dans un labyrinthe borgésien, parcourant sans fin des chemins qui se déplacent en même temps que la marche.
Les grands entretiens de Diacritik (et Atout Livres): Jay McInerney
Sur les réseaux sociaux, au milieu des ronds-points ou à la télévision, l’indignation semble régner sans partage. Pas une journée sans un scandale ni un bad buzz. Dans Indignation totale. Ce que l’addiction au scandale dit de nous (Éditions de l’Observatoire), le philosophe Laurent de Sutter analyse les ressorts de ce mécanisme. Il propose de changer notre rapport à la raison héritée des Lumières pour dessiner de nouvelles perspectives. Entretien.
Retourner ses notes, reprendre une page blanche. Des notes, j’en ai de nombreuses, sur la relation entre l’artiste et son modèle et sa transposition, sur la sémiologie des couleurs ou sur le punctum que j’aurais repéré. Des obstacles à l’écriture, des concepts partiellement inopérants, sans doute.
C’est toute une catégorie d’invertis que la narration prend ici en charge. Solitaires, honteux, craignant la tentation, ils se réfugient à la campagne.
Les grands entretiens de Diacritik (et Atout Livres): Camille de Toledo
J’ai grandi avec le carré blanc. Qui en l’occurrence était un rectangle blanc, qui apparaissait dans un coin de l’écran de télévision, pour signaler que le film à suivre n’était pas visible par « tout public ».
Il y a des lectures qui touchent plus que d’autres sans que l’on puisse réellement en expliquer les raisons. Il y a des mots qui s’engouffrent dans ce qu’il y a de plus profond en nous, dans cet intérieur dont il faut ouvrir la porte pour retrouver ce monde connu qui nous échappe tant nous l’avons oublié pour mieux nous en défendre ou nous en cacher.
La structure du Premier convoi, signé Michèle Perret représente parfaitement sa double finalité, à la fois historique et littéraire : deux textes périphériques, une Introduction et une Postface, manière de volontairement situer le récit dans un contexte attesté.
Les grands entretiens de Diacritik : Patti Smith
Un terrain vague, au centre d’un ensemble de maisons réservées à des militaires algériens : des enfants en ont fait leur terrain de foot et l’espace de leurs rêves de grandeur. On les nommera bientôt Les petits de Décembre, dès lors qu’ils organisent une résistance au projet de construction de deux villas sur leur espace de jeux. Alors que l’Algérie se lève contre les vieilles oligarchies militaires, il est bon de relire le dernier roman de Kaouther Adimi, allégorie d’une jeunesse qui refuse ce dont elle devrait mais ne veut plus hériter.
« Le temps ne fait rien à l’affaire. Ce m’est toujours une surprise que mes contemporains, qui croient avoir conquis et transformé l’espace, ignorent qu’on peut rétrécir à son gré la distance des siècles. », Marguerite Yourcenar, Carnets de notes de Mémoires d’Hadrien
Saint Syméon stylite a existé. Chacun a, au moins une fois, rencontré son nom. Théodoret, évêque de Cyr, a existé lui aussi, même si on le sait moins. Ils ont tous deux vécu en Syrie au Ve siècle après J.C. Le second, surtout, a été le biographe du premier.