Bobo Loyer, l’épris littéraire 2015

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Pour sa première sur Diacritik, Boris-Hubert a décidé de suivre l’actualité des prix littéraires, exercice qui le plonge dans des affres insondables, n’ayant pas lu tous les livres en lice, hélas.

C’est là qu’est l’os.

Quand la rédaction lui a demandé de couvrir les prix, Bobo s’est d’abord demandé s’il devait parler du prix unique du livre ou du livre chez Prisunic. Puis, dans un éclair de lucidité, il s’est rendu à l’évidence et chez son libraire pour un reportage à chaud, en bon journaliste un tantinet voyeuriste avec l’ambition d’écrire un papier embedded sur l’impact des prix sur les ventes de livres dans la rubrique gonzo mateur.

– Bonjour Monsieur, que puis-je faire pour vous ?

– Boris-Hubert Loyer, reporter littéraire, je dois écrire un sujet sur les prix de novembre, j’espère que je n’y prends pas trop tard… ou trop tôt ?

– Ça dépend, on est mi-octobre, vous êtes soit en retard sur les magazines ou les quotidiens qui parlent de la rentrée littéraire en août soit en avance, vu que les résultats sont dans deux semaines au minimum. Vous voulez parler de quoi à vos lecteurs ? Parce que des comme vous, j’en vois passer un paquet avant et après le Renaudot ou le Femina. Tous les ans c’est la même chose, les mêmes articles, les mêmes sujets réchauffés. D’ailleurs, avec ma femme, on les appelle les dindes pour rigoler. Rapport aux marronniers…

– En fait, j’hésite encore : je ne sais pas quel angle utiliser. Parler de l’impact des prix sur les ventes de livres ou le contraire.

– Si vous voulez parler de l’impact des ventes sur le prix du livre ? Il va être court votre papier.

– Non, je pensais plutôt à ces auteurs potentiellement « primables ». Pour être plus clair, est-ce qu’un auteur qui se vend bien avant la remise des prix a davantage de chances d’être récompensé ? Vous me suivez ?

– A peu près, mais je peux déjà vous répondre, tout le monde sait cela, ce n’est pas parce qu’on est en tête des ventes qu’on finira premier du Goncourt.

– C’est épineux.

– Ce que je peux vous dire, et c’est purement statistique, c’est que de nombreux clients viennent me voir dès l’annonce des vainqueurs potentiels.

– Ah oui ?

– Croyez-le ou non, c’est très prescripteur : l’an dernier, le jour de la parution d’un article de Libé sur la première sélection du Médicis, j’ai livré la totalité de la liste à un des membres du jury. Il a raison, Charles Dantzig, les listes, ça marche !

– En effet…

– J’ai même vu des auteurs venir acheter leur livre en personne : le philosophe en chemise blanche, le mari d’Arielle Dombasle, vous voyez de qui je veux parler ?

Michel Onfray ?

– Non, lui, il vient juste vérifier que ses livres sont bien placés en vitrine. Je suis convaincu qu’il souffre du complexe « de la Porte de Versailles ».

– C’est à dire ?

– Il se plaint d’être ostracisé par les médias et on le voit partout… Si vous voulez mon avis il a un sérieux problème d’exposition.

– On s’éloigne de mon sujet avec Onfray. Pour revenir aux prix littéraires, vous avez un pronostic, vous ?

– Pour quel prix ? Parce qu’il y en a un certain nombre. Si j’osais, je dirais même qu’il y a inflation…

– Sans rire, vous verriez qui ?

– Laissez-moi réfléchir, Binet ? Sansal ? Mabanckou ? Kaddour ? Angot ?

– Pas Houellebecq ?

– Il n’est pas dans les listes que je sache. Et puis il a déjà eu le Goncourt, il est hors catégorie…

– C’est dommage, j’ai beaucoup aimé son dernier livre. Quand on y pense, c’est assez osé de se mettre à la science-fiction à son âge, non ? Je n’ai pas vu Florian Zeller non plus.

– Zeller en course pour un prix ? Ça, ce serait de la science-fiction !

– Et maintenant que j’y pense, pas de Philip Roth non plus ! Il doit être déçu.

– Si vous voulez mon avis, ça fait longtemps qu’il ne croit plus au père Nobel…

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