La Draille des Seynes, par le collectif « De quoi on se mêle », organise chaque année un parcours et un forum citoyen. Le « Forum de la Draille » était consacré cette année en partie à l’actualité des sorcières, des pratiques alternatives de soin, et de répressions des femmes. Artistes et chercheurs sont invités à se rencontrer le long de la draille, par le collectif particulièrement dynamique des habitants de Belvezet. C’était l’occasion de redécouvrir le film Häxan de Benjamin Christensen – proposition étonnante d’incarnation des fantasmes machistes pour mieux les dénoncer.
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Le dispositif cinématographique de Nos défaites, sorti en salle mercredi 9 octobre, s’il émane d’une intention louable voire passionnante, peut sembler problématique.
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Je fais partie de ceux – probablement une minorité parmi les spectateurs – qui sont sortis l’esprit libre de la projection de The Dead Don’t Die, treizième film de Jim Jarmusch (quinzième, si on compte ses deux documentaires, Year of the Horse et Gimmie Danger), programmé en ouverture du dernier Festival de Cannes (et simultanément dans de nombreuses salles de l’hexagone). Libre signifie dégagé de tout souci d’en faire la critique “à chaud”.
En lien avec le 29e Salon de la Revue qui se tient le 11, 12 et 13 octobre, Diacritik, partenaire de l’événement, est allé à la rencontre de revues qui y seront présentes et qui, aussi vives que puissantes, innervent en profondeur le paysage littéraire. Aujourd’hui, entretien avec Baptiste Jopeck et Pauline Rigal autour de leur splendide revue Les Saisons.
Le bonheur dans l’amour, disait Proust, est un état anormal. Peut-être est-ce cette terrible et tranchante loi qui résonne aux oreilles de Richard lorsqu’il découvre, un soir, que Maria, sa femme depuis bientôt 20 ans, le trompe. Mais sans doute s’agit-il également ici d’une loi fondatrice du cinéma de Christophe Honoré qui, avec Chambre 212, son splendide nouveau film qui vient de sortir, invente une manière neuve de vaudeville qui entend, par tous les moyens, retrouver l’état anormal dans lequel jette l’amour.
On sait depuis les Batman de Tim Burton, et notamment son superbe deuxième opus Le défi, qu’il ne faut pas plus mépriser les films de super héros que les westerns il y a quelques décennies. Il aura fallu du temps pour que certains admettent que chez Ford, Hawks, De Toth et les autres, le film de genre se confond avec le film d’auteur — et on peut même toujours préférer un blockbuster réussi à un mauvais film d’auteur. Avec Joker, la question ne se pose plus.
On s’assied dans l’obscurité et malgré le couple, le rang devant soi, qui plonge à deux mains généreuses dans un sachet de bonbons, et ce trio, derrière soi, qui fait la même chose avec un enthousiasme tout équivalent (et j’en profite pour poser la question essentielle de ce texte : quand inventera-t-on enfin des emballages de bonbons silencieux ?), on s’abîme vers les étoiles en compagnie de Brad Pitt.
C’est quoi la politique, la révolution, la grève, un syndicat, pour toi ? Voici une des questions que Jean-Gabriel Périot (Une jeunesse allemande) pose à des élèves d’une classe de lycée.
La sortie en DVD du film de Caroline Poggi et Jonathan Vinel, Jessica Forever, est l’occasion de revenir (et de revoir !) sur un des films les plus enthousiasmants de 2019.
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L’édition restaurée en Blu-ray et DVD chez Carlotta des trois premiers long-métrages en 35 mm de Jean-Claude Brisseau, Un jeu brutal, De bruit et de fureur et Noce Blanche, nous permet – il était temps ! – de reprendre lien avec une des œuvres majeures du cinéma français de ces quarante dernières années
Comme un véritable cadeau enchanteur, Chemins, le film que Martine Rousset réalise en 2014, fut offert aux spectateurices en épilogue à la dernière édition des États généraux du film documentaire de Lussas. La projection contrariée par des problèmes techniques l’an passé eut finalement lieu ce soir-là. Un événement. Car les projections sont aussi uniques que l’œuvre d’une cinéaste travaillant depuis 1977 la pellicule et les expérimentations.
Parfois, le ronronnement cesse. La machine à enquiller les films, de mercredi en mercredi, s’enraye, et un film est là qui s’impose, impose silence au bavardage distrayant du cinéma comme il va. Ne croyez surtout pas que je hurle est de cette teneur-là.
Malgré cent-vingt films, malgré le travail de sauvegarde et de valorisation du Centre Simone de Beauvoir, malgré encore une rétrospective qui lui a été consacrée à la Cinémathèque en 2007 ou le focus du Cinéma du Réel en mars dernier, l’œuvre cinématographique et les combats féministes de Carole Roussopoulos restent méconnus du grand public. Sans doute l’est-ce davantage encore concernant les engagements de son amie et camarade Delphine Seyrig, plus connue pour ses rôles dans les films de Resnais, de Demy ou de Buñuel.
Robert Frank s’est éteint hier, à l’âge de 94 ans, révèle le New York Times aujourd’hui. Né en Suisse, mort au Canada, à jamais dans nos imaginaires pour The Americans : cela suffirait à dire un être du mouvement constant, construisant son œuvre sur le déplacement.
Le premier long-métrage de Romain Laguna, Les Météorites, est social et poétique, habité par le très terrestre comme traversé par l’immensité du ciel, par l’au-delà du ciel. Si le réalisateur filme la montagne, la terre, le vent, des personnages dont le microcosme pourrait aussi valoir en tant qu’image de l’être humain ici-bas, il inclut surtout dans ce film une nature dont la présence à l’image se double d’une immensité qui ne peut être filmée, qui dépasse l’Homme, sa perception, sa pensée.