Sous le beau titre de Nous sommes à la lisière, Caroline Lamarche donne une dizaine de nouvelles ayant toutes à faire avec la zone d’intersection où se croisent monde humain et monde animal. Nouvelles de l’entre-deux donc, que l’on dirait volontiers animalières encore qu’elles ne suivent aucun modèle fixe.
Category Archive: Livres
L’actualité des publications françaises et étrangères ; fiction et non fiction. Sans exhaustivité, parce qu’elle est impossible et sans contrefaçon (mais pas que par des garçons). Des choix, des passions, de grosses colères aussi. La lecture des têtes de gondole que nous mettrons parfois au carré. Des portraits des acteurs du monde du livre. De longs entretiens parce qu’un livre ou une collection, ce ne sont pas deux ou trois phrases choc. Et parce que l’actu est trop souvent un diktat (et une course contre la montre perdue d’avance), de grands livres publiés dans les mois ou les années, voire les décennies et même siècles qui précèdent, parce que les grands livres n’ont pas de date de péremption.
Article 353 du code pénal, l’un des plus puissants romans de Tanguy Viel, vient de paraître en « Double », la collection de poche des éditions de Minuit, l’occasion pour Diacritik de revenir sur le grand entretien que l’écrivain avait accordé à Johan Faerber lors de la sortie du livre en grand format.
C’est Daniel, paresseux, fétichiste et paranoïaque, qui nous embarque dans le dernier roman de Gaëlle Obiégly. Une chose sérieuse est d’abord une interpellation, monologue adressé à un tu qui nous appelle et nous met en garde en même temps : « Tu espères que de ce moment passé ensemble il sortira une chose sérieuse. Tu peux toujours courir. Ou bien si, tiens, tu vas la connaître. Mais alors, accroche-toi. »
« Je suis une personne ordinaire qui s’est retrouvée embarquée dans une aventure extraordinaire. En partageant mon histoire, j’espère ouvrir la voie à d’autres histoires et à d’autres voix, élargir la voie pour permettre à d’autres de comprendre qu’ils ont leur place dans ce pays ».
L’une des publications les plus remarquées fin 2018 a été l’ouvrage de Michelle Obama, Becoming, traduit en français sous le titre, Devenir.
[…] Je voudrais savoir si l’on peut commencer à vivre quand on sait que c’est trop tard (Mauvignier, Des hommes, 283)
Je finit/s par n’être plus qu’un fil ténu, de douleur en douleur
et d’étrangeté en étrangeté. (Nancy, L’intrus, 40)
Splendide et bouleversant : tels sont les deux termes qui viennent immanquablement qualifier le nouveau livre de Stéphane Bouquet, Agnès & ses sourires qui a récemment paru chez Post-éditions.
« L’Histoire américaine qui était la mienne n’était pas un récit triomphal, mais une monumentale tragédie. (…) Être noir en Amérique c’était être victime d’un pillage. Être blanc c’était tirer profit de ce pillage, et parfois, y prendre part directement. (…) Le racisme c’était du banditisme pur et simple. Et le banditisme pour l’Amérique, n’était pas accidentel : il lui était indispensable » (163).
L’ouvrage de Ta-Nehisi Coates, We were eight years in Power : An American Tragedy (2017), vient d’être traduit en français sous le titre Huit ans au pouvoir. Une tragédie américaine, par la prestigieuse maison d’édition Présence Africaine.
Les sonnets que Vinclair nous propose dans Sans adresse valent pour eux-mêmes, mais aussi, et surtout, pour les écarts et les espaces nouveaux qu’ils ménagent au sein du territoire poétique, ce monde sans bords.
« Cet ouvrage est l’histoire d’une communauté », écrit Amy Goldstein en ouverture des Remerciements de son livre, Janesville. Une histoire américaine, qui vient de paraître aux éditions Bourgois dans une traduction d’Aurélie Tronchet. L’histoire d’une communauté qui tente de se relever et de se reconstruire après la fermeture de l’usine automobile qui faisait vivre ses habitants.
Le titre original du premier roman d’Aja Gabel, qui vient de paraître en France chez Rivages, dans une traduction de Cyrielle Ayakatsikos, pourrait être son art poétique : The Ensemble, au sens le plus musical du terme, puisque le récit suit quatre amis et leur destin, professionnel, amical, amoureux, sur deux décennies. Le roman se déploie en quatre parties et une coda, comme le mouvement d’un morceau de musique ou une série, en plusieurs saisons, un This is us romanesque.
Dans la forêt du hameau de Hardt est un livre de l’écart, de la distance. C’est aussi un livre de la répétition. Grégory Le Floch construit un texte où tout est lointain et où le lointain se répète dans l’ici, le maintenant, mais en demeurant dans l’écart, l’éloignement, l’impossible coïncidence, l’impossible présence.
Sept mois après la sortie des Voiles de Sainte Marthe de Christian Rosset, Hippocampe éditions publie L’Hypothèse du baobab, un nouveau livre écrit par un homme de radio, Thomas Baumgartner. Au moment-même où se déroule à Brest la seizième édition du festival Longueurs d’ondes (du 28 janvier au 3 février), on trouvera en avant-première ces ouvrages à la librairie du Quartz. Entre jeux de dévoilements et hypothèses, ces livres difficiles à circonscrire en un seul genre, mais qui appartiennent (on le verra clairement) à ce qu’on entend par littérature, présentent autant de traits communs que de différences sensibles.
On aurait aimé, face au film de Catherine Corsini, n’avoir pas lu Christine Angot. Entrer dans Un amour impossible sans a priori, entrer dans le film sans la connaissance de la suite, du destin de son héroïne.
La littérature, Mireille Calle-Gruber la conçoit en tant qu’expérience du « pas au-delà » selon l’expression de Maurice Blanchot.
Premier roman nucléaire, La Centrale d’Elisabeth Filhol est un procès verbal dans tous les sens du terme : récit clinique comme aventure du verbe. De ces textes qui happent et hantent, d’une séduction étrange, tout autant romanesque que politique, sociale, de ces objets littéraires qui semblent des évidences, stylistiques, structurelles.