Le corps était devenu lourd, tombant toujours plus bas, jusqu’à ne plus pouvoir descendre davantage vers le sol.
« Pour moi, Claire Bretécher est aussi importante que Guyotat. Ils sont nés d’ailleurs tous deux la même année » : c’est par ces mots que Christian Rosset a accompagné son hommage, tout sauf une nécrologie, des « notes » écrites en 2014 et publiées dans Éclaircies sur le terrain vague (L’Association), sur son art unique « de tenir à distance tout en touchant au plus près ».
Claire Bretécher possédait ce talent unique de croquer ses contemporains avec une acuité et un humour féroces. L’auteur d’Agrippine, des Frustrés, de Cellulite est décédée le 11 février 2020 à l’âge de 79 ans.
Plus de littérature mais des mots arrachés au néant pour dire un cri étouffé, une colère sourde, une tristesse et une fatigue immenses. Mes doigts tremblent un peu car je ne suis pas sûr d’arriver au bout de ce texte. Dépression. Je traverse un nouvel épisode dépressif.
1. C’est en février 2009, alors que sortait en librairie une nouvelle formule de Lapin (la quatrième de cette revue de L’Association en perpétuelle métamorphose), que le nom d’Anne Simon a commencé à me faire signe (même si j’avais déjà survolé Perséphone aux enfers, publié en 2006 chez Michel Lagarde).
J’ai été en charge de la première sélection e**position, en 2018. Des six photographes, les six premiers si l’on veut : ceux qui se colleraient, pour la première fois, à la demande que nous leur faisions, Pauline Sauveur et moi. Poser leur appareil quelques minutes et s’interroger, interroger leur travail : s’il devait être défini par une seule image, quelle serait-elle ?
La sortie de la minisérie signé Bill Gallagher date un peu (2016) mais le désœuvrement et la profusion netflixienne aidant, on a avalé Paranoid comme on aurait regardé un épisode de l’Inspecteur Barnaby ou Grantschester un soir de disette télévisuelle. Bilan de ce visionnage marathon par défaut : la capacité des séries anglaises à renouveler ses intrigues à partir de rien(s) n’a d’égale que son charme et son classicisme so british.
Née le 22 mai 1983, Lina Ben Mhenni est décédée le 27 janvier 2020. La Tunisie a perdu avec elle une des ses actrices les plus déterminées et les plus infatigables.
L’heure n’est plus aux interrogations. Que l’on soit informé ou fataliste, climatosceptique, collapsologue ou tout simplement de bon sens : il faut avoir une poutre dans l’œil pour ne pas se rendre compte qu’il se passe quelque chose. Avec Coloc of Duty, Jul utilise la légèreté et l’humour potache pour (r)éveiller les consciences, pour (re)parler de la crise climatique, parce que l’urgence est là.
Ce soir, à la Maison de la Poésie de Paris, à 19h, débutera un cycle de conférences qui s’annonce passionnant : L’ABC des narrations mené par Lionel Ruffel dont la première séance sera consacrée au feu comme en écho diffracté à Giorgio Agamben qui déclarait encore récemment que « le feu et le récit, le mystère et l’histoire sont les deux éléments indispensables de la littérature ».
Dans l’œuvre de Guyotat, les corps sont omniprésents : corps de cinq cent mille soldats, corps innombrables des morts oubliés de l’Histoire, corps asservis, torturés, corps désirants… Corps partout, autant objets que sujets de l’écriture, corps des autres ou corps de l’écrivain. Ces corps s’entrechoquent, se caressent et se tuent dans le même instant, s’asservissent et se baisent, se lèvent de leurs propres cendres, défèquent, pissent et éjaculent en pleine lumière.
Pierre Guyotat vient de mourir à l’âge de 80 ans. En hommage à cet écrivain majeur, Diacritik republie l’article que Johan Faerber avait consacré à Idiotie, prix Medicis, prix spécial du jury du Femina en 2018 et prix de la langue française pour l’ensemble de son œuvre, la même année.
Familières ou non d’un Marcel très présent, quelques jeunes files se divertissent au petit Casino du bord de mer : l’une officie au piano pendant qu’Andrée et Albertine valsent ensemble sans que s’en inquiète le jeune homme que charme leur aisance.