Les salariés, à qui on avait déjà promis une vie d’asservissement heureux en leur faisant craindre la misère, se sont réveillés l’an dernier pour découvrir que c’est finalement la misère asservie qu’on leur impose : toujours plus d’efforts, une rétribution toujours moindre et une dignité introuvable. La « loi travail » de l’an passé a démontré qu’un conflit social de haute intensité, qui déjà ne menaçait plus l’ordre social, n’est même plus apte à faire échouer une loi, si scélérate soit-elle. Pour le comprendre, peut-être faut-il rappeler que le « mouvement social » dans sa forme, ses rituels, ses incantations, est finalement lui aussi un produit du travail, une variable stratégique sur laquelle patrons et gouvernants spéculent allègrement, en accord avec les centrales syndicales qui leur sont vendues.

L‘information bruissait dans les couloirs des rédactions depuis quelques temps déjà : la création d’un média citoyen est en marche… sous l’égide de la France Insoumise. Une initiative qui n’est pas sans poser plusieurs questions, dont la principale : un mouvement politique peut-il appeler à créer un média (fût-il estampillé « citoyen ») sans être suspecté de vouloir faire de la propagande ? Et les réponses données par Sophia Chikirou et Aude Rossigneux la semaine dernière en interview sont loin d’être rassurantes pour les tenants d’une information objective et indépendante. 

Ce que l’on voit des images qui proviennent de Catalogne, c’est la violence policière, la violence d’un Etat dont la logique politique est une logique policière. Ces images montrent avec évidence que la police ne protège pas le peuple, elle protège un Etat dont la politique nécessite les coups de matraques, les coups de pieds, de poings, la violence aveugle des « forces de l’ordre ».

C’est une question de forme(s). Au singulier, celle d’une tribune parue le 7 septembre 2017 dans le New York Times. Au pluriel, celles mises par les médias français qui ont repris le texte dans leurs colonnes en chapeautant à la va-vite ou à l’aune d’une politique du clic pour le moins questionnable. BFM TV qui titre « « Président raté », « ego démesuré » : une tribune dans le New York Times assassine Macron » ; LaDépêche.fr « Dans une tribune au vitriol, le New York Times juge Emmanuel Macron comme un président raté » ; Vanity Fair « Échec et mat, le New York Times assassine Emmanuel Macron dans un édito » (le titre a été changé depuis, NDLR) ; RTL.fr « « Un président français raté » : Emmanuel Macron se fait épingler dans le New York Times »… et la toile qui ne fait pas partie des idolâtres de la « macronerie » (sic) de s’enflammer, de relayer, de tweeter et retweeter, de « liker » ou « plussoyer » à l’envi.

À l’occasion de ses quarante ans, le Centre Pompidou a triomphalement fêté son anniversaire, se présentant comme un lieu vivant et toujours renouvelé de création. Et pourtant !
La rétrospective David Hockney actuellement présentée (jusqu’au 23 octobre) donne la troublante et dérangeante impression d’un lieu figeant et étouffant l’art dans le classicisme et la respectabilité.

Une semaine après que le Premier Ministre a présenté son « Plan migrants » censé répondre aux conditions d’accueil déplorables auxquelles sont confronté.e.s les migrant.e.s en France – plan manifestement insuffisant et hostile –, des militant.e.s LGBTQI qui s’étaient déjà mobilisé.e.s contre la présence du cortège des « LGBT En marche » lors de la 40e édition de la Marche des Fiertés ont mené une action ce mercredi matin à Paris sur le Pont des arts. Ils ont déployé une banderole d’environ 15 mètres avec ce message : « Macron Starves the Migrants – Queers Against Borders » (« Macron affame les migrant-es – Queers contre les frontières ») Un message qu’ils ont souhaité formuler en anglais pour une visibilité et un impact à l’international.
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« Le baccalauréat constitue l’un de nos derniers rites initiatiques, mais sa valeur réelle est bien inférieure à sa valeur symbolique. Je souhaite simplifier le bac » : tels sont les quelques mots lapidaires par lesquels Emmanuel Macron, alors candidat, appelait de ses vœux une profonde réforme de l’examen national sitôt son élection venue.

La séquence électorale qui s’est terminée avec le second tour des législatives aura vu l’émergence forte de deux partis dont les noms semblent tout droit sortis d’un brainstorming marketing : En Marche et La France Insoumise. Des deux côtés en effet, la connotation, c’est-à-dire les associations mentales possibles, est beaucoup plus forte que la dénotation, l’identification univoque de la place sur l’échiquier politique.