Papa, qu’as-tu fait en Algérie ? : le titre de ce livre, fruit d’une enquête de cinq années à propos d’une guerre et de ses conséquences individuelles et familiales, ne peut qu’interpeller le lecteur. La démonstration est ferme, nuancée, précise.
L’Anse des coquelicots est le deuxième roman d’Océane Madelaine, publié comme le beau et légitimement remarqué D’argile et de feu (2014) aux éditions des Busclats. Il a paru en février 2020, période difficile pour tou.te.s et peu propice à une ample réception.
Voici un roman que l’on n’attendait pas et qui vient de remporter le Prix Rossel de littérature. Il nous vient de l’Ardenne belge et profonde via l’éditeur Weyrich à Longlier. Il est tout de paradoxe. C’est qu’il nous parle de mort violente à chaque tournant (la confiture du titre est faite des fruits qui viennent sur les arbres du cimetière) alors que, via la jeune Véra, son héroïne, il s’avère puissamment tonique.
Dans Chaosmogonie, Nanni Balestrini ne demande pas ce qu’est la poésie mais ce qu’elle fait, ce qu’elle peut faire. Le titre semble proposer une réponse : la poésie crée du chaos, elle crée une langue qui est un chaos indissociable d’un monde qui est lui-même un chaos.
Entretien avec Suzanne Doppelt, à l’occasion de la parution de Meta donna aux éditions P.O.L.
1.J’apprends qu’on peut commander à moitié prix les trois volumes de l’œuvre de Charles Racine aux Éditions Grèges. Je n’hésite pas une seconde. De Racine, j’ai eu fortuitement connaissance, il y a déjà longtemps, du seul livre de lui qu’on trouvait facilement :
(pour Émilie N.)
« Trouvé hier parmi les paperasses cette note fragmentée.
Livre qui ne serait qu’un test de mémoire, celle du narrateur qui après des années cite les propos de différentes personnes sans les distinguer, et celle du lecteur lui-même s’il s’y prête.
Enrique Vila-Matas n’a pas souvent été présent, nous semble-t-il, dans les colonnes de Diacritik. Il est cependant devenu une vedette de la littérature de pointe, à laquelle il contribue avec des fictions mi-romans mi-essais qui ont toujours un côté fantasque et novateur. Et c’est bien le cas avec le volume qui vient de paraître chez Actes Sud en traduction française. Parlons donc de cette Brume insensée qui est, dès le titre, une citation, celle-ci empruntée à Raymond Queneau comme signalé en épigraphe.
C’est un exercice périlleux que de chercher à dire encore « quelque chose d’intelligent » sur Hold-up, après la somme de « discours critiques » produits depuis la sortie de ce film. Si mon propos assumera la fonction d’une « déconstruction », il s’agira moins d’une déconstruction de la mécanique du film à partir d’une position extérieure immunisée, que d’une déconstruction de cette position extérieure immunisée, au profit d’une autre posture de commentaire.
Au jeu de l’exorcisme des démons de l’Amérique, le cinéma et la série US ne sont pas les derniers et Aaron Sorkin est devenu, depuis sa pièce de théâtre A Few Good Men jusqu’à ses créations pour la télévision et le cinéma, un des grands ordonnateurs du genre. Deuxième réalisation du scénariste de The West Wing et The Newsroom, Le Procès des 7 de Chicago est l’archétype d’un cinéma militant dont l’Amérique a (ou avait) le secret quand il s’agit de questionner son histoire, d’édifier les spectateurs, de libérer les passions. La définition même de la catharsis, à défaut d’un réel mea culpa.