1.J’apprends qu’on peut commander à moitié prix les trois volumes de l’œuvre de Charles Racine aux Éditions Grèges. Je n’hésite pas une seconde. De Racine, j’ai eu fortuitement connaissance, il y a déjà longtemps, du seul livre de lui qu’on trouvait facilement :
(pour Émilie N.)
« Trouvé hier parmi les paperasses cette note fragmentée.
Livre qui ne serait qu’un test de mémoire, celle du narrateur qui après des années cite les propos de différentes personnes sans les distinguer, et celle du lecteur lui-même s’il s’y prête.
Enrique Vila-Matas n’a pas souvent été présent, nous semble-t-il, dans les colonnes de Diacritik. Il est cependant devenu une vedette de la littérature de pointe, à laquelle il contribue avec des fictions mi-romans mi-essais qui ont toujours un côté fantasque et novateur. Et c’est bien le cas avec le volume qui vient de paraître chez Actes Sud en traduction française. Parlons donc de cette Brume insensée qui est, dès le titre, une citation, celle-ci empruntée à Raymond Queneau comme signalé en épigraphe.
C’est un exercice périlleux que de chercher à dire encore « quelque chose d’intelligent » sur Hold-up, après la somme de « discours critiques » produits depuis la sortie de ce film. Si mon propos assumera la fonction d’une « déconstruction », il s’agira moins d’une déconstruction de la mécanique du film à partir d’une position extérieure immunisée, que d’une déconstruction de cette position extérieure immunisée, au profit d’une autre posture de commentaire.
Au jeu de l’exorcisme des démons de l’Amérique, le cinéma et la série US ne sont pas les derniers et Aaron Sorkin est devenu, depuis sa pièce de théâtre A Few Good Men jusqu’à ses créations pour la télévision et le cinéma, un des grands ordonnateurs du genre. Deuxième réalisation du scénariste de The West Wing et The Newsroom, Le Procès des 7 de Chicago est l’archétype d’un cinéma militant dont l’Amérique a (ou avait) le secret quand il s’agit de questionner son histoire, d’édifier les spectateurs, de libérer les passions. La définition même de la catharsis, à défaut d’un réel mea culpa.
« une expérience démente de darwinisme social, conçue par un chercheur qui s’ennuyait, le pouce appuyé sur le bouton d’avance rapide »
William Gibson, Neuromancien
Actualité du cyberpunk ? La sortie fortement promue du jeu vidéo Cyberpunk 2077 ajoute à ce sentiment.
Si la liberté en ces temps sombres et confinés ne résidait plus que dans l’observation de la nature et la lecture, alors la colossale étude esthétique sur les fleurs, que publie Phaidon, Explorer le monde floral, tomberait à pic.
Rose stérilisée dans sa vieillesse, Odette de Crécy ne désarme pas. Elle est devenue la maîtresse du duc de Guermantes qui ne lui laisse guère de liberté.
Une étude sociologique montre que les jeunes Américains entre 10 et 14 ans sont capables de reconnaître 1000 logos de marques mais qu’ils ne sont pas capables d’identifier 10 végétaux de leur région. Le constat est sans appel : nos rapports à la nature sont totalement désaffectés. En cause : notre modèle de civilisation moderne qui réduit la nature à un domaine extérieur et indifférent à l’homme. La pensée de Baptiste Morizot apporte, à travers l’exemple du pistage, un éclairage à la fois original et très accessible à ce problème écologique classique du « grand partage » entre nature et culture.
En 1854-1855, Gustave Courbet réalise « L’Atelier du Peintre », Baudelaire et Jeanne Duval y figurent. Baudelaire aurait demandé à Courbet d’effacer Jeanne, ce qu’a fait le peintre, mais avec le temps, elle réapparaît sur le tableau. Cette anecdote est significative d’un destin, fantasmé plus encore que connu.
Au début des années 1990, Gérard Mordillat et Jérôme Prieur ont filmé les dernières personnes qui avaient connu ou côtoyé Antonin Artaud en s’efforçant de raconter sa « véritable histoire ». De cette quête de vérité étaient nés deux films, une fiction et un documentaire ; et aujourd’hui un livre, portrait en mosaïque du poète maudit.