Je n’aime pas citer Céline, pas besoin de vous faire un dessin, mais Céline c’est aussi le Voyage, merde, c’est le Voyage quand même, et c’est c’est aussi cette phrase : « Dieu qu’ils étaient lourds » ! Je ne sais pas vous mais je crève de lourdeur, à feu petit, en ce moment, quelle pesanteur quand même, ou est la touche reset pour effacer l’année 2015 ?

(S.P.)

S(.) me raconte une histoire. Il passe ses congés d’été dans une maison de campagne isolée au bord d’un grand bois. Un soir qu’il revient de courir, il trouve devant la maison, garé au bord la route, un homme en flottant de course. L’homme demande à S(.) s’il n’a pas vu sa chienne. C’est un dogue allemand bleu. Il l’a perdue dans les bois. S(.) lui dit qu’il n’a rien vu. Un long silence s’installe.

Une petite histoire vraie, j’ai envie de balancer en ce moment, en état d’urgence, comme s’il n’y avait plus de temps à perdre. Une petite histoire vraie, une histoire d’argent. Il y eut une époque dans ma vie où j’ai vécu dans un film, exactement à l’intérieur d’un film. Et c’était génial, le montage était top, jamais de fatigue, pas de temps morts, l’image et la lumière très belles, dialogues réussis, forts, un bon film avec du suspense, des choses économiques, sociales, de beaux décors, du cul et du destin. C’était il y a longtemps, j’étais très jeune, très pauvre et très con.

En arrivant à l’école des primaires ce matin, Monsieur Galuchet est d’humeur sombre. L’instituteur va devoir affronter sa peur et les élèves des petites classes qui vont l’assaillir de questions sur ce qui s’est passé vendredi 13 novembre à Paris. La vérité, c’est que des terroristes ont attaqué lâchement des innocents et ont plongé le pays tout entier dans la sidération et la douleur. Mais ce matin il va devoir essayer de comprendre les tensions qui agitent l’école de la République : durant le week-end, il a entendu et lu des réactions qui lui ont fait dire que l’unité nécessaire pour face aux événements était loin d’être acquise.