Deux publications du printemps dernier, issues des éditions dirigées par Patrick Lowie (P.A.T., à Bruxelles, et Onze, à Casablanca), questionnent le couple marocain, à la fois dans son universalité et dans ses spécificités culturelles.
Depuis sa récente mort Claude Ollier n’a cessé de s’imposer comme l’un des écrivains clefs du 20e siècle. S’il a pu être l’un des initiateurs du « Nouveau Roman » avant de le quitter, il s’est aussi imposé comme un remarquable critique cinématographique, ayant essentiellement œuvré aux Cahiers du Cinéma, et depuis apprécié des cinéphiles pour ses chroniques rassemblées dans dans Souvenirs écran. C’est afin d’éclairer cette part critique que Christian Rosset a choisi de réunir dans Ce soir à Marienbad ses chroniques cinématographiques non encore rassemblées en volume, et l’ensemble est, sans surprise, remarquable, vif, brillant : un événement dans la critique cinématographique. Diacritik ne pouvait manquer de rencontrer Christian Rosset, auteur du remarquable Le Dissident secret : un portrait de Claude Ollier au sujet de Claude Ollier, critique de cinéma.
Au deuxième semestre 2020, les éditions algériennes Frantz Fanon ont publié un ouvrage sur Jean El Mouhoub Amrouche, Je suis un champ de bataille. Jean Amrouche est né le 7 février 1906 à Ighil Ali (Algérie) et mort juste avant l’indépendance algérienne, à Paris, le 16 avril 1962. Cette heureuse initiative vient à point nommé pour donner une suite complémentaire à un ensemble d’ouvrages conçus par Réjane Le Baut, en collaboration avec Pierre Le Baut, publiés aux Éditions du Tell (Blida) d’alors, entre 2009 et 2012. Les titres montrent l’étendue du domaine exploré autour de cet écrivain algérien majeur — Jean El-Mouhoub Amrouche, Mythe et réalité – Jean El-Mouhoub Amrouche, Déchiré et comblé – Lumière sur l’âme berbère par un homme de la parole, Jean El-Mouhoub Amrouche.
Manifestation contre le spécisme. Paris, place de la République, 29 août 2020. Reportage photo de Jean-Philippe Cazier.
Dixième lecture d’un extrait du « Monologue de Bassoléa », un des chapitres de Des espèces de dissolution, de Juliette Mézenc, paru en 2019 aux éditions de l’Attente.
C’est en adultes et en amis que Marcel et Gilberte se retrouvent à Tansonville, qui fut le lieu de leur toute première rencontre.
Depuis le 1er janvier 2020, 31 familles sans logis occupaient l’ancien commissariat du 18 rue du Croissant (75002). Le 2 juillet, leur expulsion a été prononcée par la justice, sans proposition d’aucun logement. A la suite d’actions et de luttes, les familles ont finalement été logées mais dans des conditions indignes : en hôtel où plusieurs personnes doivent cohabiter dans une même pièce ; en foyer social sans possibilité de cuisiner ou même, parfois, avec interdiction… d’utiliser l’ascenseur ; dans des zones industrielles isolées ; aucune prise en compte du lieu de scolarisation des enfants ; etc. La possibilité d’obtenir des papiers n’est pas évoquée (la plupart des adultes qui composent ces familles travaillent…). Un rassemblement solidaire a eu lieu le 27 août devant le 18 rue du Croissant. Aucun parti de gauche n’était présent (et aucun parti de droite…). Reportage photo de Jean-Philippe Cazier.
Youssef Abdelké, peintre, graphiste et caricaturiste syrien, résidant à Damas après un exil de 24 ans à Paris, opposant de longue date au régime et ayant séjourné plusieurs fois en prison, ne livre pas vraiment un scoop dans son dernier dessin. Ce petit dessin publié sur la plateforme indépendante awanmedia a pourtant provoqué une avalanche d’injures haineuses, comme celles qui se déversent sur toute personne qui tente de décrire la réalité telle qu’elle la perçoit, sans faire allégeance à quelque parti ou groupe politique que ce soit.
Le festival Littérature en jardin a pour vocation de construire, chaque soir, de nouvelles hétérotopies, selon la définition de Foucault, soit ces « espaces concrets qui hébergent l’imaginaire ». Invitations à une immersion dans la nuit comme dans la nature et la littérature, les soirées se tiendront au château de Montaigne, au château Dassault de Saint-Emilion et à la maison Graziana de Libourne, du 28 au 30 août 2020.
Chute libre est une émission de Paul de Brancion qui s’entretient ici avec Wim Hofman.
Christian Garcin publie chez Actes Sud un nouveau roman à la croisée des précédents : Le Bon, la Brute et le Renard. On y retrouve des femmes disparues, des personnages familiers et des errances. Précise et malicieuse, l’écriture de l’auteur retrouve ses motifs privilégiés, auxquels il offre un souffle renouvelé et conclusif dans un roman qui, des États-Unis à la Chine en passant par la France, interroge la présence des personnages au monde et à la fiction. Entretien.
Incisif, percutant et indispensable : tels sont les mots qui viennent à l’esprit à la lecture du Manifeste pour une psychiatrie artisanale d’Emmanuel Venet qui vient de paraître chez Verdier. Si on connaît Emmanuel Venet pour ses superbes Rien et Marcher droit, tourner en rond, on le sait aussi psychiatre et c’est à ce titre qu’il prend dans cet essai la parole pour dresser un impitoyable constat sur la politique publique de soins psychiatrique. Le pouvoir l’abandonne pour privilégier une psychiatrie industrielle, numérisable et inégalitaire. Diacritik est parti à la rencontre du psychiatre le temps d’un grand entretien autour de cet essai énergique, l’un des plus importants de cette année.