Viv Albertine, guitariste des Slits, groupe punk qui marqua les scènes anglaises et du monde, publie un « album de souvenirs », au sens aussi bien musical que photographique ou littéraire du terme puisque son livre, De fringues, de musique et de mecs, a la structure duelle d’un vinyle ou d’un double album (Face A, Face B) : chaque court chapitre est comme une piste musicale, centrée sur un moment qui a laissé en elle « une empreinte indélébile », l’a « façonnée, scarifiée ».
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L’actualité des publications françaises et étrangères ; fiction et non fiction. Sans exhaustivité, parce qu’elle est impossible et sans contrefaçon (mais pas que par des garçons). Des choix, des passions, de grosses colères aussi. La lecture des têtes de gondole que nous mettrons parfois au carré. Des portraits des acteurs du monde du livre. De longs entretiens parce qu’un livre ou une collection, ce ne sont pas deux ou trois phrases choc. Et parce que l’actu est trop souvent un diktat (et une course contre la montre perdue d’avance), de grands livres publiés dans les mois ou les années, voire les décennies et même siècles qui précèdent, parce que les grands livres n’ont pas de date de péremption.
Marguerite Yourcenar est connue pour avoir accompagné la plupart de ses publications ou de ses rééditions d’un nombre important de préfaces, avant-textes, postfaces, notes diverses dans le but avéré d’orienter leur interprétation par la critique ou même par ses lecteurs, au nom de son autorité d’auteur.
La 3e édition du Printemps de la Traduction, organisé par l’association ATLAS, aura lieu cette année du 7 au 11 juin 2017, à Paris et Gif-sur-Yvette. Venant à la rencontre des lecteurs, les traducteurs présentent leur rentrée littéraire : 8 librairies partenaires reçoivent les traducteurs de 9 romans sélectionnés dans l’actualité éditoriale.
« La cicatrice n’est pas la plaie. Elle est la nouvelle ligne de vie qui s’est créée par-dessus. Elle est le champ des possibles les plus insoupçonnés »
Léonora Miano, écrivaine plus connue comme romancière que comme essayiste, offre pourtant une contribution conséquente dans le domaine de l’écriture réflexive. Son apport est en relation avec ce qui l’a précédé mais aussi porteur de propositions passionnantes, dérangeantes parfois, pour notre monde d’aujourd’hui.
Le sous-titre de Règne animal de Jean-Baptiste Del Amo pourrait avoir des accents balzaciens (Grandeur et décadence d’une exploitation agricole) ou zoliens (Histoire naturelle et sociale d’une famille), sur un siècle de 1898 à 1981 : dans le Gers, à Puy-Larroque, tout semble d’abord un « perpétuel recommencement », dans une ferme qui suit le rythme des saisons et cycles naturels, avant que la petite exploitation familiale ne devienne un élevage de porcs industrialisé et intensif, selon un double mouvement d’accélération et de chute, jusqu’à « l’effondrement ».
Le magnifique et très dur roman de Jean-Baptiste Del Amo, au-delà de ses qualités littéraires, épouse la course folle qu’est devenu l’élevage, au mépris de tout respect de la nature comme des animaux, tout en dévoilant jusqu’à l’insoutenable une violence et une cruauté qui s’exercent aussi bien sur les hommes que sur les bêtes. Déjà couronné par le Prix des libraires de Nancy, il vient de recevoir par le prix du Livre Inter 2017.
« Ce que j’espère, du lecteur, c’est de l’interprétation ».
Camille de Toledo
Le livre de la faim et de la soif est un roman difficile à présenter parce que ses qualités ont la même teneur que le cœur fuyant de l’existence qu’elles nous font toucher du doigt : elles sont aisées à ressentir mais périlleuses à saisir avec les mots de la langue.
Camille de Toledo a construit un dispositif de narration complexe, un labyrinthe miroitant dont les facettes nombreuses se reflètent les unes les autres dans une incandescence narrative qui nous immerge au cœur du tumulte de notre monde en pleine mutation. Du début du livre jusqu’à la fin, le lecteur se trouve précipité dans la quête aventureuse d’un personnage abyssal, un livre à vrai dire, avec ses pages et sa reliure, un livre donc, obsédé par le désir de sortir de lui-même pour entrer dans la vie.
J’écris son nom. Rocheuses, Rio grande, cheval au galop ; dans le ciel de mon Amérique, le bleu dure. Les nuages épais rendent visibles les rayons du soleil, ils tombent droit dans la vallée ; et l’image orne depuis les chœurs du vieux continent.
Carson McCullers est devenue un nom au firmament des lettres américaines, auteur de livres dont beaucoup peuvent citer les titres sans forcément les avoir lus comme ils devraient l’être : Le cœur est un chasseur solitaire, Reflets dans un œil d’or…
Nous avons lu Perec au fil des ans, de 1965 (Les Choses) à 1978 (La Vie mode d’emploi). Puis nous l’avons relu et, plus souvent, nous avons découvert certains recoins de son œuvre. Quelle merveille que Le Voyage d’hiver qui me fut donné à lire récemment ! L’imitant, seul ou entre amis, nous avons aussi versé dans le jeu des Je me souviens ou bien encore nous sommes essayés aux mots croisés inventés par l’écrivain, sans aboutir jamais. Bref, Georges Perec nous a toujours amusés, captivés, envahis, ravis. Et voilà que l’ensemble de son œuvre littéraire paraît en Pléiade en deux forts volumes accompagnés d’un riche Album retraçant, photos et documents à l’appui, une vie et une carrière en zigzag. Une entrée solennelle en littérature.
Diacritik a évoqué ces livres en grand format. Les voici en poche, pour le plaisir de tous : Camille Laurens, Celle que vous croyez (Folio) et Le crime d’Ari Thorarinsson (Points).
L’Histoire commence un lundi comme les autres, alors que Berlin « remue derrière son écran de brouillard ». Mais ce lundi 20 février 1933 « ne fut pas une date comme les autres » : au bord de la Spree, « vingt-quatre costumes trois pièces » se réunissent secrètement dans un salon feutré du Reichstag. Ils sont le « nirvana de l’industrie et de la finance » qui va lever des fonds pour le parti national socialiste, premier rouage d’une mécanique inexorable dont nous connaissons les conséquences.
Eric Vuillard dans son « récit », puisque tel est le genre revendiqué du livre, revient sur cette date et d’autres tout aussi insignifiantes en apparence, tombées dans l’oubli, pour nommer ceux qui firent l’Histoire et « saisir le fond d’éternité » de ces moments qui, dans leur apparente banalité, sont les actes fondateurs d’un système. Les raconter c’est les remettre à L’Ordre du jour, puisque « la littérature permet tout, dit-on ».
John Burnside compose, depuis des années, une œuvre littéraire d’envergure. L’Été des noyés, qui vient de paraître en poche dans la collection « Suite écossaise » des éditions Métailié, en témoigne, par son exploration romanesque et dense d’un lieu, en partie halluciné, une île norvégienne qui bruisse de récits et légendes mystérieuses, lors d’un été suspendu.
« Dans cette histoire, je m’appelle Leonard, et, quand j’étais là-bas, je pensais que la vie était une chose et la mort une autre, mais c’était parce que je ne connaissais pas le Glister ». Aucun lecteur ne sait encore ce qu’est le Glister (titre du roman en anglais), il le découvrira dans les dernières pages de Scintillation, le somptueux roman, charnel, dense, violent et poétique de John Burnside, qui mène, inexorablement, vers cette énigme.
Après avoir (ré)inventé Paris, Eric Kazan l’arpente dans Une traversée de Paris qui paraît en poche chez Point.
Faut-il encore présenter Robert Benchley ? Dire qu’il faut collectionner d’urgence ce spécialiste du supplice des week-ends, maître en décalage, humour noir et poil à gratter ? Oui, celui qui se demande, dans un livre qui vient de reparaître en poche aux Nouvelles Editions Wombat, Les Enfants pour quoi faire ?