Guy Hermet, historien de la guerre d’Espagne (18 juillet 1936-1er avril 1939), écrit, à son sujet qu’elle a été « l’un des grands symboles mobilisateurs de notre époque ». 80 ans après la triste victoire de Franco sur les Républicains, victoire d’une armée putschiste soutenue par l’Église et par le fascisme européen, cet événement historique ne disparaît jamais longtemps des catalogues, librairies et bibliothèques que ce soit dans le domaine historique ou dans le domaine littéraire. C’est celui-ci qui nous intéressera ici.
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À l’occasion de la sortie de son film Sophia Antipolis et en écho avec celui-ci, le cinéma l’Archipel donne carte blanche à Virgil Vernier pour une programmation de cinq films rares, le cycle, dont Diacritik est partenaire, étant mystérieusement intitulé « Société secrète ».
Budapest au début du XXe siècle. Une jeune femme entre dans un prestigieux magasin de chapeaux, elle est accueillie comme une cliente… Après une séance d’essayage, elle se présente, elle est venue « pour l’annonce » : elle s’appelle Irisz Leiter, le magasin a été fondé par ses parents disparus et elle cherche à retrouver les circonstances de leur disparition. Elle aurait un frère dont elle cherche la trace. La caméra la suit, la cadre en gros plan.
Comment, au cinéma, faire le portrait d’une ville ? Vincent Dieutre répond dans Berlin Based. Ce portrait est réalisé selon les principes d’un cubisme qui ne serait pas synthétique. Leibniz écrivait à peu près qu’une ville est l’ensemble des représentations diverses de ceux qui la regardent en y étant immergés. Le film de Vincent Dieutre est leibnizien, mais il s’agirait d’un Leibniz sans Dieu pour garantir la synthèse et l’harmonie des points de vue.
Hors limites fête cette année ses dix ans. Véritable fête de la littérature et plus largement de la culture (cinéma, BD, musique, expositions), le festival installe écrivains, éditeurs, artistes et acteurs au cœur d’une trentaine de villes du 93 (librairies, médiathèques et bibliothèques, universités, musées et centres d’art) pendant une quinzaine de jours. Ouverture ce soir, à 19h30, par une rencontre au titre programmatique de l’ensemble des manifestations, « un monde à portée de main »
Ne ratez pas la pépite documentaire diffusée dimanche à 19h15 sur Arte (et en replay jusqu’au 28 juin 2019). Le film de Bernd Boehm raconte La Belle Époque, à Paris, à travers des archives exhumées par le photographe allemand Werner Bokelberg, des centaines de clichés des rues et devantures parisiennes, marchands ambulants et autres petits métiers qui tissent le fil de 26 minutes passionnantes (et bien trop courtes).
Au fil de leurs courts métrages, les jeunes cinéastes Caroline Poggi et Jonathan Vinel ont pris les armes du cinéma pour esquisser une filmographie audacieuse et sans concession. Des armes, il y en a, et d’aucuns qualifieraient leurs films de subversifs et tendance.
« Pigalle était mieux que la beauté. Pigalle est punk : sa laideur n’est rien ; son énergie fait tout — aujourd’hui encore » (Le New Moon)
David Dufresne aime à déplier les approches, formelles comme esthétiques, d’un même objet. Pensons ne serait-ce qu’à Fort McMoney qui fut successivement reportage dans la presse, journal dans le collectif Or brut (Lux, 2015), documentaire et même jeu vidéo. Cette fois, dans la foulée du livre New Moon (Seuil, 2017), un documentaire, diffusé ce soir sur Arte, nous conduit au cœur de Pigalle, de son histoire comme de ses mutations.
Je lis avidement, ce matin, la chronique de Joffrey Speno. J’ai vu Le fils de Saul sur un écran de télévision, dans mon appartement bruxellois, il y a un peu plus d’un an.
C’est avec un gros plan sur l’anus de Marcello que s’ouvre A Rosa Azul de Novalis, et c’est sur une vue de son rectum écarté que se clôt le film, comme une invitation à pénétrer le mystère de son protagoniste par cet endroit certainement inhabituel, subversif pour certain.e.s.
Quatre ans après Le fils de Saul, László Nemes revient avec son deuxième long métrage, Sunset. La photographie est de même signature, le cadrage aussi, et on notera par-dessus tout le goût que nourrit le cinéaste pour la prétendue immersion dans l’Histoire via un personnage qui nous y fait voyager.
C’est la nuit. Sous les néons au loin, une plage. Un homme chante, M chante. Et sa complainte yiddish nous déchire, s’accroche au ressac, à la nuit de Tel Aviv, indifférente.
Bien sûr, il y a le casting et la performance d’acteur(s), Christian Bale, Amy Adams, Steve Carrell, Sam Rockwell… mais derrière les ressemblances physiques censées donner corps (au sens propre) et vie au biopic signé Adam McKay consacré au sulfureux (et quasi oublié) DIck Cheney, il y a surtout un film gigogne inventif et drôlement cynique : Vice, ou comment un péquenaud du Midwest est devenu Vice-Président des États-Unis et a façonné le monde à l’aune de son conservatisme et de son goût du secret.
« Quand les choses vont mal dans mon pays, cela va encore plus mal pour les Noirs » (James Baldwin)
Ces dernières années, James Baldwin a été redécouvert, via la réédition de ses livres ou des adaptations cinématographiques, comme A la place du cœur de Robert Guédiguian (1988), assez librement adapté au contexte marseillais, ou plus récemment le film de Barry Jenkins, If Beale Street Could Talk. Avec Baldwin et désormais Jenkins, Beale Street devient le lieu urbain symbolique de toutes les discriminations et injustices à l’encontre des Noirs américains.
Un bus bondé, des hommes y parlent, fort, rient et fument au visage d’enfants qui dorment : une autre époque. Le bus se dirige vers Datang, une ville de province dans ce pays continent, loin de Pékin, de Canton… Une autre Chine.