Voici un livre étonnant. Il rassemble des auteurs aujourd’hui illustres qui, autrefois, ont commencé une thèse universitaire, l’ont poussée loin, puis n’ont pas abouti — renonçant ou échouant. L’auteur, Charles Coustille, inscrit ce propos qui peut paraître anecdotique dans une perspective plus vaste jusqu’à se demander : qu’est-ce qu’une thèse en fin de compte et quelle fut l’histoire de sa version française ? Ou bien encore : qu’est-ce que le thétique, cette belle notion toute embuée de mystère ?
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L’actualité des publications françaises et étrangères ; fiction et non fiction. Sans exhaustivité, parce qu’elle est impossible et sans contrefaçon (mais pas que par des garçons). Des choix, des passions, de grosses colères aussi. La lecture des têtes de gondole que nous mettrons parfois au carré. Des portraits des acteurs du monde du livre. De longs entretiens parce qu’un livre ou une collection, ce ne sont pas deux ou trois phrases choc. Et parce que l’actu est trop souvent un diktat (et une course contre la montre perdue d’avance), de grands livres publiés dans les mois ou les années, voire les décennies et même siècles qui précèdent, parce que les grands livres n’ont pas de date de péremption.
Après le récent Ultra Proust, Nathalie Quintane publiera en mai Un œil en moins, livre qui se présente comme une chronique politique croisant Nuit debout, la « jungle » de Calais, Notre-Dame des Landes, et d’autres mouvements au Brésil ou en Allemagne, etc. Cette chronique est également littéraire, racontant « comment nous fûmes énucléés ».
Entretien avec Nathalie Quintane.
Depuis bientôt une quinzaine d’années, Stéphane Bouquet a su s’imposer comme l’un des poètes les plus remarquables du champ contemporain. S’il avait déjà pu faire entendre sa voix critique en 2007 dans Un Peuple qui invitait à se promener dans un cimetière de noms, il offre, avec la parution ces jours-ci de La Cité de paroles aux éditions José Corti, son premier recueil d’articles critiques comme rassemblés au fil de la douceur d’une conversation.
Si Rimbaud s’est mis du vent sous la semelle, comme il est dit, nul doute que ce dernier, je veux dire le vent, s’est de Sonia Ristić fabriqué deux paires à la mesure de ses élans.
Le recueil de neuf courts essais de Brit Bennett, Je ne sais pas quoi faire des gentils Blancs, part d’un constat qui pourrait sembler plein d’espoir : sans doute la jeune romancière, née en 1990, est-elle la première femme noire de sa famille à être entourée « d’autant de Blancs gentils ». Mais ce recul apparent du racisme n’est-il pas une forme « d’autoglorification » ? « Quel privilège que d’essayer que de paraître bon, alors que nous autres, nous voulons paraître dignes de vivre ».
Quelle étrange correspondance que celle que nous proposent les éditions Gallimard avec ces lettres échangées du 30 décembre 2013 au 29 avril 2017, entre deux corses très connus, la romancière Marie Ferranti et l’homme politique Jean-Guy Talamoni.
Brûlées, d’Ariadna Castellarnau, peut se lire comme une dystopie mais aux contours flous, une dystopie atopique en quelque sorte. Il n’est pas question de régime politique particulier ni d’époque clairement située – seulement d’un « mal » qui s’étend et gagne chaque être, chaque lieu, chaque chose. Les vies, le monde deviennent ce mal, le sont devenus, le deviendront.
Avant d’enquêter sur la filière de la tomate d’industrie (L’Empire de l’or rouge), Jean-Baptiste Malet s’était intéressé à l’Amazonie : non le poumon vert mais l’un des GAFA, quand bien même le titre de son enquête embedded chez le géant de la vente en ligne joue d’une ambiguïté volontaire pour mieux la faire entrer dans le cadre d’enjeux sociétaux plus larges.
En partenariat avec Diacritik, Camille de Toledo, développe, au sein du Labo de création de Ciclic, une réflexion aussi intense que neuve sur les rapports entre littérature, photographie et histoire familiale, Écrire la légende. Ciclic, Diacritik et la Maison Max Ernst proposent une série de rendez-vous autour de ce projet qui jalonne l’écriture de son roman Le livre des morts. Avant la nouvelle lecture qui aura lieu le jeudi 19 avril à la Maison Max Ernst à Huismes (37), voici en intégralité le premier inédit de ce nouveau texte de Camille de Toledo.
En partenariat avec Diacritik, Ciclic et la Maison Max Ernst vous proposent une série de cinq rendez-vous avec l’écrivain Camille de Toledo, autour du projet Écrire la légende. Lors de la rencontre qui aura lieu, à 20h30, ce jeudi à Huismes (37), l’écrivain poursuit sa lecture du texte en cours d’écriture, puis dialogue sur le thème de la mémoire et de l’image photographique en convoquant Roland Barthes et Susan Sontag.
Tous les écrivains ont un rapport avec le temps et même plus, le temps est leur affaire. Écrire c’est faire avec du temps. Bien sûr tous les êtres vivants ont un rapport avec le temps, mais ils le savent plus ou moins. L’écrivain, lui, ne sait que cela, qu’il a à se débrouiller avec cette matière-là, temporelle, s’en départir, tricoter avec, des phrases et des fils sur de la durée, sur de la musique dans les plus beaux exemples, sur du silence, des phrases et des fils qui feront textile, texte, livre, écorce.
Livre-scénario et livre-mystère, Vie posthume d’Edward Markham est presque un livre scrypte, un livre aussi cryptique et mystérieux qu’il est fidèle à un cinéma mental dont Pierre Cendors faisait déjà état dans Les Archives du vent (Tripode, 2015).
Depuis ses débuts, le poète Saleh Diab a été préoccupé non seulement par l’écriture de la poésie mais aussi par la lecture critique de la poésie, les recherches dans la poétique arabe et son évolution dans la modernité, laquelle s’est divisée en plusieurs courants, expériences et sensibilités.
« Une construction où n’éclate aucun événement spatial n’est pas de l’architecture » avance Benoît Goetz pour venir dire combien, dans La Dislocation, son remarquable essai sur l’intimité traversée par l’architecture et la philosophie, l’architecture ne commence précisément qu’à partir du moment où le bâtiment déployé œuvre au déploiement même de l’espace, à sa visibilité, fracture la ville et le discours sur la ville : fait trou de visible dans le tissu urbain et fait scène dans ce qui demeurait jusqu’ici indifférent à l’œil.
Notre troisième entretien est consacré à une chercheuse (docteur depuis 2013) dont le domaine de spécialité est le Vietnam : les recherches de Julie Assier portent sur la francophonie littéraire vietnamienne et sur l’intertextualité à l’œuvre dans les créations francophones.